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Philips équipement - Il est fini le temps où l'on éclairait sans compter. Plus qualitatif, l'éclairage fait partie intégrante du concept. Les diodes lumineuses (leds), encore au stade expérimental, devraient complètement changer la donne.
Le tournant s'est produit au milieu des années 90. C'est Carrefour qui, le premier, a sorti l'éclairage magasin de son ghetto fonctionnel pour en faire un outil de différenciation. « À l'époque, le distributeur réfléchissait à un moyen de mieux mettre en valeur les rayons frais à forte valeur ajoutée », raconte Henri Coulloumme-Labarthe, responsable du bureau d'étude Opus Light. Depuis, l'idée a fait son chemin, et même le hard-discount s'y met !
Fini les nappes de néons qui éblouissaient consommateurs et produits. « Il n'y a guère que le rayon épicerie qui continue, faute de mieux, d'être éclairé par les bons vieux néons, note Henri Coulloumme-Labarthe. Partout ailleurs, l'éclairage d'accentuation - spots, suspensions au plus près des produits - a pris le relais, et crée de vrais univers pour chaque famille de produits. » Il était temps, car le consommateur lui-même se plaint d'être trop éclairé et - un comble ! - de ne pas bien distinguer les produits, si l'on en croit une étude de Périfem.
« La tendance est à l'atténuation de la nappe », confirme Frédéric Larivaille, directeur du fabricant de luminaires Sunlux. Les seuils d'éclairement passent progressivement de 1 000 à 800 lumens, soit une réduction de 20 % de la luminosité. D'uniformes, les nappes de tubes fluorescents se font discontinues. À côté des traditionnelles nappes perpendiculaires aux gondoles, certains points de vente osent la diagonale ou le maillage carré. Pour une meilleure efficacité, les gaines d'éclairage descendent des hauteurs et, plus proches, se permettent même d'être parallèles au tracé des allées. Un schéma inimaginable à 4,5 mètres de hauteur, pour cause d'ombres projetées sur les gondoles, mais tout à faire envisageable à 3 mètres.
Plutôt à la traîne sur la question, le commerce spécialisé rattrape son retard. Des enseignes comme Go Sport ou Décathlon misent désormais sur l'éclairage pour se forger une identité forte. Darty a carrément innové avec le « pavé Darty ». L'idée est d'éliminer le faux plafond et de le remplacer par des assemblages de tubes fluorescents larges d'environ 1 mètre. Le tout est complété par de petites suspensions décoratives rouges au plus près des rayons.
Savoir jouer avec l'éclairage du jour
Si la quête d'une meilleure esthétique est bien là - à chaque concept son éclairage -, ce sont les économies d'énergie qui tirent désormais le marché et l'innovation produits. Il faut dire que le poste éclairage représente 30 % de la consommation électrique d'un magasin, et que, en ces temps d'incertitude sur les prix de l'électricité et de Grenelle de l'environnement, l'objectif est de faire tomber cette part au plus vite. « Nous sommes dans une période d'optimisation », explique Henri Coulloumme-Labarthe.
Cela commence par la nappe, où les tubes à ballast électronique remplacent les classiques tubes néons à transformateur féro-magnétique. Bilan : la consommation est réduite de 30 % pour une durée de vie supérieure d'environ 20 %. « À l'exception des indépendants ou des franchisés, qui reculent devant un investissement de départ légèrement supérieur, les grandes surfaces les utilisent de façon quasi systématique », indique Antoine Sanchez, chef de marché commerce chez Philips Éclairage. Après les tubes 26 mm, la dernière génération se miniaturise et affiche 16 petits mm de diamètre... « Idéal pour éclairer les corniches », selon Antoine Sanchez. L'apport de lumière naturelle est favorisé, et les nouveaux magasins modulent l'intensité de leur éclairage artificiel en fonction de la lumière du jour.
Côté accentuation, la principale évolution est à chercher du côté des lampes à iodure métallique, aussi appelées lampes à décharge. Celles-ci remplacent avantageusement les projecteurs avec halogènes, menacés de disparition pour cause de très mauvaises performances énergétiques : 80 % de leur consommation se dissipent en chaleur ! La dernière génération d'iodures métalliques à brûleur céramique proposée par Philips et par General Electric (GE) Lighting apporterait un meilleur maintien de la couleur tout en garantissant une longévité encore accrue.
C'est là le gros avantage des lampes de dernière génération, tubes à ballast ou lampes à décharge, sur les néons et autres halogènes : en plus de consommer moins, elles durent plus longtemps et demandent donc une maintenance réduite... Seul problème, elles coûtent plus cher, ce qui occasionne encore de belles passes d'armes entre les directions des travaux, responsables de l'investissement initial, et les responsables d'exploitation.
Tout cela n'est rien face à la révolution qui se prépare. Elle tient en trois petites lettres qui devraient changer la face de l'éclairage : led. Aujourd'hui utilisées pour la signalétique extérieure, ces diodes électroluminescentes (« light emitting diods », en anglais) devraient envahir les magasins « d'ici à cinq ou dix ans », prédit Henri Coulloumme-Labarthe.
De nouvelles couleurs
Ces systèmes électroniques ne présentent que des avantages : ils ne chauffent pas, ils ne consomment quasiment pas, et, avec une durée de vie d'environ 50 000 heures (soit plus de dix ans d'exploitation !), ils signent presque la fin de la maintenance ! Ce n'est pas tout : avec la led, les lampes se miniaturisent et permettent des luminaires plus petits, plus discrets. « On peut désormais s'orienter vers des éclairages directement intégrés au mobilier », explique Antoine Sanchez. Mieux, « les leds changeant de couleurs à volonté, il est possible d'imaginer une véritable mise en scène des rayons », complète Philippe Dramard, directeur du marketing de GE Lighting. Pour donner une idée des possibilités, la lampe Living Colours, élaborée par Philips, annonce pas moins de 16 millions de combinaisons !
Alexandre Michiels, attaché de presse d'Osram, prévient : « Nous sommes à la préhistoire des leds. » Tous les industriels planchent pour en améliorer la puissance, encore insuffisante. Autre axe de recherche : élargir l'éventail des lumières blanches. « Aujourd'hui, les lumières restent légèrement bleutées, un peu froides, signale Philippe Dramard. L'objectif est d'obtenir des lumières blanches plus chaudes. » Qui se prêtent mieux, notamment, à l'éclairage du textile. En attendant la révolution led, les lampes halogènes intégrées aux faux plafonds ont encore un bel avenir dans les boutiques et les grands magasins, où elles sont encore majoritaires.


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