Déflation, relations avec les industriels, investissements… Michel Edouard Leclerc fait le point

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Invité sur BFM Business le 24 octobre au matin, le patron des Centres Leclerc a évoqué le risque d’une spirale déflationniste, la baisse des prix, mais aussi les ambitions de l’enseigne, qui va continuer à embaucher sur les métiers du numérique et les employés en magasin. Morceaux choisis…  

La patron des Centres Leclerc a milité pour plus de collaboration avec des industriels, pour sortir de la spirale déflationniste. Et rappelé ses ambitions en matière de recrutement et de transformation digitale (Capture d'écran BFM Business)
La patron des Centres Leclerc a milité pour plus de collaboration avec des industriels, pour sortir de la spirale déflationniste. Et rappelé ses ambitions en matière de recrutement et de transformation digitale (Capture d'écran BFM Business)

Invité de l’émission Good Morning Business sur BFM Business ce 24 octobre (vidéo à consulter ici), Michel Edouard Leclerc, fidèle à son habitude, a décrypté l’environnement économique de la grande distribution. D’abord interpellé par le présentateur Stéphane Soumier sur les moyens de faire la différence quand les prix ne bougent plus, le patron des Centres Leclerc n’a pas hésité à faire largement référence aux industriels, confrontés à la déflation. "Un distributeur vend de tout et il y a encore de l’inflation sur certaines innovations par exemple, mais pour un industriel c’est compliqué.  On n'apprend pas ca à l’école quand on sort d’HEC, quand on sort de l’IUT. Aucun chef d’entreprise n’a appris à gérer un chiffre d’affaires potentiellement négatif. Et c’est un vrai problème ! ». Michel Edouard Leclerc estime que la désinflation, "qui était typiquement française, c’est fini (…), globalement le grand mouvement qui consistait à adapter les prix français aux prix européens est terminé". "Je pense que les prix ne vont pas beaucoup baisser mais d’ailleurs les salaires vont pas non plus beaucoup augmenter , et les taux d’intérêt baissent aussi. Donc on est dans le risque d’une spirale déflationniste".

Un travail main dans la main avec l'amont ?

Pour redonner de la vigueur au climat de consommation, le dirigeant s’est notamment fixé comme objectif de combattre la déflation. "Tout le climat polémique français, qui n’est que français,  autour de ces relations industrie commerce pourrit la vie. Ce qu’il faut faire aujourd’hui c’est donner aux industriels et aux producteurs l’occasion de créer d’autres sources de valeur, c’est de pouvoir repositionner leurs produits par des critères de qualité, une segmentation, par un marketing plus élaboré".

Interpellé sur sa politique de prix bas, le dirigeant a déclaré que ce positionnement "moins cher" est pris "sur la marge", et non pas sur "les conditions d’achat", se permettant par ailleurs un tacle appuyé sur son concurrent Casino. "C'est notre modèle économique qui nous amène, à conditions d’achat identiques à être 17% moins cher que Monoprix ou Casino (...). Quand Casino vend 17% plus cher que Leclerc – je dis 17% mais c’est peut etre 20%- ce n’est pas parce qu’il a acheté 17 ou 20% plus cher (…) car Jean Charles Naouri va pas acheter 17% plus cher (sous entendu par rapport à Leclerc, ndlr).

Plus de bio, plus de recrutement, plus de digital

Lors de cette interview, Michel Edouard Leclerc a mis en avant trois enjeux majeurs, le premier d’entre eux étant la lutte contre la déflation, et la recherche d’une collaboration renforcée avec les industriels pour créer de la valeur, avec la mise en avant des nouveaux produits qui apportent un plus. L’arrivée d’innovations "c’est notre intérêt. J’ai plus intérêt à vendre un beurre de qualité qu’un beurre premier prix, ne serait ce que d’un point de vue capitalistique" a-t-il ainsi justifié, exemple à l’appui. Ensuite, Leclerc entend "être leader d’ici 2020" de toutes les transformations liées à l’alimentation, comme le bio, le "mieux-manger (sic)". "On a gagné un tiers d’espérance de vie en un siècle, c’est quand même qu’on a mieux mangé… mais il y a une vraie demande consommateur sur la tracabilité, sur la montée en gamme des produits, etc. " a souligné le patron de la première enseigne de France, dont le troisième dossier touche à la technologie et à la transformation digitale.

"Quand les clients viennent en magasin, souvent ils connaissent mieux le produit que les vendeurs, pourtant bien formés. Donc c’est un nouvel enjeu de formation, d’embauche, et d’expertise de l’offre. On ne peut plus être généraliste. C’est fini ça". Voila pourquoi Michel Edouard Leclerc répète (maintenant depuis février 2015) qu’il va investir massivement et créer 10 000 emplois, notamment dans le numérique avec le recrutement d’ingénieurs "pour construire la relation avec le client, des sites, des portails. Sinon on va se les faire fourguer par des vendeurs de tuyaux et on ne maîtrisera rien".

Une autre partie des embauches sera dédiée à l'hypermarché physique "plus attractif et incontournable" avec des recrutements basés sur l’expertise : "des bouchers, des pharmaciens, des libraires. Pour qu'Amazon, même s'il a le stock, ne puisse pas rivaliser sur le conseil et la qualité de l'accueil" a-t-il déclaré sur BFM business, ajoutant quelques chiffres sur le digital. "Leclerc.com, c'est 2,6 milliards de chiffre d'affaires, 6% du chiffres d'affaires total", un chiffre qui repose essentiellement sur le drive, ou l’enseigne pèse la moitié du marché. Des embauches sont également prévues pour améliorer la logistique et les courses réalisées sur internet : "aujourd'hui, on va livrer dans des box, des points relais, des parkings. Des salariés des centres Leclerc au siège prennent leur livraison dans le parking du magasin".

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