Marchés

Les 3 piliers de la croissance de la filière agro-alimentaire française

YVES PUGET |
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Croissance atone, rentabilité en déclin, peu de visibilité sur l’avenir, le marché de l’agro-alimentaire connaît cette année des conditions particulièrement difficiles et surtout incertaines, démontre l’étude de la filière agro-alimentaire publiée par le cabinet Oliver Wyman en partenariat avec l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires) à l’occasion du Salon International de l’Alimentation (SIAL).En manque de visibilité et de confiance sur le marché français, la filière agro-alimentaire parie sur trois axes pour dynamiser la croissance à l'avenir. 

"La première clé de notre croissance, c’est une innovation", JP Girard (Ania)
"La première clé de notre croissance, c’est une innovation", JP Girard (Ania) © photos laetitia duarte

« Face à un contexte de marché difficile et à l’érosion des marges, les industries agro-alimentaires françaises privilégient de plus en plus pour leur développement l’international, le renforcement de la relation avec le consommateur final en particulier au travers du digital  et les produits du terroir de première qualité », commente Xavier Ruaux, Partner en charge de l’agro-alimentaire au cabinet Oliver Wyman et co-auteur de l’étude. Premium, digital et international : voilà les trois grands piliers de croissance !

Contexte difficile en France
Plus d’un tiers des acteurs de la filière agro-alimentaire (33 %) déclarent n’avoir aucune visibilité sur leur avenir révèle l’enquête menée auprès des dirigeants de plus de 40 entreprises représentatives de la filière agro-alimentaire en France et de près de 15 % du marché français. La guerre des prix avec la grande distribution, la volatilité du cours des matières premières et l’accumulation des contraintes réglementaires ont érodé la marge brute des acteurs qui ont enregistré une baisse de 2 points de leur rentabilité dans un contexte de croissance modérée (+ 1,3 % de croissance annuelle entre 2011 et 2013).

Opportunités de croissance à l’international
Faute d’opportunités de croissance en France, les acteurs interrogés parient sur l’international pour bénéficier de marchés plus dynamiques. 58 % d’entre eux – grandes entreprises et ETI - ont un intérêt poussé pour le grand export (Brésil, Chine et Russie) tandis que les PME ciblent l’Europe. Quant aux leaders du marché, c’est l’Asie qui apparaît nettement comme la priorité.
Les filières les plus intéressées par la Chine sont respectivement la viande et le poisson, l’épicerie, les ingrédients et les boissons. Les structures les plus petites s’orientent vers l’exportation de produits ou le partenariat avec des entreprises locales plutôt que vers l’implantation ex nihilo plus risquée.

Miser sur le Premium
Autre source de « rebond » identifiée par les acteurs interrogés, les produits de qualité premium qui, avec les produits du terroir, sont considérés par 79 % d’entre eux comme un véritable relais de croissance contre 13 % pour le Low Cost.

Place au digital
En France, le contact avec le client final est considéré par 98 % d’entre eux comme clé pour rebondir et croître sur de nouveaux marchés au côté de l’e-commerce et des services digitaux que 64 % des acteurs interrogés envisagent de développer. Créer un sentiment d’appartenance, lancer de nouveaux services  tels que le renforcement de la traçabilité, autant d’axes stratégiques qu’envisagent les acteurs afin de reprendre le contrôle de la relation client.

Chantiers prioritaires pour optimiser les coûts opérationnels
Freinés dans l’amélioration de leurs résultats par le manque de flexibilité du droit du travail (83 % des répondants) et leur taille insuffisante face aux principaux acteurs de la grande distribution (45 %), les dirigeants de la filière font apparaître la nécessité d’optimiser les coûts tout en travaillant sur des leviers de croissance des revenus. .  Le chantier numéro 1 pour les IAA de toutes tailles et filières – cité par plus de 90 % des répondants – est la gestion du risque et des achats liés aux matières premières.  Le 2ème - + de 85 % - est l’accélération de l’innovation produits pour améliorer le « time-to-market ».

« La sécurité, la qualité et la productivité de nos produits sont au centre de nos préoccupations. La première clé de notre croissance, c’est une innovation permanente au service du consommateur pour des produits toujours plus sains, sûres et accessibles à tous. La deuxième clé, c’est le développement à l’export, et notamment sur les marchés émergents. La troisième clé réside dans la modernisation de nos outils. Pour réaliser ces ambitions, nous avons besoin d’un environnement économique et réglementaire lisible et prévisible, pour permettre à nos entreprises d’exploiter tout leur potentiel sur un marché mondialisé très concurrentiel. » déclare Jean-Philippe GIRARD, Président de l’ANIA.

 

 

 

 

 

 

Réagir

Pseudo obligatoire

Email obligatoire

Email incorrect

Commentaire obligatoire

Captcha obligatoire

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
media
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA