Au coeur de l’entrepôt nouvelle génération de Lidl

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L'ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE L’enseigne vient d’inaugurer à La Chapelle-d’Armentières, dans le Nord, une plate-forme qui constitue le nouveau standard de ses sites logistiques. Visite privée de ce prototype chargé de soutenir Lidl dans sa quête de croissance.

Le nouvel entrepôt doit aussi être capable d’absorber l’augmentation des flux qui proviendront du nouveau concept de magasin.
Le nouvel entrepôt doit aussi être capable d’absorber l’augmentation des flux qui proviendront du nouveau concept de magasin.© © Guido Frigo/ LIDL

La révolution logistique de Lidl ­commence dans le Nord-Pas-de-Calais. Près de six mois après son ouverture, la nouvelle plate-forme du distributeur allemand a été inaugurée le 22 octobre dernier à La Chapelle-d’Armentières, près de Lille. Plus exactement, il s’agit d’un transfert d’activité du site de Lesquin, mais le prototype répond aussi à la montée en gamme que l’enseigne s’est fixée, tant socialement que commer­cialement.

En effet, l’entrepôt, qui a représenté un investissement de 35 millions d’euros (hors matériel et stocks), représente le nouveau standard logistique pour la France, et les 25 plates-formes régionales du distributeur dans l’Hexagone basculeront toutes sur ce modèle d’ici à 2019. Dès 2016, huit sites passeront au nouveau standard : Bourg-Achard, Rousset, Sorigny (extension), Entzheim (extension), Baziège, Cadaujac, Béziers (extension) et Barbery (extension).

Doublement de la taille

Le site de La Chapelle-d’Armentières double de capacité et passe de 18 000 m² à 41 000 m², et de 20 quais de déchargement à une centaine. À l’intérieur, tout est fait pour limiter le transport de la marchandise. L’objectif consiste à stocker les produits dans la continuité du quai de déchargement, tandis que l’expédition se fera du côté opposé. Les racks accueillent les 1 600 références de base de l’enseigne, qui s’appuie, rappelons-le, essentiellement sur les marques du groupe et sur le principe « un besoin, un produit ». À ces articles traditionnels s’ajoute le volet des animations et promotions, très soutenu, et qui double ainsi les références stockées, pour atteindre, au global, 3 000 références.

La gestion de ces opérations marketing impose une organisation complexe. La marchandise arrive généralement sur site avec trois semaines d’avance, l’entrepôt envoyant ensuite un stock type à chaque magasin. Et « nous nous chargeons de vérifier les niveaux de stock pour faire un réassortiment si besoin est, détaille Stéphane Masson, directeur régional Nord-Pas-de-Calais de Lidl. Le magasin peut aussi nous demander plus de produits. Nous cherchons toujours à limiter les ruptures, tout comme les pertes sur les produits sensibles, comme la poissonnerie ou les fruits et légumes ». Les 53 points de vente qui dépendent du site de La Chapelle-d’Armentières sont aujourd’hui livrés à J+2. Pour toute commande passée avant 15 heures, le magasin mettra en rayon le produit deux jours après. Les délais sont, en revanche, plus rapides pour le frais.

"Cet outil accompagne notre stratégie de montée en gamme, et doit nous permettre d’atteindre notre objectif de 8 % de part de marché d’ici à 2020."

Stéphane Masson, directeur régional Nord-Pas-de-Calais de Lidl

 Les surgelés rentrent dans le rang

Pour gérer la variété des produits, Lidl s’est doté d’un bâtiment à température variable. Les cellules sont organisées selon la typologie des produits stockés, avec des zones plus fraîches pour le chocolat, les fruits et légumes, la viande et la volaille, ou encore les surgelés. C’est d’ailleurs une nouveauté pour Lidl qui, jusqu’alors, sous-traitait les produits congelés. Pour accueillir cette marchandise, le distributeur a dû concevoir un espace clos dont la température descend à - 24 °C. Un système de stockage de palettes inclinées sur grande hauteur a été installé pour que les cartons de pains glissent dès lors qu’un produit est retiré du système. « Nous cherchons toujours à internaliser au maximum les opérations pour avoir une meilleure maîtrise, explique le responsable. Par exemple, tous les outils informatiques proviennent de notre maison mère. De plus, nous cherchons à maximiser les flux pour limiter les coûts de transports. »

