L'égalité à pas de fourmis

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Toujours autant de femmes dans la distribution, toujours aussi peu au sommet. La parité se gagne à coups de loi. Au quotidien, les choses évoluent à tout petits pas.

L'espoir fait vivre. Si les pays les plus avancés ont commencé à débattre du droit de vote pour les femmes dès le XVIIIe siècle - 1718 pour la Suède par exemple -, il aura fallu attendre deux siècles pour qu'il soit adopté en France. 1944 exactement. Et 1965 pour que les femmes puissent travailler et disposer d'un chéquier sans l'accord de leur mari. Si l'on applique la loi des probabilités, faudra-t-il patienter alors jusqu'en 2211 pour qu'il y ait autant de femmes que d'hommes au conseil d'administration d'un groupe comme Carrefour ou Casino ? La dernière petite phrase en date, celle du patron de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, qui n'a rien trouvé de mieux à déclarer qu'il voulait bien des femmes dans son conseil d'administration... pour « faire joli et coloré », n'est guère rassurante. Elle a en tout cas soulevé une sacrée polémique en Allemagne, où, selon la dernière étude du cabinet d'études AlphaValue, les comités d'administration ne comptent que 8 % de femmes.

À côté, la France fait figure de bon élève avec ses 13 % d'éléments féminins dans les « boards » de ses grandes entreprises. Mais elle est encore à la traîne comparé à la Norvège, la Suède et la Finlande - le trio de tête -, qui affichent respectivement 39 %, 25 % et 23 %. Dans ces pays, il a fallu en passer par des quotas. Devant la force d'inertie des entreprises, Viviane Reding commissaire européenne à la Justice, y pense aussi. « Je préférerais ne pas avoir à agir ainsi, déclarait-elle tout récemment devant 15 chefs d'entreprise venus à Bruxelles. Mais quand on voit le peu de progrès réalisés ces dernières années, on aura besoin de cinquante ans pour voir une différence. » Et d'ajouter qu'en 2015 il faudra « 30% de femmes au conseil d'administration des entreprises européennes cotées en Bourse et 40% en 2020. »

LE PRIX

 

Fort du succès de la quatrième édition, les magazines Vie pratique Féminin et LSA sont heureux de s'associer pour les Trophées 2011 Femmes de l'année de la distribution. « Cette année encore, ces trophées spécialement créés en reconnaissance des contributions professionnelles, personnelles ou citoyennes des femmes qui évoluent dans la distribution, récompensent des parcours remarquables », témoigne Nicolas Sauzay, DGA des publications PGP/Axel Springer France. Éditeur du quotidien populaire allemand Bild, PGP/Axel Springer édite en France les magazines Télé Magazine, Vie pratique Gourmand, Vie pratique Santé, Vie pratique Féminin, exclusivement vendus à la caisse des hypermarchés.

LA METHODOLOGIE

 

Dix trophées ont été décernés cette année pour récompenser les femmes de la distribution. Elles pouvaient concourir dans deux catégories : les Trophées vie professionnelle, qui récompensent les femmes excellant dans leur métier ; et les Trophées passion, qui saluent les femmes animées par une cause ou une passion. Neuf prix ont été attribués à partir d'une centaine de dossiers, dont un ex aequo dans la catégorie jeune espoir et un spécial du jury. Vous découvrirez dans les pages suivantes les portraits des gagnantes des Trophées vie professionnelle. Celles des Trophées passion sont S. Racle, conseillère de vente au Carrefour de Beaune ; V. Carreira, conseillère de vente au Carrefour d'Illzach ; S. Castro, conseillère de vente au Carrefour de Montluçon ; et N. Dessaignes, second de rayon au Auchan de Marsac Périgueux.

LES JURYS

 

Les débats des deux jurys, composés de femmes et d'hommes travaillant dans la grande consommation, ont été passionnés !

Le jury Professionnel (notre photo, avec Y. Puget et M. Picard, de la rédaction de LSA) : C. Bassot, directeur général de Sopexa ; V. Renaudin, maître de conférence à Paris Dauphine ; N. Taleb, directeur communication GS1 France ; E. de Catheu directeur exécutif Sealth Consulting ; M.-H. Pigis, responsable marketing IMB secteur distribution.

