Vins espagnols : InterOc (re)demande des étiquettes claires

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Depuis deux ans, des vins espagnols se sont substitués aux vins français, notamment dans des fontaines à vins de 5 litres sous les signatures Premiers Prix de certaines enseignes. Une situation que déplorent les viticulteurs du Languedoc-Roussillon via leur interprofession, InterOc. Outre le manque à gagner, ils estiment que les marques qui ont changé l'origine des vins ne le disent pas clairement à leurs consommateurs.    

InterOc demande que le linéaire des Bag-in-Box soit clarifié, notamment pour que la provenance des vins soit mentionnée de façon très lisible.
InterOc demande que le linéaire des Bag-in-Box soit clarifié, notamment pour que la provenance des vins soit mentionnée de façon très lisible.© IGP Pays d'Oc

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"Ils ont fait la réputation de leurs marques de distributeurs avec nos vins et maintenant, ils vont chercher des vins espagnols, c’est dégueulasse". Grand désarroi chez les viticulteurs de la région Languedoc-Roussillon. Voici pourquoi et les changements qu'ils aimeraient voir arriver.

Rappel du contexte

En 2014, année de petite récolte dans le Pays d’Oc, il n’y avait pas assez de volumes pour fournir des vins sans IG (indication géographique), notamment pour les vins 1ers prix de la GMS. Les fournisseurs de la GMS ont donc logiquement "franchi les Pyrénées" pour continuer à commercialiser des Bib 5 litres, le principal format des MDD 1ers prix.  En Espagne, "elle a découvert des prix fort intéressants, explique Florence Barthès, directrice générale d’InterOc. De l’ordre de 38 euros l’hectolitre (plus ou moins, NDLR) contre 80 euros l’hectolitre pour un nectar équivalent produit en France puisque les prix se sont envolés du fait de la rareté de ses vins".

Les enseignes ont "pris goût à ces petits prix" à tel point qu’elles continuent d’aller en Espagne pour ces types de vins alors que la production est repartie en France. Jusqu’ici rien d’anormal sauf que les viticulteurs languedociens, via InterOc, s’offusquent du peu de transparence des mentions d’origine sur les BIB de 5 litres vendus sous MDD. Celle-ci est parfois "cachée" sur l’une des faces les moins immédiatement accessibles de ce packaging.

Un affichage clair sur l'origine des vins

"Aujourd'hui, la Grande Distribution Française, avec une partie de ses marques distributeurs, joue sur l'origine d'approvisionnement sans que le consommateur en soit clairement informé", dénonçait jeudi 15 décembre 2016 le président Jacques Gravegeal, lors de l'Assemblée Générale du Syndicat des Producteurs de Vin de Pays d'Oc qui rassemblait 400 personnes. Ainsi, une gamme dont la notoriété s'est construite sur des vins de Cépages Pays d'Oc IGP français, peut basculer sur des approvisionnements de vins espagnols tout en conservant son packaging et son nom. "Le consommateur ne sait pas que l'origine du vin a changé dans le BIB qu'il achète, certaines mentions légales (dont l'origine) ne sont pas clairement lisibles. En outre, le vin substitué n'a pas la même traçabilité", complète Florence Barthés qui déplore la confusion entretenue par la désorganisation des linéaires de BIB que "ne permet pas de corriger le code de la consommation".

Une perte de 700 000 hectolitres

Face à cette situation, Pays d'Oc IGP tire la sonnette d'alarme : l'offensive massive des vins de cépages espagnols impactent à présent directement l'IGP Pays d'Oc, dont 85% des volumes sont vendus en vrac au négoce. "Le préjudice est de 55 000 hl pour 2016. Si la GD persiste à switcher des BIB espagnols pour des BIB français, le label pourrait accuser une perte de 700 000 hl. Face à une récolte nationale voire mondiale déficitaire, l'Espagne a apporté une réponse volumique à l'export, leur marché domestique n'absorbant pas leur production", explique Jacques Gravegeal.

Des procédures en cours

Lors de l'Assemblée Générale des Vin de Pays d'Oc, la répression des fraudes a communiqué les premiers résultats de son enquête de suivi des flux de vins en provenance d'Espagne : "Sur 178 contrôles nationaux effectués, 66 ont été réalisés en Occitanie (37%). Nous avons constaté lors de ces contrôles en GD une organisation très hétérogène des linéaires de BIB à l'opposé des linéaires bouteilles matures et bien fléchés, a analysé Philippe Froelig, Inspecteur Technique Interrégional à la Brigade d'enquêtes Viticoles. On observe également des erreurs d'affichages dans les dénominations de produits, des étiquetages non conformes, et quelques cas plus graves d'infractions avec tromperie sur l'origine pour des vins d'Espagne revendus avec mention « Vin de France » sur les tickets de caisse. Des procédures sont en cours, elles seront prochainement remises au Procureur de la République sur la base d'un relevé d'infraction de tromperies". Plus globalement, InterOc souhaiterait qu'une législation équitable puisse défendre les signes de qualité avec une information au consommateur lisible, avec notamment un signe distinctif "Origine France".  Affaire à suivre.

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