Marchés

Nouvel échec pour Marks & Spencer France

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Devant les pertes accumulées, le distributeur projette de fermer ses sept magasins détenus en propre en France. Il veut se recentrer sur l’alimentaire et les partenariats avec des franchisés, comme pour les Marks & Spencer Food de la région parisienne qui, eux, vont rester ouverts.

MARK Et SPENCER SOOUEST
MARK Et SPENCER SOOUEST© © Laetitia DUARTE

Same player, shoot again. À peine cinq ans après son retour en France, qui faisait suite à une première présence de 1975 à 2001, Marks & Spencer fait de nouveau machine arrière. Le 8 novembre, à l’occasion de la présentation des résultats du premier semestre, il a annoncé le projet de fermer la totalité de ses magasins français détenus en propre, au nombre de sept, pour limiter la casse financière. La marque ne va pas disparaître, puisque les 11 petites boutiques 100 % alimentaires Marks & Spencer Food, exploitées par des franchisés en région parisienne, ne sont pas concernées par la fermeture.

Après avoir entamé une vaste étude de ses activités internationales, Marks & Spencer a dévoilé une nouvelle ligne directrice qui repose, pour ses commerces hors Royaume-Uni, sur la réduction du parc de magasins en propre, pour se concentrer davantage sur les coentreprises et les partenariats en franchise. « Au-delà des fermetures annoncées en France, le vrai sujet, c’est la restructuration d’un réseau à dominante textile, qui arrive à un point de rupture, comme tant d’autres. On réorganise le parc qui perd de l’argent, on se recentre sur la franchise, moins gourmande en capitaux. C’est une véritable phase de transformation de l’entreprise », analyse Yves Marin, directeur au sein du cabinet de conseil Wavestone. D’ailleurs, même en Grande-Bretagne, Marks & Spencer va fermer 30 magasins consacrés au textile et à la décoration, et convertir certains points de vente en enseignes exclusivement alimentaires.

Pilotage social et médiatique

En France, la greffe n’a pas pris, car, depuis le retour sur le marché hexagonal en 2011, « les magasins en propre sont déficitaires », a précisé l’enseigne dans un communiqué, qui chiffre les pertes à 26 millions d’euros pour l’exercice 2015-2016, et pointe la difficulté majeure rencontrée par Marks & Spencer. « Pour un détaillant milieu de gamme, les opportunités de croissance sont limitées dans les secteurs vêtements et maison, ce qui a pour conséquence des résultats décevants. Des coûts de fonctionnement élevés ont également contribué à ces pertes », a précisé le distributeur, qui a décliné toute demande d’interview et réserve ses interventions pour les salariés en interne. Histoire de bien piloter socialement, et surtout médiatiquement, ce projet de fermeture qui concerne 517 salariés en France (sur un total de près de 1 000 postes). En 2001, les employés avaient appris la fermeture de leurs établissements dans la presse, une erreur que le britannique ne veut pas reproduire.

Selon Yasin Leguet, délégué Seci-Unsa, syndicat majoritaire dans l’entreprise, les premières fermetures sont envisagées en novembre 2017. Elles ne concernent pas les franchisés Marks & Spencer Food, selon la direction, mais Yves Marin émet une hypothèse moins tranchée : « Les livraisons de ces magasins s’effectuent directement depuis l’Angleterre. Marks & Spencer doit respecter les contrats avec ces master franchisés. Mais sur la durée, on peut légitimement s’interroger sur l’avenir de ces magasins alimentaires. »

Passer du textile à l’alimentaire

En attendant, ce réseau « Food » est appelé à s’étendre de nouveau, avec l’ouverture prévue de quatre boutiques supplémentaires d’ici au printemps 2017. Le mouvement de fermeture n’est pas limité à la France, et s’inscrit dans le cadre d’un projet de réorganisation des activités internationales du groupe, qui vise à déplacer le curseur vers encore plus d’alimentaire. L’année dernière, les filiales détenues à 100 % par Marks & Spencer sur dix marchés (France, Chine, Belgique, Estonie, Hongrie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie et Slovaquie) ont cumulé des pertes de 50 millions d’euros, pour des revenus de 190 millions d’euros.

Pour stopper cette hémorragie, Marks & Spencer a désormais le projet de fermer les 53 magasins détenus en propre dans ces pays. L’international, qui représente 10 % des ventes de Marks & Spencer, est un pôle déficitaire pour ses propres points de vente, mais une activité rentable pour la franchise, qui a généré un bénéfice de 97 millions d’euros l’an dernier, et explique la nouvelle orientation empruntée par le groupe anglais. En 2011, pour la réouverture hexagonale en grande pompe, avec tapis rouge et top models sur les Champs-Élysées, le PDG d’alors, Marc Bolland, enthousiaste, déclarait : « Nous sommes contents de revenir, nous avons changé. » L’histoire du commerce aura prouvé que non.

Le chiffre

26 M € : les pertes accumulées en 2015-2016 par les magasins françaisdétenus en propre

Les Marks & Spencer Food détenus par des franchisés,non concernés par les fermetures

4 magasins gérés par Lagardère
Travel Retail France

 

  • Aéroport de Paris-CDG T2E
  •  Châtelet-Les Halles RER
  • Gare de l’Est 
  • La Défense

7 magasins gérés par SFH Invest à Paris

 

  •  Passy
  • Avenue du Général-Leclerc
  •  Ledru-Rollin 
  • Palais des congrès
  •  Grand Rex (Poissonnière)
  •  Saint-Michel 
  • Marché Saint-Germain

Marks & Spencer dans le monde

  • 10,6 Mrds £ (11,9 Mrds €),dont 1,1 Mrd £ à l’international
  • 466 magasinsà l’international,dont 268 franchisés
  • 58 % : la part desventes alimentairesau Royaume-Uni
  • 930 : le nombrede magasinsau Royaume-Uni

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