L’Autorité de la concurrence dénonce la position dominante de Casino à Paris

Le par
Bruno Lasserre

Casino détient plus de 60 % de parts de marché à Paris, selon l’Autorité de la concurrence qui demande au législateur de modifier la loi pour contraindre à la cession de magasins. Le distributeur conteste le périmètre retenu par les sages et estime sa part de marché à 38,5 %.

L’Autorité de la concurrence vient d’émettre un avis suite à une saisine de la Mairie de Paris concernant le niveau de concentration du commerce parisien, qui aboutit a estimer que « le groupe Casino, grâce à sa participation dans Monoprix, détient une part de surface supérieure à 60 % et plus de trois fois supérieure à celle de son principal concurrent, le groupe Carrefour ». L’Autorité précise que cette part de marché en «surface de plancher» est de 61,5 % et entre 60 et 70 % s’il s’agit d’une part en chiffre d’affaires.

La situation aboutirait à des prix de vente de marques nationales supérieurs à ceux des concurrents. Le périmètre observé ne concerne pas les commerces de bouche, mais intègre bien la pression concurrentielle exercée par les 13 hypermarchés de périphérie, «dont la prise en compte ne ferait baisser la part de marché que de 4 %», a indiqué Thierry Pfister, un des auteurs de l’avis. Casino conteste le périmètre observé par l’Autorité, qui n’a d’ailleurs pas pu prouver, à l’analyse des marges nettes, que la position dominante aboutissait à un abus et qui a d'ailleurs souligné qu'une position dominante n'est pas condamnable en soi.. Dans un communiqué publié ce mercredi 11 janvier, Casino indique que sa part de marché n'excède pas à 38,5 % à Paris avec Monoprix et se félicite que l'Autorité de la concurrence reconnaisse dans son avis que la réussite du groupe Casino à Paris "peut-être imputée à sa stratégie et à ses mérites propres". En attendant, l’Autorité indique que la Mairie de Paris peut influencer sur la structure du marché en prévoyant des emplacements pour que «des magasins de plus de 2 000 mètres carrés [concurrents de Casino ndlr] puissent s’y implanter, notamment dans le quartier des Batignoles », mais surtout, Bruno Lasserre, président de l’Autorité, préconise de modifier la loi «en donnant à l’Autorité la possibilité de contraindre les enseignes en position dominante» à céder des magasins, via un amendement dans la LME. L’avis pourrait également avoir une incidence très importante sur l’évolution du capital de Monoprix. «Si Casino passait d’un contrôle conjoint à un contrôle exclusif, nous étudierions de très près le niveau de concentration». Or, Galeries Lafayette a la possibilité d’exercer un put (et Casino un call) depuis le 1er janvier 2012, à une valeur fixée à l’avance, qui concerne tous les magasins, y compris les magasins parisiens.

L’UFC Que Choisir soutient l’Autorité de la concurrence et demande des mesures pour libérer la concurrence dans la distribution. En septembre dernier, les résultats de son enquête révélaient que 22 magasins des enseignes Casino et Monoprix visités pratiquaint des prix de 13,39 % supérieurs à la moyenne nationale contre « seulement » +8,22 % pour les magasins Simply Market, +6,54% pour les magasins du groupe Carrefour et +1,68 % pour les magasins Intermarché.

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3 réactions

Carlier | 11/01/2012 - 21H33

Les prix chez casino ne sont pas compétitifs seul la venue du hard discount allemand peut remettre le marche parisien à un niveau de prix normal pour les consommateurs

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Run | 11/01/2012 - 15H35

Franchement le Président s'est déplacé à la Réunion et il ne s'est absolument pas offusqué que le groupe Casino detienne plus de60 % de part de marché

C'est pourtant le cas avec les Jumbo,les Score,Les Vival qui ne peuvent acheter en direct sinon c'est la porte , les SORECOM, et pour finir les leader price et Géant qui appartiennent à Caillé mais qui doivent acheter à Casino ... Franchement risible ce Président

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lenail | 11/01/2012 - 13H51

Comme d'habitude, on veut pénaliser un entrepreneur qui a réussi... Je trouve cela lamentable mais qui peut influencer cette Autorité dont la décision pourrait faire le jeu de concurrents ??

Autre question pratique: qui analyse et contrôle réellement actuellement toutes ces "Hautes Autorités..." ou "Autorités" qui ne paraissent pas toujours d'une déontologie vérifiée??

Triste pays...

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