Hors-série Boissons - Sept 2011
- Mots clés :
« 100 % hypocrite et 0 % efficace ! »
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires, ne mâche pas ses mots à l’évocation de la taxe Fillon. Annoncée à la télévision le 24 août, par le Premier ministre, cette mesure, qui prévoit notamment de multiplier par six le droit d’accise des boissons sucrées et d’augmenter de 90 centimes par litre la fiscalité des alcools titrant 40° ou plus, a soulevé un tollé général parmi les industriels. Non pas – faut-il le souligner – que cette idée soit une totale surprise pour la profession, des rumeurs circulant depuis plusieurs mois. Ce qui irrite au plus haut point, c’est davantage le manque de dialogue des pouvoirs publics, l’iniquité de cette taxe et sa justification officielle. « L’argument avancé de l’obésité ne pouvant servir à lui seul de caution ! Sauf à taxer aussi les chocolats, la confiserie, la charcuterie... », rétorquent les acteurs.
Se disant stigmatisé à tort, le secteur a décidé de partir en guerre. Il y a eu d’abord les réactions officielles de l’ensemble des fédérations concernées, ensuite les prises de position publiques des grands patrons, à l’instar d’Hugues Pietrini, PDG d’Orangina-Schweppes, puis l’annonce par Coca-Cola de l’annulation d’un investissement de 17 millions d’euros et, dans la foulée, son très rapide démenti. Bref, le travail de lobby est en marche. Suffira-t-il à faire reculer les pouvoirs publics, comme pour les parcs à thème ? Impossible à prévoir, à l’heure où nous mettons sous presse, et où le dernier rebondissement fait état d’un amendement du député Bernard Reynès qui pourrait tripler le montant de la taxe soda, soit 385 millions d’euros. Une chose est sûre, derrière l’enjeu financier, c’est l’image auprès du grand public et la bonne santé d’un marché que la profession tient à défendre. Encore sous le coup du revirement commercial dû aux mauvaises conditions météo de cet été (lire page 6), les acteurs savent que, au-delà de l’impact sur le portefeuille des clients – 1 centime sur les canettes de soda et 5 centimes sur 1,5 litre de cola –, c’est avant tout la dimension psychologique des consommateurs qui, dans un contexte d’inflation et de morosité économique, est la plus difficile à maîtriser.
Pour conserver la palme du secteur le plus dynamique des PGC en 2011, année qui sera, sans doute, malgré les espoirs printaniers, juste moyenne, les liquides vont devoir capitaliser leurs forces et aussi se dépasser. Jouissant d’un vrai crédit, les marques devront conforter le succès de certaines catégories phares, comme le whisky, la vodka ou le cola. Mais aussi accompagner le développement de nouveaux modes de consommation, trouver et installer d’autres sources de croissance pour toucher une cible toujours plus large, sans négliger pour autant les catégories historiques en mal de modernité. LSA vous propose, dans ce hors série Boissons, une revue d’ensemble de ces nombreux défis qui conditionnent l’avenir du secteur, bien au-delà du combat contre la taxe Fillon !
Florence Bray














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