Début de reprise pour le non-alimentaire

Le 04 février 2010 par Yves PUGET
Yves Puget,  directeur de la rédaction
Yves Puget,
directeur de la rédaction

EDITORIAL  

« Non-alimentaire : alerte sur les ventes en hypermarchés. » En mai 2008, LSA était le premier magazine à titrer sur le recul des ventes de l'électronique grand public, de la téléphonie, des produits culturels ou du gros électroménager. Alors que tous les experts se focalisaient sur le recul historique des ventes alimentaires, la rédaction analysait les raisons d'un premier trimestre difficile de secteurs habitués à des croissances à deux chiffres. Quelques mois plus tard, la crise financière éclata et devint une excuse toute trouvée pour expliquer et même justifier un mal beaucoup plus profond. Deux ans après, LSA réalise de nouveau sa « Une » sur le non-alimentaire. Mais cette fois-ci pour dire qu'il existe des raisons d'espérer, qu'industriels et distributeurs entraperçoivent enfin le bout du tunnel. Globalement, des signaux positifs apparaissent : le moral des industriels s'améliore, la production d'acier redémarre, les résultats d'entreprises sont meilleurs que prévu, le CAC 40 reprend des couleurs, l'automobile remonte la pente, la fréquentation du transport aérien se stabilise, l'emballage alimentaire rebondit, les investissements publicitaires bruts repartent à la hausse... Autant d'indicateurs ou de tendances qui autorisent un optimisme mesuré.

Plus concrètement, la fin progressive de la prime à la casse automobile, qui a pénalisé la consommation des autres biens d'équipement, pourrait redonner du tonus à quelques secteurs. La Coupe du monde de football favorisera les ventes de produits de sport et de high-tech. Et mieux encore, si tout se passe bien pour l'équipe de France... Sans oublier la timide reprise observée dans l'immobilier, qui stimule les marchés de l'équipement de la maison. Enfin, les professionnels observent une reprise des commandes. Tirée par la consommation, certes, mais aussi parce que les industriels n'ont plus de stock et que les distributeurs ont achevé leur politique de déstockage à la suite de la réduction des délais de paiement. Sans omettre des marchés dont la très bonne tenue des volumes démontre que la demande est bien réelle, même si les attentes de prix bas cassent les ventes. Enfin, des nouveautés (iPad...) sont annoncées. Logiquement, elles devraient doper les trafics et les ventes.

Certes, les ménages ne pourront plus compter, comme aujourd'hui, sur des baisses de prix pour doper leur pouvoir d'achat. Hélas, l'inflation va repartir à la hausse, dans le sillage des matières premières. Bien évidemment, le taux de chômage reste élevé. Quant à la menace d'une remontée des taux d'intérêt, elle est avérée, et la mauvaise santé du crédit à la consommation n'est guère réjouissante. Bref, si l'éclaircie est indéniable à court terme, la conjoncture française n'est pas à l'abri de nouveaux gros nuages. Dans ce contexte, le moral des ménages s'affiche toujours en berne. Mais ces mêmes ménages considèrent de plus en plus le non-alimentaire comme des dépenses d'arbitrage. Et tout porte à croire que, depuis quelques semaines, ils retrouvent l'envie de se faire plaisir. Alors pourquoi bouder... notre plaisir ?


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