Le jury Passion A. Challon-Kemoun, directrice de la communication externe et du marketing de France Télévisions ; N. Damery, directeur marketing stratégique GS1 France ; C. Banos-Bernard, directeur délégué Canal + Licence ; G. Lefloch, directrice Unité Retail département non alimentaire Kanter World Panel ; B. Arosio, directrice de l'agence BAC ; M.-L. Sauty Chalon, PDG de auféminin.com ; et F. Prouvost, directeur de la communication FCD.

 

La parité coûte que coûte

 

En France, après plusieurs mois de débat à l'Assemblée nationale et au Sénat, les quotas ont fait leur entrée sur la pointe des pieds. La loi « relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les conseils d'administration et de surveillance », dont l'initiative revient aux deux députés Jean-François Copé et Marie-Jo Zimmerman, a été votée en début d'année et publiée au Journal officiel le 28 janvier. Les règles sont claires : toutes les entreprises de plus de 500 alariés et dont le chiffre d'affaires dépasse 50 M E devront compter 20 % de femmes dans leur conseil d'administration au terme de dix-huit mois après promulgation de la loi ; 40 % quatre ans après et 50 % d'ici à cinq ans. Et celles qui ne comptent aucune femme dans le comité des dieux ont six mois pour en trouver une. Les sanctions sont toutes aussi claires pour les contrevenants : nullité des nominations qui seraient contraires à la loi et suspension des jetons de présence. La mesure dépasse les 700 entreprises cotées. Seront concernées aussi les entreprises familiales, encore très présentes dans l'agroalimentaire.

Une femme sur douze membres au conseil d'administration de Carrefour, une femme et dix hommes à la direction exécutive de Casino, une chez Danone depuis seulement 2009, deux sur quinze au conseil de surveillance d'Auchan... Les acteurs de la grande consommation ne font guère mieux que la moyenne des entreprises françaises. Même si certains d'entre eux ont commencé à anticiper. Ainsi PPR, qui a miraculeusement trouvé trois femmes pour entrer dans le saint des saints au printemps dernier. Résultat : désormais, quatre femmes siègent au conseil d'administration, soit 25 % des forces en présence. L'Oréal et Pernod-Ricard ont également accéléré le mouvement. La première compte 20 % de femmes dans son conseil d'administration ; la deuxième, avec trois femmes sur quatorze membres, atteint quasiment la barre requise. Des chiffres encore loin d'un Ikea, qui, avec sept femmes sur douze au comité de direction en France, bat des records. L'origine du groupe y est pour beaucoup.

Cette parité vue d'en haut a surtout valeur de symbole. Un escalier ne se balaie-t-il pas toujours en partant du haut ? En la matière, rien ne vaut l'exemplarité. Anne-Sophie Segenreich, responsable ressources humaines pour la région Est chez Leroy-Merlin, n'en doute pas : « Plus on a de femmes chefs de secteur, plus cela inspire les autres. » « Augmenter la part des femmes dans l'encadrement a valeur d'exemple », renchérit Nathalie Cornudet-Lafont, directrice du développement des ressources humaines chez Casino. « Chaque fois que j'ai changé de tiers-temps [le temps consacré chaque semaine à une autre activité - NDLR], j'ai souhaité être remplacée par une femme », ajoute Marie-Noëlle Lefèbvre, adhérente d'un Intermarché à Buc, dans les Yvelines et figure du groupement des Mousquetaires.

