Faudra-t-il reformuler tous les parfums ?

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LÉGISLATION - LOIS Un grand chantier est-il en cours ? En 2012, le comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC) a émis un avis sur la présence des fragrances allergisantes dans les parfums, qui s’il était appliqué, pourrait chambouler tout le marché. Et la commission européenne a lancé une consultation publique sur cet avis… Elle prend la question au sérieux.

Le possible changement de législation pourrait avoir de lourdes conséquences sur la composition des parfums
Le possible changement de législation pourrait avoir de lourdes conséquences sur la composition des parfums© © L'Oreal

La proposition concerne tous les produits contenant des parfums. Pas seulement la parfumerie fine. A ce jour, ces substances sont mentionnées sous le nom « parfums », ou « aroma » dans la liste des ingrédients obligatoires sur les produits, sans être détaillées. Exceptées 26 substances supplémentaires qui, lorsqu’elles rentrent en compte dans la composition du produit, doivent être inscrites sur les flacons et utilisées de manière restrictive (elles sont inscrites dans l’annexe III du règlement cosmétiques).

D’autres substances sont clairement interdites – elles font alors partie de l’annexe II de ce même règlement.

Plus d'indications sur les flacons

L’avis émis en 2012 du CSSC entend réactualiser certaines substances considérées comme allergènes. Il propose de porter à l’annexe III (donc indiquées sur les flacons et utilisées sous restriction) 106 substances, contre 26 actuellement.

Cela compliquera fortement la conception des packagings pour les fabricants, tout en permettant aux consommateurs qui le souhaitent de connaître la composition des produits. Ce changement devra avoir lieu, selon la proposition de la commission européenne, sous trois ans.

Mais aussi interdire

Le CSSC avait de plus mis en lumière trois composés, le HICC, l’atranol et le chloroatranol, comme étant des substances inquiétantes et proposait de les interdire totalement des produits cosmétiques- donc les porter à l’annexe II.

La commission européenne reprend ces propositions à son compte et propose de les interdire sous une période de deux ans.

Cette dernière, comme à son habitude, a lancé une consultation publique, invitant toutes les parties prenantes à s’insérer dans le débat en émettant un avis.

Cette interdiction, a vu se focaliser le débat médiatique autour du parfum Chanel Numéro 5, car il contient deux de ces substances. Interdire des parfums présents sur le marché depuis longtemps, et toujours en tête des ventes ? 

Des formules sans cesse retravaillées

Il faut savoir qu’une formule de parfum n’est jamais figée dans le temps. Elle évolue – même si tout est fait pour la changer le moins possible – en fonction des aléas légaux, des questions d’approvisionnement de matières premières, des conditions climatiques (lorsque des roses ne sont plus disponibles à un endroit précis, par exemple) et qui contraignent les fameux nez à revoir leur jus régulièrement. Evolution qui doit aussi prendre en compte les évolutions des coûts… Pour le résultat final le plus semblable possible. Les mêmes notes, la même tenue etc. C'est ce qui fait que les nez ne font pas que créer des nouvelles senteurs, mais tentent également de refaire les précédentes avec d'autres contraintes. 

Ainsi, ce n’est pas l’interdiction totale de ces trois composants qui inquiètent le plus les fabricants de parfums, mais l’étiquetage des substances.

Noyer le consommateur ?

Si le président de l’International Fragrances Association (IFRA), Pierre Sivac, a affirmé dans un communiqué que la profession « accueill[ait] favorablement les mesures proposées », il relevait que « nous sommes néanmoins préoccupés [..] l’extension de l’étiquetage actuel des allergènes ne permettra pas d’améliorer le niveau d’information des consommateurs déjà sensibilisés ».

Au contraire, cela pourrait les noyer dans un flux d’information trop important.

Réunis en table ronde à Grasse vendredi dernier, 21 février - selon le Nice Matin daté du 25 février - les fabricants de produits aromatiques ont émis le souhait, devant plusieurs parlementaires européens, que ne figurent sur les étiquettes qu’une liste de 10 à 12 allergènes. Les autres pourraient être inscrits sur internet. Et ainsi permettre aux consommateurs les plus sensibles d’avoir accès à l’information tout de même, sans alourdir le packaging.

La consultation publique de la commission européenne prendra fin le 14 mai. 

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