Internet des objets et retail : tout est à imaginer

Clotilde Chenevoy |
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Engie a organisé une matinale dédiée à l’Internet of Things (IoT - Internet des objets) le 3 mars dernier, où les experts maison ont défini clairement ce que l'IoT peut apporter dans le secteur BtoB et détaillé les usages possibles avec cette technologie, notamment dans la gestion énergétique.

En Allemagne, l'industrie s'est emparée de l'internet des objets passant alors en mode 4.0.
En Allemagne, l'industrie s'est emparée de l'internet des objets passant alors en mode 4.0.© fotohansel - Fotolia
"Si on évoque la brosse à dent connecté, cela n’inspire pas, en revanche savoir comment aller de Bastille à Nation le plus rapidement, et d’identifier où me garer pour atteindre le magasin de bricolage, cela éveille déjà plus l’attention." C’est par cette exemple que Guillemette Picard, directeur domaine IoT chez Engie, a ouvert la matinale dédiée à l’Internet des Objets, rappelant que "l’intérêt est dans le potentiel d’utilisation. On ne sait pas quelles ruptures cette technologie apportera."
 
Si une rupture peut en effet arriver vite – le cas Uber reste le plus parlant – il faut encore que les entreprises s’emparent pleinement de cette technologie, dépassant l’effet nouveauté et se plongeant dans des usages métiers. "Avec les objets gadgets, on a perdu 5 ans, estime Thomas Nicholls, vice-président en charge de la communication chez Sigfox, réseau dédié aux objets connectés. Les gens ne savent pas vraiment ce qu’est l’IoT et je passe beaucoup de temps à évangéliser les entreprises." 
 
La connaissance permet d’accroitre les possibilités
 
Le dirigeant pousse son discours en faisant une analogie avec… Superman : "ses 5 sens étendus lui permettent d’entendre si des personnes ont des problèmes et d’intervenir quand il le faut. L’Iot c’est ça. Les objets doivent être le moins intrusif que possible, ce qui compte ce sont les données que l’on remonte et la visibilité que cela peut apporter. Et si les entreprises ne prennent pas au sérieux cette technologie, elles vont se faire dépasser par de nouveaux acteurs qui eux auront compris le potentiel de l’Iot et comment il change la façon de travailler."
 
"Les objets connectés ne datent pas de Sigfox, précise Guillemette Picard. Nous utilisons depuis longtemps des capteurs pour la gestion de l’énergie. La rupture vient en revanche du coût des capteurs et de la facilité d’implémentation des systèmes."
 
L’industrie allemande grande utilisatrice de l’IoT 
 
Sigfox est un réseau bas débit dédié à l’internet des objets, qui repose sur un usage radio pour la communication avec les capteurs puis une transmission des données par le web. "Nous ne faisons que véhiculer les données, nous les interprétons pas, précise Thomas Nicholls. Sigfox connecte 7 millions d’objets dans différents secteurs. En Allemagne, l’industrie est devenue 4.0 avec IoT."  Elle surveille ainsi grâce aux capteurs ses machines et peut faire de la maintenance prédictive et non plus curative.
L’intelligence provient donc des sociétés qui comme Engie développent des usages propres à leur métier. Le spécialiste de l'énergie a d’ailleurs pris une prise de participation dans Sigfox en 2015 et une filiale a été créée pour déployer en Belgique un réseau dédié aux objets connectés.
 
Risque de piratage ?
 
La sécurité du système a aussi été évoquée lors de cette matinée. Le responsable de Sigfox a rappelé que la connexion se faisait uniquement en flux montant, sans moyen de piloter les objets via les capteurs. La donne change un peu dès lors qu’il y a de possibles actions à déclencher selon l’information remontée par le capteur. "Il y a des risques mais l’infrastructure est sécurisée, et les données sont codées", rappelle Thomas Nicholls.
 
Une approche métier indispensable pour apporter de l'intelligence
 
Hervé Bidou, directeur de la transition digitale chez Engie Cofely a insisté sur la simplicité des objets connectés : "c’est exactement comme ce que l’on faisait avant, sans millefeuille de technologies et d’intervenants qui rendait la solution complexe, chère et longue à déployer." Et de résumer en caricaturant : "Avec un objet connecté, on le pose avec un chewing gum et il remonte tout de suite des informations."
 
Cette facilité d’installation et cette baisse des coûts permet à Engie de déployer pour ses clients de nouveaux projets, inaccessibles auparavant pour des raisons non techniques mais économiques. Reste bien sûr comme avec les datas à identifier la donnée clé et pertinente. Engie a pris un abonnement auprès de sigfox pour 15 000 objets mais estime que son potentiel atteindra sous les 3 ans 100 000 objets et en a pour l'heure déployé 1500.
 
L’une des applications est ainsi la gestion d’énergie des bâtiments. La multiplication des capteurs avec un suivi constant permet une prise de décision plus cohérente notamment pour gérer le facteur météo. Autre usage : le télé-relevé des compteurs. Une opération fastidieuse où l’humain n’apporte pas de valeur ajoutée. Mais encore une fois, les intervenants ont tenu à rappeler que nous sommes simplement aux débuts des débouchés possibles avec l’IoT et que si la technologie est fiable et économiquement attractive, le déploiement se fera avec la multiplication des usages métiers. 
 
Vidéo de présentation du réseau Sigfox:
 

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