L'informatique vestimentaire prend corps

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Bracelets fitness, montres GPS et bientôt lunettes intelligentes et montres à tout faire... Après les téléphones et la tablette, la nouvelle révolution high-tech sera-t-elle celle des accessoires ? Les réponses.

« OK Glass, prends une photo, partage-la avec mes amis sur les réseaux sociaux. » Voilà le genre de phrases qu'on pourrait

L'informatique vestimentaire, c'est quoi ?

C'est le stade ultime de la miniaturisation (avant peut-être la greffe de puces dans le corps). Après l'ordinateur, les tablettes et les smartphones, l'informatique s'apprête à envahir les accessoires du quotidien. Montre (Apple), lunettes (Google), lentilles (Microsoft)... les géants du high-tech planchent tous sur de nouveaux débouchés avec un même objectif : dégoter le successeur du smartphone.

 

souvent entendre dans les rues dans les prochaines années. Prononcées par des individus au look de voyageur du futur, des montures transparentes sur le nez projetteraient devant leurs yeux des images en réalité augmentée. Ces lunettes - les Google Glass - sont le produit qui fait le plus fantasmer la planète high-tech.

Smartphone à l'oeil

L'AVIS DE L'EXPERT

« Créer de vrais nouveaux usages » David Mignot, directeur général de Sony Mobile France

A l'heure où beaucoup parlent de montres connectées et ont les yeux braqués sur une certaine marque, nous avons été les premiers à lancer le concept avec notre SmartWatch, et nous lançons en septembre la deuxième génération. Si elle reste évidemment associée au smartphone, elle gagne en indépendance puisqu'elle embarquera un système Android, certes allégé, pour notamment télécharger des applications. C'est en créant de vrais nouveaux usages, comme l'ont fait les smartphones que ce type d'accessoires décollera.

Propos Recueillis par F. BI.

L'impressionnante vidéo de démonstration « How it Feels [through Google Glass] » postée, en février, par l'américain sur son compte YouTube cumule les 21 millions de vues, et il ne se passe pas un jour sans que la presse ne parle de la future petite merveille de Google. De quoi s'agit-il ? Ni plus ni moins qu'un smartphone à porter sur les yeux qui diffuse les informations en surimpression sur le verre via un prisme. Le tout doté d'une connexion (wi-fi et Bluetooth pour les connecter au smartphone), d'une capacité de stockage de 16 Go, de l'OS Android et d'un micro pour les commander avec la voix. Déjà disponibles pour quelques développeurs d'applications (Google les vend 1500 $), elles devraient être officiellement lancées auprès du grand public, en 2014, pour un tarif estimé à 500 $, selon les analystes. Soit le prix d'un iPad.

Si Google n'est pas pionnier en la matière, il ne fait pas de doute que ses lunettes devraient marquer le vrai coup d'envoi pour ce marché naissant des accessoires connectés. Car après Mountain View - siège de Google -, tous les regards vont se tourner vers Cupertino, d'où l'on attend la fameuse iWatch, la montre connectée d'Apple, qui ne devrait pas être présentée avant 2014. Le coréen Samsung vient de prendre tout le monde de vitesse en présentant sa montre Galaxy Gear à l'IFA de Berlin (6 au 11 septembre). Un appareil Android qui sortira avant la fin de l'année. Montres, lunettes, mais aussi lentilles avec Microsoft, tee-shirts comme ceux de l'américain CuteCircuit ou encore chaussures (Google toujours), les géants de l'électronique après avoir conquis nos poches et nos salons auraient-ils jeté leur dévolu sur nos dressings ? Cela ne fait aucun doute pour les analystes de Gartner. « Nous entrons dans l'ère de l'informatique vestimentaire, estime Van Baker, analyste à l'institut de recherche technologique. Les gens vont se déplacer avec des appareils personnels en contact avec leur corps et auront des outils qui communiqueront entre eux et avec internet. »

Maturité technologique

Ce marché devrait représenter 30 millions de pièces au niveau mondial dès cette année, d'après le cabinet Forrester Research, et

Dans le futur

Google Glass et iWatch d'Apple alimentent la chronique depuis des mois. Les premières, qui projettent en réalité augmentée toutes sortes d'informations, devraient sortir d'ici à 2014, au tarif estimé de 500 $. La seconde, qui constitue le premier projet d'envergure d'Apple depuis la disparition de Steve Jobs et dont on ne sait encore rien, ne devrait pas être lancée avant 2014. Tout comme les lentilles intelligentes de Microsoft, un système dévoilé en 2012, qui permet notamment de faire des check-up en temps réel en contrôlant divers signes vitaux (sang, rythme cardiaque...).

devrait doubler en 2014. Pour Juniper Research, les accessoires connectés devraient, l'année prochaine, générer un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de dollars. Chiffre qui devrait tripler d'ici à 2017, selon le cabinet. Pourquoi cet engouement ? Pour les industriels, la réponse est simple : il s'agit ni plus ni moins que de préparer l'après-smartphone. Toujours en forte croissance, le téléphone à tout faire s'apprête à passer de la phase de décollage à celle de la maturité, avec des ventes qui pourraient dans les années à venir se stabiliser. Les positions risquant au passage de se figer avec un tandem archidominant, Samsung-Android, et un Apple qui maintient ses positions dans le haut de gamme. Lunettes, montres et tee-shirts pourraient être ce futur champ de bataille. Surtout que la technologie de miniaturisation le permet désormais. Il y a quelques années, le « hardware » embarqué dans les Google Glass (50 g) n'aurait tenu que dans un PC de plusieurs kilos. Pas facile à porter sur le nez. Mais la miniaturisation n'explique pas tout. Il y a aussi la maturité des consommateurs, juge les experts. À force d'utiliser smartphones, tablettes et autres produits connectés, ces derniers seraient devenus adeptes du tout technologique.

