Un an après…

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YVES 0952.jpg© laetitia duarte

Sept février 2013, les Français apprennent que des lasagnes au bœuf, de la moussaka et du hachis parmentier contiennent de la viande de cheval. Douze mois plus tard, que reste-t-il de cette affaire Les fabricants, petits et grands, ont multiplié les contrôles, les tests et les audits. L’entreprise Spanghero peine à se relancer sous le nom de La Lauragaise. Quelque 60% des consommateurs maintiennent leur défiance envers les plats industriels. Le marché des plats cuisinés surgelés dégringole de 11% en valeur et de 13,8% en volume. La mention d’origine du bœuf, obligatoire sur l’étiquette depuis la crise de la vache folle en 1996 en France (et en 2000 en Europe), a été étendue aux autres viandes. En revanche, elle ne concerne toujours pas les plats préparés. Malgré l’engagement des pouvoirs publics, cette mention a peu de chance d’être rapidement imposée, puisque la Commission européenne ne cesse de tergiverser.

Quant aux responsables de cette arnaque, car il s’agit bel et bien d’un problème d’escroquerie et non d’une remise en cause du système de traçabilité ou d’un enjeu de sécurité alimentaire ou sanitaire, ils sont, certes, inculpés, mais pas encore condamnés. Et lorsque les responsabilités de chacun seront clairement déterminées, que risquent-ils vraiment Quelques jours après la révélation du horsegate, on évoquait ici ou là de lourdes sanctions financières, pouvant aller jusqu’à la moitié du bénéfice réalisé. Et même jusqu’à deux ans de prison. Pas suffisant. Voilà pourquoi, avec la future loi Hamon, la tromperie sera désormais punie pour un montant pouvant atteindre 10% du chiffre d’affaires et jusqu’à cinq ans de prison. Mais pour en arriver là, les enquêteurs et juristes devront s’y retrouver dans les arcanes d’une filière aux multiples intermédiaires, hommes de paille et sociétés écrans… Fort heureusement, le projet de loi prévoit aussi un renforcement des moyens de contrôle (article 52) et la création de pouvoirs d’injonctions administratives lorsque l’agent constate un produit non conforme.

Cette loi va donc dans le bon sens tant il est impératif de retrouver ces margoulins qui jettent l’opprobre sur toute une profession. Certes, il ne faut pas aller trop vite en besogne. D’abord en jetant en pâture ou à la vindicte populaire quelques noms et marques alors que l’enquête judiciaire débute à peine. Ensuite, il convient de différencier les erreurs des escroqueries et les maladresses des vols. Dans la vie comme dans les entreprises, personne ne peut garantir le zéro défaut, la qualité totale ou le 100% de taux de service. En revanche, il est urgent de bannir les tromperies volontaires. Ceux qui seraient tentés par de tels comportements doivent comprendre que notre société de l’information ne tolère plus ces « petits malins ». La « peur du gendarme » doit être réelle et les empêcher de passer à l’acte. Les questions alimentaires sont trop sérieuses, les enjeux économiques et sanitaires trop importants pour ne pas anéantir toute velléité de fraudes en amont par des sanctions financières et pénales extrêmement lourdes. La filière se doit d’être exemplaire.  ypuget@infopro-digital.com

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Article extrait
du magazine N° 2306

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