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La nouvelle enseigne portugaise ouvre un premier magasin hors normes
à Lisbonne. Cette librairie prend le contre-pied de la Fnac par l'étendue de son offre, mais aussi par la systématisation des étiquettes à radiofréquence.
« J'ai toujours imaginé que le paradis était une espèce de librairie. » Amoureux des livres, Americo Areal pourrait faire sienne cette phrase de l'Argentin José Luis Borges, visible dès l'entrée de Byblos, au cœur de la capitale portugaise.
Pour donner corps à cette vision, le président-fondateur de cette nouvelle enseigne de librairies n'a lésiné ni sur les moyens ni sur les efforts. Avant de se lancer, il a visité les meilleures librairies au monde en Allemagne, au Japon et aux États-Unis pendant quatre ans.
Ex-propriétaire de la plus grande maison d'édition du pays, il a aussi étudié à fond la
concurrence locale, les hypers et surtout la Fnac.
«Leur installation ici à la fin des années 90 a été un événement. La première fois que j'ai vu des enfants lire, assis par terre dans une Fnac portugaise, j'ai pleuré», avoue-t-il...
© A.Nacho/Byblos
Le bonheur pour tous
C'est aussi en analysant le succès de la Fnac en terre lusophone (12 magasins et une importante contribution aux bénéfices de la chaîne) qu'il s'est rendu compte que le marché était peut-être demandeur d'autre chose : une librairie avec un fonds éditorial exhaustif équipée d'une technologie de pointe.
En d'autres termes, une librairie intelligente.
«Alors que la tendance, y compris à la Fnac, est de proposer de moins en moins de titres avec une rotation de plus en plus forte, nous faisons le contraire», déclare-t-il. Byblos aligne déjà 72 000 titres, et l'objectif est de parvenir à 150 000. Soit toute l'édition en langue portugaise !
Du passionné de polar au féru d'ornithologie, chacun doit pouvoir y trouver son bonheur. Lequel peut tourner court si le livre est manquant, a été déplacé ou qu'il faut attendre aux
caisses... Americo Areal s'est longtemps demandé comment éviter ces écueils, rédhibitoires selon lui.
Jusqu'à ce qu'il visite une librairie néerlandaise, Selexyz, qui effectuait son inventaire grâce à un système d'identification par radiofréquence (RFID en anglais)
(LSA n° 1985).
Les ingénieurs portugais de Byblos étudient alors la façon d'intégrer les antennes de lecture aux présentoirs et aux caisses. Des centaines d'antennes et 200 km de câbles sont installés. Désormais, grâce à l'étiquette RFIDqui complète son code-barres (avec l'avantage de permettre une lecture sans contact), chaque livre est localisable depuis l'un des 35 terminaux du magasin.
Ceux-ci émettent un ticket qui évite de se perdre en route. Mieux, lors du passage en caisses, il suffit au client de poser ses achats au-dessus de l'antenne sous le meuble pour que le total soit calculé automatiquement.
Que les acheteurs voraces se rassurent : le système ne cale qu'à partir d'une pile de livres de 80 centimètres!
«Ville du livre»
«Nous sommes la première librairie au monde à utiliser cette technologie dont l'emploi devrait vite se généraliser», prédit Americo Areal. Un robot de la marque italienne Zecchetti (normalement utilisé dans des magasins de pièces de rechange) peut même éviter le passage en rayons: il suffit de se présenter au stand avec le ticket de localisation pour obtenir un ouvrage.
La déco n'est pas en reste. La dizaine d'architectes et de décorateurs de Kreft Bubäcker, cabinet allemand spécialisé dans les librairies, a imaginé une espèce de «ville du livre». La circulation entre les sections s'effectue sur une portion de moquette bleue soulignée par les 300 néons de l'éclairage.
L'offre demusi- que, de films et de jeux vidéo a un rôle complémentaire par rapport au livre. Chaque section est indiquée par un symbole proche de la signalétique routière. Au premier étage, des fauteuils de lecture équipés de lampes individuelles entourent une fontaine. Au rayon littérature enfantine, les plus petits disposent d'une zone de jeux, où une caravelle a été reproduite.
Si les parents le souhaitent, ils peuvent les munir d'un bracelet électronique permettant de suivre leurs déplacements dans les 3 000 m² du lieu au travers d'une cinquantaine d'écrans plasma. Une cafétéria Del'Art (plus de 116 places) et une salle de conférences accueillent concerts, signatures d'autographes et interventions d'écrivains...
Americo Areal dit n'avoir rien inventé. Il a plutôt réinventé, et n'entend pas en rester là : l'ouverture d'un autre Byblos est prévue au centre de Porto en 2009. Et sur 4000 m² cette fois!
Armand Chauvel, à Lisbonne
Les chiffres
> Surface : 4 000 m², dont 3 300 m² ouverts au public
> Références : 72 000 livres, 150 000 à terme
> Employés : 40
> Caisses 14
> Investissement : 4M€
Les plus
> La circulation et la lisibilité de l'offre
> La possibilité de s'asseoir pour lire
> Le public enfant choyé
Les moins
> L'entrée du magasin mal signalée
> La décoration un peu froide
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