Tribune libre: la vérité sur l'inflation

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Jacques Dupré

Jacques Dupré, Directeur Insight chez Symphonyiri, explique dans cette "tribune" les limites des multiples études de prix qui paraissent ici ou là.

De manière récurrente, en chaque début d’année et un peu sous la forme de « marronnier », un certain nombre d’organismes privés (associations de consommateurs, presse, TV) publient leurs chiffres d’inflation pour l’année précédente.

La cacophonie est alors la règle ; la polémique sur les méthodologies et sur la fiabilité des données s’engage. Et bien sûr, la contestation sous-jacente des chiffres de l’INSEE est plus ou moins au centre des débats.

Les confusions de source sont par ailleurs nombreuses au point même qu’un support de presse attribuait récemment par erreur à l’organisme public officiel l’élaboration d’un indice sur la base de 36 produits !!

  1. Rappel sur la méthodologie SymphonyIRI pour la mesure de l’inflation en HMSM

L’objectif d’un indice des prix reste pourtant d’évaluer de la manière la plus précise possible l’évolution générale des prix, et non celle de quelques articles, dont le choix apparaît toujours, par nature, suspect.

Cette évaluation (ou cette mesure) doit donc prendre en compte l’hétérogénéité des comportements d’achats des français (produits achetés) et des magasins fréquentés.

Malgré l’importance de la lessive A, du shampooing B, de l’eau minérale C, de la marque de pâte à tartiner D, du café moulu E, de l’eau minérale F et du yaourt G sur leurs marchés respectifs, la prédétermination d’un panier-type comportant ces différentes références est toujours fortement réductrice (voire caricaturale) de nos achats individuels.

C’est pourquoi, pour le calcul du niveau d’inflation sur les produits de grande consommation, SymphonyIRI prend en compte :

  • Toutes les références entre 2 périodes de temps…
  •  …dans tous les Hypermarchés et supermarchés (en fait, près de 7000 magasins) de l’hexagone.

Au final, notre mesure de l’inflation est réalisée à partir de plusieurs dizaines de  millions d’observations (produits*magasins). Pour être précis, plus de 50 millions de données pour le calcul d’inflation d’un mois sur l’autre et plus de 40 millions d’informations pour le calcul de l’inflation à 1 an.

Ce chiffre est naturellement à mettre en relation avec les quelques dizaines de milliers de relevés dont se targuent médias ou associations (10000 par exemple pour 100 produits différents dans 100 magasins).

Par ailleurs, ce travail de calcul d’évolution sur l’ensemble de ces « couples » (produits*magasins) doit ensuite prendre en compte l’importance relative de chaque produit dans la consommation des ménages. L’évolution du prix de la très célèbre pâte à tartiner D ou de la boisson gazeuse H universellement connue et distribuée aura un impact plus important pour l’évolution générale des prix que la variation des prix sur la pâte à tartiner « x » ou de celle de la  limonade « y ».

C’est la raison pour laquelle, afin de refléter au mieux l’évolution du prix générale du panier, SymphonyIRI pondère ensuite l’évolution des prix de chaque produit par son niveau de ventes.

  1. Résultats sur la mesure de l’inflation selon cette méthodologie au mois de décembre 2012 et sur l’ensemble de l’année 2012.
  1. L’évolution des prix entre décembre 2011 et décembre 2012.

Selon notre observatoire des prix et la méthodologie précédemment décrite, les résultats sur l’inflation des produits de grande consommation en HM+SM est de +0.8%.

L’inflation a été un peu moins forte en hypermarchés qu’en supermarchés, respectivement +0.5% et +1%.

Elle est quasiment identique pour les Marques Nationales et les MDD dites classiques et nettement plus soutenue sur les premiers prix (+0.74%, +0.72% et +2.24%).

  1. L’évolution des prix entre 2011 et 2012.

Si de la même manière, et en guise de « bilan 2012 », nous voulons apprécier l’évolution des prix sur l’ensemble de l’année 2012, nos résultats font état d’une augmentation des prix de +2% en moyenne qui se déclinent en +3% au cours du premier semestre et de +1% sur le second.

Le prix des marques a augmenté de 1.5% et celles des MDD et des premiers prix au même rythme, de l’ordre de 3%.

 

  1. Confrontation de nos résultats avec ceux de l’INSEE.

L’INSEE dispose d’un indicateur d’inflation dont la définition est extrêmement proche de la nôtre, puisqu’il concerne l’évolution des prix des produits de grande consommation de la grande distribution.

Les méthodologies diffèrent bien sûr quelque peu.

L’INSEE recueille l’information à partir de son réseau d’enquêteurs qui relève le prix d’un certain nombre de produits spécifiques dans un certain nombre de magasins.

Les prix sont relevés tout au long du mois.

SymphonyIRI s’intéresse comme nous l’avons vu sur tous les produits et tous les magasins et collecte l’information électroniquement (« sorties caisses ») et en fin de mois.

Malgré ces différences méthodologiques, les données sont extrêmement proches année après année, comme le montre le tableau ci-après.

 

Inflation moyenne annuelle depuis 2007

sur les Produits de Grande consommation

 

SymphonyIRI

Insee

2007

0,5

0,8

2008

4,5

4,7

2009

0,4

0,7

2010

-0,2

-0,2

2011

1,8

1,9

2012

2,0

2,1

 

L’analyse détaillée, mois après mois confirme la très grande similitude des indices des 2 organismes.

Conclusion

Les publications récentes sur l’évolution des prix sur les produits de grande consommation émanant des associations et des medias montrent leur assez forte fragilité à la fois structurelle et conjoncturelle par rapport à la réalité objective.

Les études que nous réalisons par ailleurs sur la perception de l’évolution des prix montrent que les consommateurs ont de grandes difficultés à appréhender le niveau réel de l’évolution des prix.

Les chiffres et les commentaires qui les accompagnent sont dès lors plus source de confusion additionnelle que source réelle d’information.

 

L’analyse détaillée, mois après mois confirme la très grande similitude des indices des 2 organismes.

Conclusion

Les publications récentes sur l’évolution des prix sur les produits de grande consommation émanant des associations et des medias montrent leur assez forte fragilité à la fois structurelle et conjoncturelle par rapport à la réalité objective.

Les études que nous réalisons par ailleurs sur la perception de l’évolution des prix montrent que les consommateurs ont de grandes difficultés à appréhender le niveau réel de l’évolution des prix.

Les chiffres et les commentaires qui les accompagnent sont dès lors plus source de confusion additionnelle que source réelle d’information.

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