Bruxelles met au pas les cosmétiques

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Générique

DOSSIER 

Le nouveau règlement cosmétiques s'appliquera totalement dès le 11 juillet au sein de l'Union européenne. De grands changements en vue pour les distributeurs ! Si les autorités se montrent strictes, la sécurité du consommateur n'attend pas. LSA fait le point sur ses avantages, ses inconvénients, mais aussi ses non-dits...

Fini de rire. 2013 sera l'année du changement. La nouvelle réglementation cosmétiques décidée par Bruxelles entrera en vigueur en totalité en le 11 juillet prochain. Le clairon sonne. « Certains parlent de la plus importante révolution dans le secteur ! », relate Alexandre Rieucau, chargé du secteur de la parfumerie sélective chez GS1, l'organisme de standardisation qui a participé à l'adaptation du secteur aux nouvelles normes. Et la révolution touche à tout. L'Union européenne ne s'est pas contentée de faire diversion.

11 Mrds € Estimation du poids des cosmétiques en France, tous circuits confondus
Source : Febea

6,2 Mrds € Estimation du poids des cosmétiques en GMS
Sources : LSA, SymphonyIRI

2,83 Mrds € Le chiffre d'affaires de la parfumerie sélective, en France, en 2012
Source : NPD Group

Tous les aspects sont concernés

D'une part, c'est un règlement et non plus une directive. « Les paragraphes s'appliquent tels quels, précise Alexandre Rieucau. Ils ne sont pas soumis à interprétation par chaque pays membres. » D'autre part, la charge institutionnelle vise tous les fronts : ingrédients extrêmement surveillés, tests sur les animaux totalement interdits, transparence affichée sur les packagings, traçabilité précise des produits... Les salves d'articles s'enchaînent et encadrent également d'autres protagonistes : désormais, les distributeurs aussi sont visés.

Ils deviennent « personnes responsables » au même titre que les fabricants.

Responsables ? Ils ne l'étaient donc pas ? « C'est surtout que, maintenant, c'est écrit dans la réglementation. Les autorités seront à même de se retourner contre eux en cas de non-conformité », précise Sylvie Gallage-Alwis, avocate spécialisée du fait de la responsabilité des produits de grande consommation. « Quand on sait que, en cosmétique, seules 3% des relations entre les acteurs sont contractualisées, les distributeurs devront porter beaucoup plus d'attention aux contrats avec leurs fabricants », prévient la spécialiste. Mais aussi être plus rigoureux sur le terrain, dans le choix de leurs produits, dans la vérification de l'étiquetage, etc. Car la politique de la rigueur s'invite aussi dans les pots de crème.

 

« Si le projet est ambitieux, l'objectif est louable »

Depuis l'affaire du talc Morhange dans les années 70, dans laquelle 36 nourrissons sont décédés, l'hygiène beauté n'a encore connu aucun scandale sanitaire. « Les marques ne peuvent pas se permettre, leur image est beaucoup plus forte et travaillée que dans le domaine des médicaments, par exemple », observe Sylvie Gallage-Alwis. Alors elles s'autorégulaient. Mais la mise en place du projet Reach en Europe, qui consiste à répertorier et à analyser toutes les substances de l'industrie chimique, a amené les autorités à se pencher sur le cas particulier des cosmétiques, qui en use beaucoup. Sont-elles potentiellement dangereuses ? L'esprit du nouveau règlement est une conséquence directe de ce projet et vise surtout à mieux savoir ce qu'il se passe. Les fabricants vont devoir rendre des comptes.

« Si le projet est ambitieux, l'objectif est louable », reconnaît Sylvie Gallage-Alwis. Personne n'osera attaquer un règlement dont l'objectif est d'assurer plus de transparence et de favoriser la sécurité du consommateur. Et ce serait folie que de ne pas s'y plier ! Alors, l'industrie se fait docile et courbe l'échine - même si les discussions ont été tendues dans les chambres européennes ! Et le sont toujours sur certains points. Car il ne faudrait pas non plus légiférer trop vite... Comme pour les tests sur les animaux, où toutes les alternatives n'existent pas encore. Ou concernant certaines substances, comme les parabènes ou les nanomatériaux, pour lesquelles les dangers ne sont pas mesurés. Mais l'inquiétude des individus grandit plus vite que la science n'avance. Et les autorités aspirent à agir plutôt qu'à attendre patiemment. La sécurité du public ne se remet pas à demain.

Mais le principe de précaution n'est pas toujours principe de raison. « Et on ne prend parfois pas en compte par quoi on va substituer ce qu'on interdit », concède Sylvie Gallage-Alwis. Et qui pourrait s'avérer plus dangereux... Mais le raisonnement n'est pas que scientifique ou sanitaire. Derrière ce nouveau règlement se cache également une logique économique sous-jacente. Les pays qui ne s'y plieront pas se verront privés du marché européen... États-Unis, Asie... Peu à peu, les directives s'exportent. « Israël a fait un copié-collé du règlement », raconte Sylvie Gallage-Alwis. Qu'il soit une conséquence ou une cause de ces mesures disciplinaires, lorsqu'on prononce le mot de « protectionnisme européen » devant tous les acteurs, « ça ne fait aucun doute », murmurent-ils tous en choeur...

 

Certains acteurs parlent de la plus grande révolution du secteur! Il s’agit d’un règlement, et, en tant que tel, il n’est pas soumis à interprétation et s’applique tel quel dans chaque pays membre.

Alexandre rieucau, responsable de la parfumerie sélective pour l’organisme de standardisation gs1, qui a participé à l’adaptation du secteur en france

Le distributeur devient «personne responsable». lorsqu’on sait que seules 3% des relations entre les acteurs sont contractualisées, les enseignes devront porter beaucoup plus d’attention à leurs contrats avec les fabricants. 

Sylvie GallaGe-alwis, avocate spécialisée du fait de la responsabilité des produits de consommation

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Article extrait du magazine N° 2259

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