Dans cette logique de coûts, si le distributeur possédait déjà des bacs isothermes pour transporter les produits frais et congelés, il a investi dans un système de nettoyage automatique de ses caisses. « Cette opération était autrefois manuelle, alors que, désormais, les employés n’ont qu’à remettre dans la machine le bac utilisé. Le temps qu’il traverse la zone pour passer dans la partie expédition, il sera nettoyé et désinfecté, détaille le dirigeant. Dans la même logique d’amélioration des conditions de travail, nous avons également acheté des filmeuses automatiques pour les produits secs. »

Évolution sociale et environnementale

Avec ce nouveau standard logistique, Lidl entend également travailler son programme de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Stéphane Masson assure que ce bâtiment représente un vrai bond en avant comparé à l’ancien site, et montre fièrement les vestiaires ou les espaces de vie prévus pour les employés. En outre, en amont du projet, initié en 2011, un groupe de travail a été monté avec des préparateurs d’entrepôts afin d’identifier les axes d’amélioration de leur environnement de travail. Plus symbolique, chaque employé a reçu, pour ce déménagement, un sac de sport avec une nouvelle tenue de travail, habillement et chaussures. « Un geste apprécié », assure le directeur régional. Côté environnemental, Lidl a mis en place le programme Green Cycle, où le plastique est récupéré afin de le transformer en palette plastique.

Une logistique pour l’avenir

Ce plan de transformation logistique démontre une nouvelle fois les fortes ambitions que le groupe nourrit en France. En effet, chez Lidl, les entrepôts représentent le centre névralgique de la région, car ce sont eux qui pilotent les volumes de vente des magasins et poussent les produits dans chaque centre, qui se chargent de mettre les produits en rayons. « Cet outil logistique accompagne notre stratégie de montée en gamme et doit nous permettre d’atteindre notre objectif de 8% de part de marché d’ici à 2020, explique Stéphane Masson [4,9% aujourd’hui, selon Kantar Worldpanel, NDLR]. Nous avons effectué un important travail de modernisation pour améliorer nos flux, notamment pour pouvoir livrer les formats de magasins plus gros que nous allons inaugurer en 2016. » L’enseigne peaufine en effet les derniers détails d’un tout nouveau concept, d’une superficie comprise entre 1 400 et 1 700 m², contre 800 à 1 000 m² en moyenne actuellement. Le projet, baptisé en interne « LOF », verra sa première réalisation début 2016 à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne. L’ensemble se veut plus moderne, avec l’usage de larges baies vitrées, des codes couleurs plus sobres et des espaces snacking à l’intérieur. Une façon de tirer un trait définitif sur une image de discounter dont Lidl veut se débarrasser depuis deux ans. 

Son rôle 

  • Approvisionner les magasins régionaux en produits classiques et promotionnels.
  • Piloter les ventes régionales en poussant tous les produits.
  • Accompagner les objectifs de croissance du groupe (8% de PDM).
  • Internaliser l’intégralité des flux logistiques (dont ceux des surgelés).

Son périmètre

  • 35 millions d’euros investis dans la création du bâtiment 
  • 41 000 m² pour stocker plus de 3 000 références

Source chiffres : Lidl France

25 entrepôts et 2 centres de services

Répartition des sites logistiques et des centres de services de Lidl

Source : Lidl

1. La Chapelle d’Armentières
2. Lillers
3. Cambrai
4. Bourg-Achard
5. Barbery
6. Chanteloup-les-Vignes
7. Crégy-lès-Meaux
8. Saint-Germainlès- Arpajon
9. Noisseville
10. Gondreville
11. Entzheim
12. Ploumagoar
13. Liffré
14. Sautron
15. Sorigny
16. Vars
17. Cadaujac
18. Montceau-les- Mines
19. Saint-Laurent-de-Mure
20. Pontcharra
21. Baziège
22. Béziers
23. Lunel
24. Rousset
25. Les Arcs

A. Rungis Centre de services opérationnels
B. Strasbourg Centre de services administratifs

Un nouveau concept à approvisionner

Le nouvel entrepôt doit aussi être capable d’absorber l’augmentation des flux qui proviendront du nouveau concept de magasin. Le premier Lidl nouvelle génération doit en effet être inauguré, début 2016, à Montauban (82). Le format sera compris entre 1 400 et 1 700 m², avec une capacité des rayons plus importante. Côté design, des verrières remplacent le traditionnel bardage bleu, et l’intérieur se pare de gris béton.

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Article extrait
du magazine N° 2386

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