Données personnelles

Le potentiel

30 millions

d'appareils « portables » devraient être livrés dans le monde cette année
Source : Forrester Research

1,5 Mrd $

de chiffre d'affaires dans le monde pour l'informatique vestimentaire en 2014. Ce marché est estimé à 4 milliards de dollars en 2017

1 million

de Smartatch devraient se vendre en 2013 et 36 millions d'ici à 2018
Source : Juniper Research

Un exemple avec les bracelets de fitness dotés d'une puce, qui enregistrent les performances de ceux qui les portent ainsi que toutes sortes de données physiologiques (rythme cardiaque, cycles de sommeil...). Aperçus lors du salon CES de Las Vegas en 2012 et lancés en France en 2013, ces bracelets rencontreraient déjà un franc succès. Ce qui n'étonne pas le fondateur de Jawbone, un pionnier du bracelet fitness intelligent. « Il existe un appétit énorme, chez les consommateurs, pour les données personnelles et la découverte de soi, et la demande va continuer à grandir », déclarait, il y a quelques semaines, Hosain Rahman dans la presse américaine. Basée à San Francisco et spécialisée dans les accessoires informatiques et mobiles, Jawbone a lancé en 2012 son premier bracelet UP. Celui-ci est notamment utilisé dans un programme de téléréalité, dans lequel des participants en surpoids doivent maigrir le plus possible.

Et qui dit santé/bien-être dit aussi sport. Depuis quelques mois fleurissent dans les magasins d'équipement sportif les montres GPS.Un marché en plein boum, lui aussi, puisqu'il devrait s'en vendre quelque 100 000 cette année en France, selon les fabricants. Un marché sur lequel s'est lancé cet été le champion européen du navigateur GPS TomTom. Après avoir fabriqué un modèle pour Nike, le hollandais sort cette fois sous sa propre marque les TomTom Runner et TomTom Multisport (vendus à 149 €). « C'est un produit qui peut, de par ses tailles et ses nombreuses fonctionnalités, apporter une vraie valeur ajoutée », explique Sébastien Delhome, directeur général de TomTom France.

Applications originales

L'ambition est la même chez Sony qui s'apprête à lancer sa SmartWatch 2, nouvelle version de sa montre Bluetooth connectable autéléphone. « La montre n'est pas que le prolongement du smartphone, analyse Laurent La Rocca, directeur marketing de Sony Mobile France. Pour convaincre les consommateurs, nous avons intégré une version allégée d'Android pour lui permettre d'avoir des applications originales comme de la géolocalisation, la possibilité de faire sonner son smartphone quand on l'a perdu ou de faire des photos à distance en contrôlant l'appareil depuis sa montre... »

Car pour que l'informatique vestimentaire séduise, elle devra éviter deux écueils. Le premier : n'être qu'un prolongement du smartphone. Soit n'apporter aucune valeur ajoutée dans l'usage. Le smartphone a ainsi décollé quand l'iPhone est sorti avec ses applications. Auparavant, les appareils disponibles (notamment sous Windows) n'étaient que des PC sur petit écran. Les différentes vidéos de démonstration des Google Glass sont sur ce point plutôt convaincantes.

Second obstacle à éviter : celui de l'intrusion dans la vie privée. Lunettes, montres et autres tee-shirts sont équipés de caméras et d'appareils photo pas toujours bien vus en société. Les utilisateurs pourraient ne pas oser les porter. « L'informatique vestimentaire doit être discrète et apparaître comme une extension naturelle du corps », croit Asim Smailagic, directeur d'un laboratoire de recherche sur l'informatique vestimentaire à l'université de Pennsylvanie. Pour vivre heureux, vivons cachés, l'informatique vestimentaire a peut-être déjà son slogan.

Ce qui existe

Certains fabricants n’ont pas attendu l’iWatch d’Apple ou les Google Glass pour attaquer ce marché avec des produits qu’on pourrait classer en trois catégories.

Santé/bien-être

Il s'agit de bracelets électroniques, dotés de puces qui calculent et analysent le nombre de pas effectués, les distances parcourues, les calories brûlées ou les cycles de sommeil... Le tout en liaison avec son smartphone via une application. Le Fuelband de Nike (ci-dessus), le Up de Jawbone ou le Flex de Fitbit (ci-contre) entrent dans cette catégorie.

Sport

Versions améliorées des bracelets précédents, ces montres sont en plus dotées de capteurs GPS et d'écrans qui permettent de mesurer sa progression sur un parcours de course à pied par exemple. TomTom, avec ses modèles Runner et Multisport, et Nike, avec sa SportWatch, proposent les modèles les plus accessibles à des tarifs inférieurs à 200 €.

Accessoire et textile intelligents

Avoir un smartphone au bout du poignet ou un ordinateur sur le dos, c'est ce que propose déjà des marques comme Sony avec sa SmartWatch (déjà la deuxième génération) ou l'américain CuteCircuit avec son TshirtOS. En fait, il ne s'agit encore pour l'heure que d'extensions des smartphones : la montre de Sony, qui est un écran déporté de son smartphone, permet surtout de consulter mails et SMS, et le tee-shirt d'afficher des messages sur le torse (un usage limité en dehors de boîtes de nuit...).

 

Réagir

Pseudo obligatoire

Email obligatoire

Email incorrect

Commentaire obligatoire

Captcha obligatoire

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2286

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
media
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA