Carrefour tente de convaincre de la vertu de ses projets de scission

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Lars Olofsson
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Carrefour présentait aujourd'hui ses résultats officiels pour 2010. Le groupe, surtout, devait s'échiner à convaincre du bienfondé des projets de scission de sa branche hard-discount Dia et de sa foncière Carrefour Property.

Plus que pour la présentation des résultats officiels 2010, qui avait lieu ce matin à Paris, Lars Olofsson, directeur général de Carrefour, était attendu sur sa manière de présenter les projets de cotation de Dia et de Carrefour Property, annoncés mardi. Et il lui fallait faire preuve d’une sacrée force de persuasion pour convaincre des analystes dans l’ensemble plutôt sceptiques. « Je comprends la logique pour les actionnaires, mais quid du Capex de Carrefour ? » demandait ainsi l’un d’eux, en ouverture du bal des questions.

Concernant la scission à 100% de Dia, Lars Olofsson la légitime en arguant que Carrefour aura ainsi les coudées franches pour « se concentrer sur sa marque », et « renforcer et développer ses racines discount », sans plus avoir à craindre de marcher sur les plates-bandes de la petite sœur Dia. « Les synergies étaient en réalité très limitées », avance-t-il aussi : rien sur le back-office, rien pour la supply chain, rien pour le programme de fidélité, rien pour les ressources humaines… et très peu pour les achats et les marques propres. « Dans ce dernier cas, continue Lars Olofsson, les synergies seront poursuivies par des accords de coopération conclus avec Dia. » Reste que l’opération aura un coût, si elle se fait (le principe de la scission doit encore être approuvée par l’assemblée des actionnaires le 21 juin 2011) : « de l’ordre de 100 millions d’euros », indique Pierre Bouchut, le directeur financier du groupe. Une somme à laquelle il faut encore ajouter quelque 20 millions d’euros de frais supplémentaires liés au back-office. De quoi, au total, installer un siège social, un conseil d’administration, ou des équipes dédiées à Dia dans tous les domaines, entre autres. Ainsi, Carrefour et Dia pourront se développer pleinement. Certes, chacun de leur côté mais, c’est du moins l’objectif affiché, avec une efficacité renforcée et optimisée.

Quant à la mise sur le marché de 25% de Property, Lars Olofsson s’est lancé dans une longue explication pour expliquer à quel point la décision prise intervenait « au bon moment. » « Toutes les conditions sont réunies, annonce-t-il. Avec le déploiement engagé de Carrefour Planet, nous disposons maintenant d’un modèle attractif à valoriser. » A en croire Lars Olofsson, à fin février 2011, les magasins tests Carrefour Planet auraient ainsi enregistré, en moyenne, une croissance de leurs ventes de 5,5%, et vu leur trafic s’accroître de 7,3%. Une bémol, toutefois : des moyennes ne signifient pas grand-chose ; un magasin vieillot passant au modèle Planet voyant forcément ses ventes bondir, tant le gap qualitatif est grand. Sans doute conscient de cette faiblesse, Lars Olofsson a présenté également une moyenne un peu plus évocatrice prenant en compte les trois meilleurs pilotes dans chaque pôle. Suivant ce mode de calcul, le rayon mode enregistre des ventes en hausse de 12,1%, le marché/frais de 21,1%, le bio de 38%, le bébé de 11,6%, la maison de 13,1%, la beauté de 19,9%, les surgelés de 16,5%, et le multimédia de 8%. Dans tous les cas de figure, Carrefour mise clairement sur le concept Planet pour tirer Property vers le haut.

Le nouveau Carrefour Property s’occupera des actifs immobiliers français, espagnols et italiens, soit 915 sites et 4,3 millions de m². Il est valorisé à hauteur de 10,4 milliards d’euros. Le projet, comme pour Dia, doit être évidemment validé par les actionnaires. L’organisation de la mise en vente aura un coût estimé entre 200 et 250 millions d’euros. Mais, encore une fois, comme pour Dia, Carrefour en attend des retombées supérieures : Property, qui a récolté pour 676 millions d’euros de loyers en 2010, en attend ainsi 820 millions en 2015.


Dia
9,588 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2010, pour un Ebitda de 504 millions d’euros, et un Capex de 291 millions d’euros.
6373 magasins au 31 décembre 2011

Carrefour Property
10,4 milliards d’euros de valorisation
915 sites en France, Espagne et Italie
4,3 millions de m²
2 milliards d’euros de projets « dans les tuyaux » d’ici 2015.
 

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