Byrrh, un apéritif qui a de l'étoffe

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Créé par deux frères qui vendaient des tissus, Byrrh fut à la mode jusque dans les années 60. Cet apéritif revit actuellement, grâce à l’engouement pour les marques vintage.

Byrrh

Byrrh ?

Avec ses 500 000 bouteilles produites chaque année, c’est sans nul doute l’une des plus petites marques de Pernod Ricard, un groupe mondial qui n’édulcore pas son portefeuille en jaugeant uniquement les volumes. Il a eu raison. Car, embouteillé depuis toujours à Thuir (66), dans une usine dessinée par les ateliers de Gustave Eiffel, cet apéritif vit une seconde jeunesse : « Les meilleurs barmen de New York ou d’Australie ont tous des bouteilles de Byrrh Grand Quinquina sur leurs comptoirs », assure Fernando Castello, consultant en mixologie pour Pernod.

L’usage en cocktail n’avait pourtant pas été prévu par les frères Violet, inventeurs de cet élixir. C’était en 1866, du côté de Perpignan. Simon et Pallade faisaient commerce de tissus, allant de maison en maison en tirant le licol de leur mule surchargée. Un jour, ils posèrent leur paquetage dans la petite ville de Thuir où une boutique vacante les attendait. Pendant que Pallade vendait des étoffes, dentelles et voilages aux dames, Simon mettait au point un apéritif aux vertus fortifiantes… qu’entre deux essayages, les coquettes goûtèrent, apprécièrent et firent connaître autour d’elles.

Cinq lettres pour un nom

Les frères Violet n’ayant pas fait d’études de marketing, ils baptisèrent leur potion magique d’un très long Tonique hygiénique à base de vins généreux et de quinquina. Un nom un brin médicamenteux qui déclencha une tempête chez les médecins de Montpellier. Par voie d’avocats, ils ordonnèrent aux deux frères de trouver à leur création une autre dénomination. Ces derniers se penchèrent sur un lot de tissus tout neufs. Chaque rouleau était identifié par une lettre : R-R-Y-B-H. En cherchant un ordre lisible, cela donna Byrrh. Un drôle de nom, qui fut déposé en 1873. À coup de réclames très parlantes – sur certaines, des hommes abandonnent leurs verres vides pour gentiment « sauter » sur leurs femmes –, les ventes de Byrrh décollèrent et atteignirent leur apogée dans les années 30, avec quelque 35 millions de cols vendus. L’usine s’étalait sur 7 hectares et employait 750 personnes. Les Violet, Jacques et Simone, les petits-enfants de Simon, furent alors des patrons très sociaux, offrant congés payés, soins gratuits et semaine de 40 heures à leurs employés.

Las, dans les années 60, Byrrh et les autres marques d’apéritifs à base de vin durent laisser la place aux anisés et aux whiskys, jugés plus tendance, et les Violet cédèrent leur business à la famille Pernod. Une famille qui conserva la recette : Byrrh est composé de mistelles – des moûts de raisin additionnés d’alcool provenant de caves du Roussillon – vieillies en fûts et aromatisées avec un bouquet de plantes et d’épices. Outre le quinquina, les palais les plus fins reconnaîtront le cacao, le café, la fleur de sureau, la cannelle ou encore les écorces d’orange amère. Ce que confirme une visite aux Caves Byrrh, un musée qui accueille 70 000 visiteurs par an.

En dates

  • 1866 Invention de la recette
  • 1873 Dépôt de la marque
  • 1903 Concours d’affiches publicitaires auquel 1 900 artistes participent
  • 1961 Cession de Byrrh à Pernod (qui rejoindra Ricard en 1975)

En chiffres

  • 65 salariés
  • 500 000 litres produits par an
  • 1,8% la PDM en volume sur les apéritifsà base de vin (environ 40 M€) 2,1% La PDMen valeur

Source : Pernod, Iri, HM+ SM, CAM à P12 2016

 

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2441

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA