Difficiles prévisions
- Mots clés :
- Tesco,
- Grande Distribution
©Bernard Martinez
EDITORIAL
Quatre articles qui n'ont a priori rien à voir. Et pourtant... Le premier, sur le distributeur anglais Tesco, démontre que rien n'est définitivement acquis. Surtout si des entreprises au pinacle s'embarquent dans des aventures hasardeuses, si elles négligent leur territoire d'origine, si elles se pensent à l'abri de quelques inversions de tendance et si elles ne voient pas poindre des entreprises plus rapides qu'elles. Ce phénomène est connu. En France, de nombreuses sociétés ont succombé à cette tentation. Certaines ont disparu et d'autres, comme Monoprix, se sont ressaies. Comme quoi, l'avenir réserve bien des surprises, et il faut se méfier de toute certitude et de la moindre prédiction.
Le deuxième article ne dit pas autre chose. Ceux qui annonçaient que les magasins en dur succomberaient aux coups de boutoir du commerce virtuel doivent réviser leur plan. Le dernier classement des sites internet les plus visités démontrent à quel point les assiégés ont su prendre les armes des conquérants. Autrement dit, les bonnes vieilles enseignes envahissent le haut du classement du commerce électronique. Là encore, il convient de ranger dans les placards quelques boulles de cristal.
Le troisième article confirme cette tendance. Aux États-Unis, les distributeurs ont compris qu'il n'y a pas d'un côté les ringards avec leurs gondoles et leurs chariots et de l'autre les start up avec leurs clics et leurs cookies. Les nouvelles technologies envahissent les magasins tant pour rationnaliser les process que pour apporter de nouveaux services aux consommateurs. Il est bien loin le temps où la distribution se refusait à l'informatique.
Enfin, le quatrième article illustre, lui aussi, la thèse du changement puisqu'il évoque la « révolution » des caissières. Celles qui devaient disparaître avec le self-scanning demeurent un rouage essentiel du commerce. Elles jouent un rôle social tant du niveau de l'emploi que dans les relations d'un magasin avec ses clients.
Finalement, ces quatre articles racontent la même histoire. Que rien n'est acquis. Que même si certains annoncent les vainqueurs et les vaincus, la donne peut changer. Que les modèles dit d'avenir ne gagnent pas forcément face aux modèles « dépassés ». Que les places ne sont jamais acquises définitivement. Et, surtout, qu'il faut toujours se remettre en cause.
Rien n'est acquis. L'avenir réserve bien des surprises, et il faut se méfier de toute certitude.
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