Les coopératives craignent la crise et la frilosité des banquiers

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Le président de Coop de France, Philippe Mangin, craint une récession et constate que les banques sont de plus en plus frileuses pour soutenir les investissements des entreprises de la coopération agro-alimentaire et agricole

La crise que traverse les banques en raison de leur exposition aux dettes souveraines va-t-elle finir par avoir des effets sur la micro-économie des entreprises ? C'est ce que craint Philippe Mangin, président de Coop de France et d'In Vivo, l'une des plus grosses coopératives céréalières. "Nous sommes très inquiets par la situation économique et financière, nos entreprises craignent la récession. Si nos projets d'investissement sont très nombreux, ils pourraient être annulés par la frilosité des banquiers qui deviennent de plus en plus exigeants vis à vis de nos projets".

Le président de Coop de France s'inquiète d'autant plus que le retour à la compétitivité des entreprises agroalimentaires n'est pas gagné, et que les restructurations, qui battent leur plein, sont loin d'être à leur terme. "Nous devons faire face à toujours plus de volatilité et de financiarisation des marchés agricoles, qui font prendre aux entreprises des risques considérables". En amont, il se plaint du manque d'organisation des producteurs et des surenchères syndicales de la FNSEA et de la Confédération paysanne, qui demandent à ce que des groupements de producteurs soient mis en face des coopératives pour négocier : "ce sont des demandes qui n'émanent pas des agriculteurs adhérant à des coopératives, et j'écoute en premier lieu nos adhérents".

Enfin, il se plaint de l'importation massives de viandes d'Allemagne, tandis que les outils d'abattage français feraient face à une baisse de 10 % ou plus des approvisionnements. "Le ministre de l'Agriculture ne voit que par l'exportation de bovins, alors qu'il faudrait aussi soutenir la consommation en France. Actuellement, on vend les bovins à l'étranger et on les retrouve en barquette de viande dans nos magasins, sans qu'ils passent par nos outils industriels à cause du coût de main d'oeuvre", explique-t-il. Du coup, il refuse de participer à un GIE Export que le gouvernement veut mettre en place.

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