Food Tech : OptiMiam, l’appli qui veut en finir avec le gaspillage alimentaire

Aude Chardenon |
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Une application pour aider les commerçants à épuiser leurs stocks et donc réduire leur surplus, c’est le principe d’Optimiam, créée par une startup française en octobre 2014. Une levée de fonds va permettre à la jeune pousse de se développer à l’international après des débuts prometteurs en France.

Parmi les commerçants qui ont adopté l’appli OptiMiam, les secteurs de la restauration rapide et de la boulangerie sont bien représentés.
Parmi les commerçants qui ont adopté l’appli OptiMiam, les secteurs de la restauration rapide et de la boulangerie sont bien représentés.© OptiMiam

Le "Tinder du sucré-salé" : c’est ainsi que définit Valerian, utilisateur d’OptiMiam, une application mobile géolocalisée qui connecte en temps réel les commerces alimentaires de proximité aux consommateurs. Le principe de l’appli, disponible sur iOs et Android : informer le client des excédents alimentaires périssables en quantité limité, comme les croissants ou les yaourts, disponibles chez les commerçants proches de chez lui pour profiter de promotions. "OptiMiam est une façon efficace de lutter contre le gaspillage alimentaire des produits frais, qui une vrai problématqiue pour les commerces de proximité", explique Alexandre Bellage, cofondateur d’OptiMiam. Ce jeune homme diplômé d’économie et de gestion lance à l’automne 2014 sa société avec Raodath Aminou, ingénieur de formation et diplômée d’un master en innovation. Leur but : aider les petits commerçants à s’organiser pour gérer leurs stocks tout en en faisant profiter le consommateur. "Aujourd’hui, la lutte contre le gaspillage alimentaire est un sujet qui tient de plus à cœur", poursuit le jeune homme. Une préoccupation qui touche autant les consommateurs que les commerçants.

Gagner en notoriété… et en trafic

Chaque jour, depuis une interface web disponible sur PC ou mobile, le commerçant met à jour son inventaire en ligne en y indiquant ses surplus en promotions. L’abonnement annuel s’élève à 400 euros. "Il s’agit d’un outil simple, pensé avec les commerçants qui manquent souvent de temps ou de moyens logistiques", poursuit Alexandre Bellage. La création d’une fiche produit prend environ 30 secondes, sa mise à jour 5 secondes. De son côté, le consommateur peut consulter gratuitement les promos autour de lui ou être averti des opérations en cours par notification push, puis composer son panier. En magasin, il saisit le code qui apparaît à la caisse pour valider son panier, puis il présente le ticket généré au vendeur et règle sa commande.

Si le consommateur apparaît rapidement gagnant, qu’en est-il du commerçant, qui peut craindre de vendre ses surplus à perte, et donc une diminution de son chiffre d’affaires ? "Tout d’abord, les éventuelles pertes sont compensées par une augmentation du trafic en magasin et donc du panier moyen", tempère le dirigeant. Car en géolocalisant les offres, le commerce de quartier gagne en notoriété et peut séduire une nouvelle clientèle. Sans compter que les profils de consommateurs sont multiples. "Les étudiants sont naturellement plus intéressés par l’aspect promotionnel. Mais d’autres clients seront plus sensibles à la démarche responsable, et n’attendront pas les promotions pour se rendre chez un commerçant qui bénéficient d’une image responsable", poursuit Alexandre Bellage. Par ailleurs, le commerçant garde la main sur ses promos, puisque c’est lui qui décide du moment, de la durée et de la nature de l’opération.

Carrefour City et Subway parmi les commerçants franchisés séduits

150 commerçants, essentiellement sur Paris, ont déjà adopté l’application. Parmi ceux-ci, de nombreux franchisés comme Carrefour City, Le Fournil de Paris, Paul, Subway ou encore La Brioche Dorée, qui démarre en 2016 une phase pilote sur 26 points de vente, à Paris et à Rennes. "La franchise est idéale car le commerce franchisé fait remonter cette bonne pratique au franchiseur et cela est une très bonne chose en termes de notoriété pour notre entreprise", se réjouit-on chez OptiMiam. Les commerçants indépendants ne sont pas en reste avec un grand succès auprès des boulangers, qui disposent de nombreux produits frais et périssables, et qui ont donc des pertes non négligeables. A leur adresse, la startup a par ailleurs lancé l’OptiBox, une boîte packagée pour l’occasion qui leur permet de conditionner les surplus de viennoiseries à bas prix destinés à être jetés. Côté utilisateurs, la jeune pousse revendique 50.000 clients. L’objectif est d’atteindre les 250 000 utilisateurs d’ici à 2018 et de dépasser les 2.500 commerçants. "Nous voulons à terme convaincre les grands enseignes qui commencent à s’engager dans la lutte anti-gaspillage, devenue une véritable attente des consommateurs", explique Alexandre Bellage.

Déjà auréolée des Prix "Spécial Consommateur" et "Service numérique" décernés en juin 2015 à l’occasion du Forum des innovations en distribution alimentaire, OptiMiam a été sélectionnée pour le HandsOn Startup Tour, concours sponsorisé par Carrefour, qui lui permet de partir une semaine dans la Silicon Valley, temple de l’innovation mondiale en matière de technologie, et donc de food tech. Du 6 au 13 février 2016, la société, qui compte aujourd’hui une dizaine d’employés, va côtoyer les pépites californiennes et promouvoir sa solution auprès des Américains. Car l’ambition d’OptiMiam est grande et la levée de fonds de 500 000 euros réalisée auprès de business angels, en ce début d’année 2016, a un objectif principal, celui de se développer à l’international.

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