 

 

Pourquoi le 8 mars

 

Le début du XXe siècle est agité par de nombreuses manifestations et luttes ouvrières des femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l'égalité entre hommes et femmes. De nombreuses origines sont attribuées au 8 mars. Pour certains, la création d'une Journée internationale des femmes a été proposée en 1910 par Clara Zetkin lors de la conférence internationale des femmes socialistes. La date n'est tout d'abord pas fixée, et ce n'est qu'à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint- Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place. Pour d'autres, ce n'est pas le 8, mais le 25 que la Journée internationale des droits de la femme devrait être commémorée. En effet, l'événement historique (et tragique) auquel fait référence ce jour s'est déroulé le 25 mars 1911 dans une usine de New York. 146 personnes - la plupart des jeunes femmes d'origine italienne et juive de l'Europe de l'Est - décèdent dans l'incendie de l'usine, enfermées par leurs patrons, Max Blank et Isaac Harris. Ces derniers s'en sortirent en dédommageant les familles endeuillées de 75 $. La Journée internationale des droits de la femme est officialisée le 8 mars 1977 par l'Organisation des nations unies.

 

Surtout présentes... en bas de l'échelle

 

Dans le secteur de la distribution, les femmes ne manquent pas... en bas de l'échelle. Selon le rapport social de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), les deux-tiers des employés sont des employées, une prépondérance inversement proportionnelle chez les cadres, où les femmes restent sous-représentées (28 %). Les directrices de magasin se comptent sur les doigts d'une main : quatre sur cent seize chez Auchan par exemple.

 

 

Un volontarisme qui s'avère efficace

 

Pour amorcer une logique vertueuse, les distributeurs cherchent à rétablir l'égalité hommes-femmes d'abord dans leur politique de recrutement. Un pari facile à réaliser en apparence quand on sait que 60 % des jeunes diplômés universitaires sont des femmes. Dans son programme Jeunes Talents, qui permet à Casino de recruter chaque année 120 jeunes diplômés, l'enseigne veille à respecter l'égalité des sexes. « Il s'agit de gérer l'avenir du groupe, les cadres dirigeants de demain, par des mesures déterminées », explique Yves Desjacques, directeur des ressources humaines du groupe stéphanois.

Tout le débat est là. Faut-il imposer à tout prix des femmes à toutes les fonctions pour faire avancer la parité ? La discrimination positive pourrait bien s'avérer négative « La compétence prime bien sûr, répond sans hésiter Laurence Fornari, responsable diversité mission handicap au sein du groupe. À nous de mettre en place des process de ressources humaines qui garantissent l'égalité aux postes. Après, nous essayons de faire en sorte que les parcours de vie et les choix de vie favorisent l'égalité. » « Nous avons un principe : recruter pour des aptitudes et des compétences », complète Anne-Sophie Segenreich. Après, nous essayons de favoriser la mixité des métiers. Si on veut avancer, il faut embaucher plus de femmes sur des métiers dits masculins et favoriser une plus grande égalité sur les métiers de vente. » Leroy Merlin a choisi trois métiers (conseiller de vente, chef de secteur et responsable de rayon) qu'elle entend féminiser. Plutôt masculine avec 58 % d'hommes dans ses effectifs, l'enseigne veut augmenter de 5 points la part des femmes dans ces métiers dans les trois prochains années.

Les a priori ont la vie dure, les femmes aux caisses et les hommes aux manettes. Cela dit, le volontarisme paie. Mieux, chez Casino, la proportion est passée de 34 à 36 % entre 2008 et 2010. Chez Auchan, la proportion de femmes cadres a progressé de 10 points en dix ans : 35 % des cadres sont des femmes aujourd'hui contre 25% au début des années 2000. Un programme de formation destiné aux jeunes espoirs féminins a été mis en place en 2009 pour repérer les talents et, surtout, les encourager à évoluer dans l'entreprise. Trente jeunes pousses prometteuses sont identifiées par an. « Elles sont toutes membres des comités de direction au sein des magasins et sont appelées à devenir directeurs », précise Laurence Fornari. Un club très privé même, What'elles?, permettra à partir de ce mois-ci aux femmes d'Auchan qui ont des postes à responsabilité de constituer un réseau lors de rencontres régulières.

Une fois embauchées, l'enjeu est de les garder. Les trophées décernés par LSA, en partenariat avec Axel Springer (lire les portraits) montrent bien que les femmes démarrent souvent jeunes. Très jeunes. Comme Mélanie Filliat (prix spécial du jury) qui, à 30 ans, dirige un hypermarché, ou, dans la catégorie jeune espoir, Amandine Pamart et Nelly Vuarant, qui sont tombées très tôt dans la marmite de la distribution.

