Découvrez le magasin virtuel de Casino à Lyon

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Du 23 au 27 octobre, Casino installe en gare de Part-Dieu, à Lyon, son "magasin virtuel": 5 panneaux sur le parvis de la gare, d'abord, et un mur de 20 mètres au bout d'un couloir menant au métro. Une initiatve qui a le mérite de permettre de tester l'ensemble des technologies: NFC, QR-Code et reconnaissance d'images. De quoi rassembler autant d'informations utiles aux développements futurs, qui ne manqueront pas de venir.

Casino installe, du 23 au 27 octobre, 5 panneaux thématiques sur le parvis de la gare Part-Dieu à Lyon: - © Médiathèque groupe Casino

5 panneaux sur le parvis de la gare, à Lyon, et un mur de 20 mètres en entrée de métro, toujours à Part-Dieu. Deux sites qui renvoient aux deux magasins Casino Shopping de Lyon, avec possibilité d'aller y chercher sa commande, ou d'être livré à domicile. - © Cédric Daya

Le magasin virtuel se décline… On avait vu les « cubes », avec Delhaize, puis Carrefour, voilà maintenant le « mur » avec Casino. Le groupe stéphanois teste en effet son propre modèle, depuis hier, mardi 23 octobre, et jusqu’au samedi 27, à Lyon, sur le parvis de la gare Part-Dieu et en entrée du métro.

Soit, pour l’anecdote, sur le même site qu’occupait il y a cinq petits jours encore Carrefour, avec son cube dévoilé le 2 octobre dernier. Une coïncidence qui n’en est peut-être pas une… Reste que si Casino s’est en la matière gentiment fait « doubler » par son concurrent Carrefour, il est un domaine, au moins, où on ne prendra pas en défaut le groupe stéphanois : celui de l’exhaustivité des choix laissés aux consommateurs. Puces NFC, QR-Code et même reconnaissance d’images, Casino s’offre en effet le luxe de marier les différentes technologies. Une manière de s’assurer une certaine tranquillité d’esprit pour l’avenir, en attendant de savoir quel système triomphera des autres.

Car, après tout, la question n’est plus tant de savoir si le magasin virtuel – et surtout, au-delà de lui, le « e-commerce sur mobile » (plus de 5% des ventes, déjà, sont faites via mobiles et tablettes chez Casino) – est voué à prendre de l’importance ou non… La vraie interrogation est de savoir qu’en faire ? Ou plutôt savoir comment préparer l’étape suivante, la seule, à vrai dire, qui suscite encore l’intérêt : quid de la pérennisation des différentes expérimentations menées ? Et avec quels systèmes, surtout ?

« Nous testons les trois technologies à disposition, et nous étudierons avec soin les remontées statistiques dévoilant lesquelles sont les plus utilisées par les consommateurs », explique Alain Berne, le directeur de l’innovation technologique du groupe Casino, présent ce matin à Lyon pour l’inauguration du concept.

On comprend donc, en creux, que Casino, avec ce magasin virtuel et éphémère, cherche avant tout à collecter une manne d’informations utiles pour préparer les développements ultérieurs, beaucoup plus qu’à créer du chiffre additionnel. Une évidence si l’on considère les 200 produits, seulement, que l’on retrouve affichés sur les cinq panneaux disposés sur le parvis de la gare et sur le mur de 20 mètres en bout de couloir, juste devant les tourniquets du métro.

On peut juste s’interroger, cependant, sur la nécessité de devoir encore mener à bien ce genre de tests grandeur nature pour avoir une idée précise de ce vers quoi l’on va… Certes, le système NFC (commerce sans contact) a techniquement une longueur d’avance : un simple passage de son smartphone à proximité immédiate des produits affichés (ou des étiquettes en magasins, si l’on se transpose dans le point de vente) suffit pour ajouter la référence à son panier d’achat. Soit une simplicité d’utilisation quasi enfantine. Mais, aussi, un inconvénient majeur : « snobé » par Apple, qui se refuse à l’intégrer dans ses appareils, le NFC paraît bien disposer d'un avenir assez compromis. Difficile, en effet, de se passer des utilisateurs d’iPhone ou d’iPad si l’on souhaite proposer un service de commerce sur mobile… A moins d’un revirement de la firme à la pomme – pas franchement d’actualité -, mieux vaudrait donc miser sur autre chose.

D’où le QR-Code. Et d’où, encore plus intéressant, la reconnaissance d’images. Dans les deux cas, la seule présence d’un appareil photo, sur son smartphone, suffit à rendre le système opérationnel. Et dans les deux cas, surtout, les déclinaisons sur d’autres supports, bien plus pérennes que ces magasins virtuels, apparaissent évidentes. Peut-on insérer une puce NFC dans ses prospectus ou dans ses pages de publicités achetées dans la presse ? Bien sûr que non. Peut-on le faire sur des abribus par exemple ? Sans doute que oui, mais à quel prix… Avec un simple QR-Code, en revanche, et mieux encore avec la reconnaissance d’images, le champ d’action, lui, s’ouvre en grand. Pourquoi mieux encore avec la reconnaissance d’image ? Simple. Il est difficile d’imaginer, dans des espaces déjà par définition limités – et qui ont déjà tendance à être surchargés de messages obligatoires de type « manger, bouger » et autres – insérer en plus des QR-Code à scanner. Faisable, bien sûr, mais avec le risque de se montrer « trop bavard ». La reconnaissance d’images, qui certes nécessite de disposer d’une base de données importante en amont pour être viable, n’a pas tous ces inconvénients… Et même quasi que des avantages, à y bien réfléchir.

Le doux rêve des patrons de l'innovation des enseignes aujourd'hui, en voie de concrétisation? Le scan des code-barres pour faciliter le quotidien de ceux qui souhaitent faire leurs courses depuis les placards de leur cuisine d’un côté : je finis ma boîte de Poulain Grand Arôme (exemple pris absolument au hasard), je la scanne tout de suite pour qu’elle s’ajoute à mon panier d’achat, et n’ai ainsi plus aucun risque de l’oublier. La reconnaissance d’image sur les prospectus de l’autre, pour « capter » les amateurs de promotions et de nouveautés avant que le catalogue ne parte à la poubelle... Avec, petite cerise sur le gâteau, les applications de ces technologies nouvelles à encore trouver en magasins : pas si difficiles que cela à imaginer, cela dit… Les consommateurs sont friands d’innovations ? Ils ont parfois du mal à les repérer dans les linéaires ? Pourquoi, en plus d’une implantation réelle, en rayons, ne pas aussi regrouper ces lancements de produits nouveaux sur des murs virtuels, en entrée de magasin ? Voilà qui aurait du sens. D’autant qu’ici, avantage suprême pour les distributeurs, il serait possible de faire participer les marques. A la clé, un double avantage pour l’enseigne : créer de l’additionnel et offrir un service concret aux clients. Le tout à moindre frais. Avec, juste, si l’on peut dire, une organisation à trouver pour pouvoir fournir ces produits aux clients non pas dans les deux heures, comme c’est le cas avec le drive, mais beaucoup plus rapidement, en une demi-heure maximum, le temps des courses en magasins. En somme, tout est à faire. Et si 2012 aura été l'année des murs virtuels éphémères en zones de flux, 2013 sera sans doute celle des premières expérimentations à grande échelle.

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