Xavier Beulin (FNSEA) veut faire venir les distributeurs dans les exploitations agricoles

Sylvain AUBRIL |
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Les distributeurs seront "invités" à visiter des exploitations agricoles pour les sensibiliser à la crise qu’elles traversent, début février 2016, a annoncé Xavier Beulin, président de la FNSEA. Le syndicat peine face à la grogne et à la mobilisation spontanée de sa base, et cherche à "canaliser le mouvement".

Xavier Beulin tente de canaliser le mouvement parti depuis la Bretagne et qui menace de s'étendre (ici, lors d'un Congrès LSA)
Xavier Beulin tente de canaliser le mouvement parti depuis la Bretagne et qui menace de s'étendre (ici, lors d'un Congrès LSA)

Malgré les 700 millions de septembre mis sur la table par le gouvernement, puis les 300 millions trouvés par Stéphane Le Foll, pour faire face à la nouvelle flambée de colère des agriculteurs, la crise n’est toujours pas résolue sur le terrain, et pourrait même s’étendre depuis la Bretagne à toute la France. Xavier Beulin, président de la FNSEA, tenait hier une conférence de presse. Il cherchait visiblement les voies pour sortir l’agriculture de la situation où elle se trouve. Trop de normes, pas assez de régulation en Europe, des prix "catastrophiques",  des aides ponctuelles en forme de “rustines”, encore insuffisantes, et toujours pas d’obligation d’étiquetage d’origine... Il a juste salué le soutien financier du gouvernement à la filière fois gras dans le Sud-Ouest, pour la fièvre des moutons ou encore la sècheresse..

Mais, comme le gouvernement, le syndicat peine face à la grogne et aux manifestations spontanées de sa base dans les campagnes. “Il n’y a pas de mot d’ordre de la FNSEA, mais la désespérance est là, la situation est exceptionnellement grave pour les producteurs de porc, mais aussi dans le lait, la production de légumes. Et les annonces du gouvernement ont du mal à se traduire sur le terrain. On parle d’un milliard d’euros d’aides, nous, on constate que c’est plutôt 400 millions d’euros, nettement insuffisants pour les exploitations en difficulté”. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, communiquerait trop bien et agirait trop peu sur les difficultés à résoudre, l’embargo russe, l’étiquetage d’origine “auquel il ne croit pas”.

“On demande aux distributeurs de ne pas en rajouter”

Et ces aides ne résolvent pas non plus le fond du problème, celui des prix.  “Il manque 30 centimes par kilo de porc à la production et que je sache, les prix à la consommation n’ont pas baissé. Où sont-ils passés ? La situation de l’élevage est terrible, on essaie de canaliser le mouvement, mais pour la production porcine c’est l’horreur. Chaque semaine, la perte est de 5000 € par exploitation, et dans le lait, 600 € par semaine”. Il appelle les acheteurs à la responsabilité. Accuse Bigard de ne pas se comporter “en leader” responsable, pour ses prix d’achat. Il rencontre les patrons de la grande distribution, “en bilatéral”. “Les grandes tables rondes, ca nous retombe dessus, on sert d’écran au ministère de l’Agriculture, et c’est nous qui recevons les pêches, les tomates ou les bouteilles de lait quand nous allons sur le terrain. Ca, c'est fini”. Et aux distributeurs, il demande, un mois avant la fin des négociations, “de ne pas en rajouter”, c’est-à-dire de ne pas faire pression sur les prix.

La FNSEA a d’ailleurs prévu “d’inviter” des dirigeants d’enseignes à visiter des exploitations pour qu’elles se rendent compte par elles-mêmes de la situation. Ce sont les fédérations départementales qui vont organiser les visites du 8 au 12 février. “Venez voir ce qu’est la vraie vie dans les exploitations”, demande le président de la FNSEA aux “acheteurs de la grande distribution” ou aux “opérateurs”, c’est à dire les industriels. La semaine d’après, ce sont les parlementaires européens qui seront conviés dans les fermes. Pour “canaliser le mouvement”, le syndicat veut montrer qu’il est en action, et pas débordé par sa base. Mais il est tout de même peu probable que l’agriculture française échappe à la restructuration pour résister à la tempête sur les cours mondiaux des matières premières agricoles, et au déclin de la consommation intérieure de la viande et des produits laitiers.  

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