 

Les salaires, premier facteur d'iniquité

C'est après, une fois que l'équilibre vie professionnelle-vie privée entre en ligne de compte que les choses se compliquent. Que l'égalité devient alors un voeu pieux. Que les écarts salariaux se creusent, les femmes étant pénalisées lors de leurs congés maternité ou parental. Éternel dilemme. Comment justifier que les femmes gagnent encore de 5 à 13 % de moins que leurs homologues masculins aux mêmes postes ? Les chiffres qu'a obtenus LSA auprès de l'Observatoire des salaires sont éloquents (p. 72).Non seulement les écarts oscillent entre un et deux chiffres, mais ils se creusent. « En 2010, la différence moyenne de salaire entre les hommes et les femmes atteint 22 %, tous secteurs confondus, alors qu'en 2007, elle était de 19,9% », précise Marc Van Lul, directeur du développement de l'Observatoire des salaires. Et plus les fonctions sont élevées, plus le fossé se creuse. L'écart atteint 10 à 13 % pour un directeur d'hypermarché ou de supply chain. Où sont passés les engagements des enseignes, qui jurent qu'il n'y a pas de différence de salaire à poste égal, ou tout au plus 5 % ? « À la DRH, nous cantonnons chaque année une somme pour compenser les écarts de salaire, assure Yves Desjacques. En 2009, c'était 500 000 € et en 2010, 300 000 €, preuve que les écarts se tassent. »

Et les autres alors ? Toutes celles qui n'ont pas de fonctions importantes et qui doivent concilier horaires de travail, pénibilité et vie familiale. Les enseignes ont toutes peu ou prou signé des chartes. Le contenu est souvent le même : entretiens au départ et au retour de congé maternité, accompagnement et remise à niveau lors d'un retour après congé maternité ou parental, temps partiel choisi et non subi. Mais il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. « Il y a beaucoup d'autolimitation, note Anne-Sophie Segenreich. J'ai des responsables de rayon qui ont les compétences pour devenir chef de secteur et qui ne le souhaitent pas. » Auchan l'a constaté dans une enquête réalisé en 2008 auprès de 4 000 de ses cadres. 10 % des hommes souhaitaient devenir directeur de magasin et seulement 4 % de femmes. Une certaine preuve de sagesse pour certains, un manque d'ambitions pour d'autres. Le choix de la raison surtout, qui pose la question de la double carrière : pour devenir directeur de magasin, il faut souvent accepter de changer de ville. Comment, alors, accompagner la mobilité du conjoint et d'une famille ? Une question à laquelle devront répondre les entreprises si elles veulent promouvoir les femmes.

Florence Buccaro, militante de l'égalité

 

  • Directrice générale d'hypermarché de LECLERC
  • 46 ans
  • Son univers - Supermarché Leclerc de Marseille Sormiou,
  • 5 500 m2
  • 260 salariés
  • Trophées 2011 FEMMES DE L'ANNÉE DE LA DISTRIBUTION dirigeante de magasin

 

UN PROVERBE DIT : « DERRIÈRE CHAQUE GRAND HOMME, IL Y A UNE GRANDE FEMME. » Florence Buccaro incarne à la perfection ce modèle féminin à la fois robuste et délicat. Elle dirige depuis 2005 le centre Leclerc de Marseille Sormiou aux côtés de son époux Rosario Bucarro. « Le projet de reprise de ce supermarché était un peu fou au départ. Il s'agissait d'un magasin sous une autre enseigne implanté depuis longtemps sur une zone de chalandise réputée difficile et qui n'avait jamais vraiment performé », raconte Florence Bucarro. Elle met alors au point une stratégie d'insertion du magasin dans le tissu local autour de plusieurs axes : recrutement local, soutien aux écoles et aux associations situées à proximité et adhésion au Comité d'intérêt de quartier. Les résultats sont rapidement là ! Le chiffre d'affaires a quintuplé depuis l'ouverture et il devrait encore progresser de 10 % cette année. Le secret du succès ? Vingt-cinq ans d'expérience dans le commerce et la grande distribution associés à un management dicté par la justesse et l'impartialité où elle donne au quotidien l'exemple à suivre à ses équipes. Son époux, qui ne tarit pas d'éloge à son sujet, dit d'elle qu'elle dirige les équipes « d'une main de fer dans un gant de velours ». Il ajoute : « J'aurais peut-être réussi ce projet de reprise tout seul, mais jamais aussi bien qu'avec elle. »

