Marchés

La clémentine de Corse, venue d'Algérie, renaît en France

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La filière, chahutée dans les années 90, a depuis opéré un travail de valorisation du fruit… pour devenir aujourd’hui un des chouchous des agrumes en rayons !

L’histoire avait pourtant bien mal commencé. La clémentine de Corse, commercialisée massivement depuis les années 60, s’exporte de plus en plus dans les années 90. À cette époque, près d’un tiers de la production se retrouve ainsi sur des étals italiens, belges et même anglais… Mais le pays roi de la pizza subit de plein fouet une dévaluation de sa monnaie. Ajoutez à cela l’Espagne qui, arrivée depuis peu dans le marché ­commun européen, devient une sérieuse concurrente, moins chère, à la pépite corse. Les producteurs de l’île de Beauté, découragés, retardent les investissements dans leurs plantations…

Pour enrayer cette spirale, en 1998, la filière prend le problème à bras-le-corps et se réunit. À l’issue de ce rendez-vous crucial, une des solutions retenues pour sauver le fruit est de s’engager, avec l’appui de l’Europe, dans une démarche de valorisation du produit. Le premier signe de ce virage opéré est la naissance de l’Association de promotion et de défense de la clémentine de Corse (Aprodec). Le dossier tout en haut de la pile pour cette association, c’est bien sûr la constitution d’un cahier des charges pour obtenir un précieux sésame : l’indication géographique protégée (IGP). À coup de réunions hebdomadaires, celle-ci est obtenue en 2007.

 

Des feuilles et un « cul vert »en guise de distinction

Ce qui différencie la clémentine de Corse est désormais inscrit : le fruit est mûri sur l’arbre, il ne passe donc pas en chambre froide. De plus, il ne subit aucun traitement chimique après la récolte. En rayons, ses défauts passés deviennent autant de moyens de le distinguer. Ces feuilles fraîches accrochées au pédoncule prouvent l’absence de passage en chambre froide. Son « cul vert » ­– surtout marqué au début de la récolte, quand les amplitudes thermiques qui créent la couleur orange sont encore faibles – distingue facilement le fruit des autres agrumes. « Nous avons aussi la chance d’avoir la seule clémentine française. C’est aujourd’hui un vrai atout pour nos consommateurs » assure Jean-Paul Mancel, président de l’Aprodec. Ces consommateurs, qui sont-ils ? Fini les expéditions en Europe, 99% de la récolte sont « exportés sur le continent ». La clémentine « made in France » ravit donc les clients de l’Hexagone. La Suisse et l’Allemagne commencent aussi à s’intéresser à cet agrume.

Mais les premiers à s’être régalés avec ce fruit sont les Algériens, à la fin du xixe siècle. L’origine de cette trouvaille demeure confuse. Pour certains, l’agrume serait le fruit de la création d’un botaniste qui a croisé une orange douce et une mandarine. Pour d’autres, ce serait une découverte fortuite de Vital Rodier, appelé frère Clément par les catholiques. Il aurait surpris les bambins de l’orphelinat d’Oran en train de se délecter avec... Toujours est-il qu’aujourd’hui, la « mandarinette » n’est plus, rebaptisée par le frère Clément… clémentine.

En dates

1900 Découverte de ce fruit en Algérie parle frère Clément

1925 Le premier clémentinier est planté en Corse

1999 Créationde l’Aprodec

2007 Obtention de l’IGP

2014 Obtention du label Rouge, (près de 20%de la production)

En chiffres

17 000 à 34 000 tonnes de production moyenne/an

90% de la productionsont sous IGP

8% la partde ce fruit dans la consommation d’agrumesen France

Sources : Aprodecet Kantar Worldpanel

 

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