Crise laitière: la Commission européenne débloque des aides pour réduire les volumes

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L’Europe est toujours dans une situation de surproduction laitière. Face à cette crise qui fait plonger les cours, la Commission européenne vient de débloquer une enveloppe de subvention visant à rémunérer les producteurs qui baissent leur volume. La Fédération Nationales des Industries Laitières salue cette initiative mais émet des réserves.

Olivier Picot, président de la Fédération Nationale des Industries Laitières
Olivier Picot, président de la Fédération Nationale des Industries Laitières© Sylvain Aubril

La crise laitière est à son paroxysme. Le marché laitier européen a atteint un pic de surproduction avec un excédent de 5 millions de tonnes. En deux ans, la production laitière de l’Union européenne a atteint 10 milliards de litres. Conséquence directe : la baisse du prix du lait payé aux producteurs et en sortie d’usines. Pourtant, si le prix du lait est plus élevé en France que dans d’autres pays européens (280 euros les 1 000 litres en France contre 225 euros pour l’Allemagne), il reste cependant toujours très faible. « La crise est maintenant et elle est violente. Tant qu’on vend ce qu’on produit, on se tire une balle dans le pied. Il faut vendre ce dont on a besoin », confie Olivier Picot, président de la Fédération Nationale des Industries Laitières (FNIL).

11 centimes par litres de lait produits en moins

Face à cette situation, la Commission européenne a débloqué un plan d’aide visant à subventionner les pays qui baisseraient leur volume de production. Une enveloppe de 150 millions d’euros va donc être mise à disposition des Etats pour la réduction des volumes et une seconde 350 millions sera débloquée pour la filière bovine mais susceptible d’être utilisée pour d’autres filières en crise, le cas échéant. Dans les faits, le producteur recevra 11 centimes par litres de lait produits en moins. « Cette décision est pertinente, ça fait du sens », ajoute Olivier Picot, mais la Fédération reste tout de même sceptique. Car si certains pays décident de baisser leur production, le manque à gagner sera visible, et les voisins peuvent décider d’en faire autrement. « Aujourd’hui, nous sommes dans un marché unique et libéral mais on est en train de fonctionner comme si nous étions sur des marchés indépendants. Il faut choisir. Les règles doivent être les mêmes pour tous les opérateurs et pour toute l’Europe », indique Jehan Moreau, directeur de la Fédération.

Anticiper la prochaine crise

« On ne sait pas quand, mais cette crise va se finir et il est nécessaire d’anticiper la prochaine », confie Olivier Picot. Selon ce dernier d’ici 1 ou 2 ans, les prix vont repartir à la hausse et se posera le délicat problème de faire passer des hausses de tarifs chez les distributeurs. « Et dans un contexte de guerre des prix qui perdure depuis 2008, c’est là que ça coincera », ajoute-t-il.
Par ailleurs, le projet de loi Sapin 2, qui vise à mentionner l’origine du lait et des ingrédients laitiers va nuire aux exportations françaises. « On ne voit pas comment un Italien peut consommer de la mozzarella avec un lait français… Dans ce cadre, les pays importateurs de lait français vont probablement décider de produire plus pour être autosuffisant », s’inquiète-il.

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