 

Mélanie Filliat, promise à une grande carrière

 

Directrice d'hypermarché de CARREFOUR

  • 30 ans
  • Son univers - Hypermarché Carrefour de Saint-Malo (35) :
  • 8000 m2 - 220 salariés
  • - 65 M € de CA hors essence
  • Trophées 2011 PRIX SPÉCIAL DU JURY FEMMES DE L'ANNÉE DE LA DISTRIBUTION dirigeante de magasin.
  • 8 000 M2
  • 65 M € DE CHIFFRE D'AFFAIRES ET 220 PERSONNES...

 

C'est le terrain de jeu sur lequel évolue Mélanie Filliat à seulement 30 ans. Elle dirige l'hypermarché Carrefour de Saint-Malo (35) depuis août dernier, mais elle est rentré dans le groupe Carrefour en juin 2004. D'abord directrice d'un supermarché Champion à Aigueperse (63), puis à Bourges Cap Nord (18), elle prend son premier poste de directrice d'hyper en octobre 2008, à Lesparre-Médoc (33), avant d'intégrer le magasin de Saint-Malo il y a quelques mois. Principaux défis de ce nouveau poste : retrouver la croissance après les travaux du magasin achevés mi-2010 et de conduire le changement du plan de transformation de l'enseigne. Cela ne semble pas la décontenancer : « Mon métier me passionne, et c'est une chance. Manager des équipes et développer la croissance d'un centre de profits est pour moi un moteur », explique-t-elle. Diplômée d'un baccalauréat ES en 1999, elle a poursuivi ses études par l'École supérieure de commerce de Clermont-Ferrand (63),où elle a également effectué un semestre de spécialisation à l'université Tec de Monterrey, au Mexique, en marketing international et communication. Pour l'avenir, elle aspire à poursuivre son évolution au sein du groupe Carrefour à travers des postes à fortes responsabilités.

Karine Bottarel, ou l'exemplaire ascension professionnelle

 

Manager département non alimentaire à CASINO

  • 28 ans
  • Son univers - Hypermarché Casino de Fenouillet (31) : 10 000 m2
  • - 35 % du chiffre d'affaires réalisé sen non-alimentaire
  • - 50 personnes sous sa responsabilité
  • Trophées 2011 FEMMES DE L'ANNÉE DE LA DISTRIBUTION Manager
  •  

28 ANS ET DÉJÀ MANAGER DU DÉPARTEMENT NON ALIMENTAIRE D'UN HYPERMARCHÉ. Cette ascension professionnelle est exemplaire, mais rien n'est dû au hasard. « Karine est une jeune femme bourrée d'énergie, dynamique et compétente. À cela s'ajoute un certain talent pour manager les équipes tout en douceur », note Jean-Marc Zammit, directeur de l'hypermarché Casino de Fenouillet, où elle est en poste depuis septembre 2009. Diplômée d'un baccalauréat profession commerce en 2002, elle reçoit cette année-là le premier prix du Concours général des métiers dans la spécialisation commerce. Cette distinction lui permet de rencontrer le groupe Casino, qui lui propose un poste de chef de rayon junior textile au magasin de Toulouse Basso Cambo (31). Elle y fera ses classes, puisque, dès 2004, la responsabilité de l'univers textile lui est confiée, avec comme défi de taille d'implanter le nouveau concept discount du groupe. En janvier 2005, le nouveau concept Géant Discount ouvre ses portes. C'est un succès. « Le jour de l'ouverture restera gravé dans ma mémoire. Des centaines de personnes sont venues découvrir le magasin, et moi, j'avais réussi à réaménager 100 % du rayon et à fédérer mon équipe autour d'un projet commun », note Karine Bottarel. Un an plus tard, en avril 2006, le groupe lui confie le poste de manager des rayons bazar LS. Elle dirige alors une équipe de cinq personnes. En septembre 2009, elle quitte le magasin pour le Géant de Toulouse Fenouillet, où elle est manager des rayons loisirs, puis des rayons maison en janvier 2010. En septembre dernier, elle prend le poste de manager non alimentaire et dirige 50 personnes.

Anne Saintemarie au coeur du groupe

 

Exploitante avec son mari de 4 magasins LES MOUSQUETAIRES au Portugal

  • 39 ans
  • Son univers - Dirige 160 salariés et n'exclut pas d'ouvrir des magasins supplémentaires pour consolider ses parts de marché
  • Trophées 2011 FEMMES DE L'ANNÉE DE LA DISTRIBUTION International

 

« ANNE SAINTEMARIE A RÉUSSI LE PARI DE FAIRE SA PLACE DANS UN GROUPEMENT TRÈS MASCULIN, QUI PLUS EST AU PORTUGAL, OÙ LES FEMMES OCCUPENT RAREMENT DES POSTES À RESPONSABILITÉ. » Béatrice Amblard, l'adhérente Intermarché qui la parraine, ne prononce pas le mot machisme. Mais le coeur y est... Anne Saintemarie préfère parler de ce que les femmes peuvent apporter à une entreprise : « Nous sommes plus directes, moins politiques que les hommes et nous avons un esprit plus cartésien, qui nous permet d'aller à l'essentiel. » C'est ce qu'elle s'attache à faire à la Direction commerciale alimentaire (DCA) d'Intermarché, à la tête de laquelle elle a été nommée il y a dix-huit mois dans le cadre du tiers temps que les adhérents consacrent au mouvement. « Avec 230 collaborateurs et 1,5 Mrd E de chiffre d'affaires, la DCA est le coeur de l'activité du groupe. » Cela ne l'empêche pas de continuer à passer deux jours par semaine « sur le terrain », dans les quatre magasins (deux de 2 000 m2 et deux de 600 m2) qu'elle exploite avec son mari à Lagos. Le couple a pris la direction du Portugal en 1996, après le cycle de formation de l'Escad, où ils se sont connus, et un an de stage dans des magasins français. « Nous sommes partis après l'adoption de la loi Raffarin, qui bloquait beaucoup de projets. Avec 176 adhérents et 230 points de vente, le Portugal est vraiment l'Eldorado du groupe Intermarché ! » Anne Saintemarie et son mari n'excluent pas d'y ouvrir d'autres magasins « si c'est nécessaire pour défendre nos parts de marché sur notre zone de chalandise. Lagos est une petite ville d'Algarve dont la population explose durant la saison touristique ». Elle ne regrette pas un instant la carrière de chercheur à laquelle la destinait son doctorat de biochimie. « J'ai tout plaqué pour intégrer l'Escad. Fille de commerçants, je rêvais moi aussi de devenir chef d'entreprise. » Son choix a surpris ses proches. Elle a, au contraire, eu l'impression de se trouver.

Amandine Pamart, « la plus jeune qui... »

 

Chef de secteur caisses à AUCHAN VILLENEUVE-D'ASCQ

 

  • 26 ans Son univers
  • Dirige 270 personnes avec des horaires variables et beaucoup de temps partiels
  • Trophées 2011 FEMMES DE L'ANNÉE DE LA DISTRIBUTION Meilleur espoir EX-AEQUO
  • NOMMÉE CHEF DU SECTEUR CAISSES D'AUCHAN VILLENEUVE-D'ASCQ À 25 ANS

 

AMANDINE PAMART EST LA PLUS JEUNE FEMME JAMAIS PROMUE À UN TEL POSTE. Ce qui ne l'émeut pas plus que cela : elle commence à avoir l'habitude d'être « la plus jeune qui... ». Pour financer ses études, elle commence aux caisses de Carrefour Euralille. Elle occupe tous les postes, si bien que le jour où elle décroche son master en business international, l'enseigne lui propose le poste de chef de caisses. « À 23 ans, je ne me voyais pas encadrer 175 personnes sans une solide formation en management. » Le cursus de Carrefour ne la convainc pas. « J'ai eu le sentiment que l'Ecole des managers d'Auchan me donnerait une assise plus solide. » Ça tombe bien : l'enseigne lui propose un poste de stagiaire chef de caisse à Villeneuve-d'Ascq. À l'issue de sa formation, son responsable RH lui offre de reprendre les rayons charcuterie, fromage et traiteur. Elle découvre une autre facette de son métier : « Un management plus personnalisé, avec 22 personnes à encadrer, et, ce qui était nouveau pour moi, le commerce. » Elle vient de franchir une nouvelle étape : « Mon directeur m'a proposé de passer une journée d'assessment pour voir si j'étais apte à devenir responsable de secteur. » C'était en décembre dernier, vingt mois seulement après son arrivée en rayon. « Dès le lendemain, on m'a offert de devenir responsable du secteur caisses ; depuis le 1er janvier, je suis à la tête d'une équipe de 270 personnes ! » Cette fois, la jeune manageuse aimerait prendre un peu son temps, histoire de « récolter les fruits semés ».

Nelly Vuarant, la passion de l'alimentaire

 

Chef du secteur « stands » (boucherie, traiteur, poissonnerie, boulangerie, fruits et légumes à AUCHAN

  • 29 ans
  • Son univers
  • Membre également de l'équipe de direction, elle encadre une centaine de personnes de plusieurs rayons stratégiques
  • Trophées 2011 FEMMES DE L'ANNÉE DE LA DISTRIBUTION Meilleur espoir EX-AEQUO

 

À 29 ANS, NELLY VUARANT A DÉJÀ ONZE ANS DE MAISON. ELLE DÉBUTE EN DÉCEMBRE 1999, à l'âge de 18 ans, en tant que démonstratrice au rayon poissonnerie du magasin de Tours. Un an plus tard, Auchan l'intègre en CDI avec un contrat de vingt heures par semaine, toujours au rayon poissonnerie. « J'ai tout de suite adoré cette ambiance, tellement vivante ! » Quand elle décroche sa maîtrise, en 2004, Nelly souhaite poursuivre ses études en région parisienne tout en restant chez Auchan. « J'ai préparé mon Master 2 en alternance, au service du personnel de la Défense. » Un magasin qu'elle n'a plus quitté depuis. Mais elle est « redescendue » dans les rayons. « À la fin de mon cursus, en août 2005, on m'a proposé de devenir manager du rayon bébé. J'ai été ravie de retrouver la vie du magasin ! » Abandonnées, les ressources humaines ? « Ma formation m'est très utile pour encadrer les équipes et bien préparer mes dossiers. Mais j'avoue être accro à la vie en magasin. » Tout particulièrement dans les rayons alimentaires, « les plus dynamiques à mes yeux ». Inutile de dire qu'elle a sauté de joie ce jour de novembre 2009 où on lui a proposé de devenir chef du secteur « stands », qui regroupe les rayons boucherie, traiteur, boulangerie, pâtisserie, fruits et légumes... et son cher rayon poissonnerie. Elle encadre désormais une centaine de personnes. Membre de l'équipe de direction, elle est tout de même consciente de ses responsabilités : « Avant de prendre ce poste, j'ai suivi une formation produits, car je suis sur des rayons avec un enjeu en matière de sécurité alimentaire. » Sans se prendre pour un boucher ou un boulanger, elle a besoin de comprendre le métier de ses collaborateurs et de les accompagner sur le terrain... quitte à arriver au magasin à 5 ou 6 heures du matin pour côtoyer les équipes de nuit (les boulangers notamment), qui partent à 7 h 30. Un sacerdoce ? Plutôt une drogue dure !

 

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Article extrait du magazine N° 2172

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