1 000 milliards en négociation à Bruxelles jeudi et vendredi

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LÉGISLATION - LOIS En comparaison, les négociations commerciales entre distributeurs et fournisseurs paraissent bien minces : c’est une négociation à mille milliards d’euros qui va se jouer à Bruxelles entre les chefs d’Etats européens, une enveloppe dont le montant reste à discuter et à répartir entre pays et entre bénéficiaires. François Hollande va tenter de peser de tout son poids pour maintenir un budget élevé, et pourrait convaincre Angela Merkel et Mario Monti, le chef du gouvernement italien, mais les pays du Nord et David Cameron, le premier ministre britannique, veulent voir ce budget taillé de manière drastique. D’ores et déjà, il est annoncé qu’un accord a peu de chance d’être trouvé.

François Hollande entre dans les négociations pour le budget européen des années à venir
François Hollande entre dans les négociations pour le budget européen des années à venir

Les mille milliards en question correspondent au budget proposé par la Commission européenne pour 2014-2020 (six ans) soit environ 145 milliards d’euros par an. Un niveau à peu près stable (1 % du revenu national brut) par rapport aux années antérieures. Les négociations portent à la fois sur le montant que chaque état doit apporter pour nourrir le budget, sur le montant qu’il reçoit et pour quel secteur. Le budget de l’agriculture, lui, serait en très forte baisse. Il passerait de 420 milliards d’euros à 386 milliards d’euros, soit 38 % du budget européen au lieu de 43 %, selon des données recueillies par Agritel. Pas sûr que le président Hollande ait des bonnes nouvelles à annoncer lors du Salon de l'Agriculture, qui s'ouvre dans quelques jours. Et l’aide alimentaire aux plus démunis est également sur la sellette, (500 millions au niveau communautaire en 2012 dont 70 millions pour la France) ce qui provoque inquiétude et manifestations un peu partout en Europe, compte tenu de la situation dans laquelle se trouvent certaines populations.

Certains demandent une réduction drastique

Le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande et les Pays Bas sont en effet pour une réduction drastique du budget européen (entre 150 et 200 milliards de moins) en taillant dans la politique agricole commune (la PAC)et les politiques publiques pour soutenir la croissance. La France, l’Espagne, la Roumanie et la Pologne sont pour conserver un budget élevé, à peu près conforme à la proposition de la Commission européenne, mais qui prévoit déjà une forte baisse du budget agricole. Chacun de ces pays menace d’utiliser son droit de veto s’il n’obtient pas satisfaction, qui empêcherait l’adoption du budget. L’Allemagne se situe entre ces deux positions mais n’a pas évoqué vouloir utiliser son véto.

Baisse des subventions à venir en France

Pour la France, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a indiqué en novembre que la proposition à 386 milliards d’euros pour le budget agricole était une bonne base de négociations. Aucun chiffre n’a encore été avancé, mais cette baisse de 7 à 8% se traduirait par des subventions en baisse très sensible. Ce qui n’est pas sans effets économique, comme on l’a vu avec la réduction brutale de moitié des subventions à l’exportation de la volaille pour Doux et Tilly Sabco, par exemple. Avec les baisses de subventions, l’agriculture sera moins compétititive : elle devrait relever ses prix pour maintenir ses revenus, mais risque de perdre des parts de marché à l’export, ou maintenir ses prix, mais voir ses revenus ou ses investissement se restreindre.

Problème de compétitivité

Certains pays cherchent par ailleurs à réduire leur contribution au budget, ce qui n’est pour simplifier le climat. C’est le cas du Royaume-Uni, qui bénéfice du fameux chèque « Give my money back » obtenu à l’époque de Margaret Thatcher, mais l’Autriche veut également un rabais, comme l’Italie compte tenu de sa situation économique, le Danemark… En 2011, la contribution de l’Allemagne s’est élevée à 21 milliards d’euros, la France à 19 milliards, l’Italie à 14 milliards, le Royaume Uni à 12 milliards d’euros. La grosse contribution des grands pays sert à subventionner en partie les pays pauvres de l’Europe, notamment la Pologne, la Tchéquie… lesquels bâtissent une agriculture et une industrie qui fait concurrence aux nôtres ! Et qui pose des problèmes de compétitivité. Comme souvent, concurrence et solidarité ne font pas bon ménage et la position politique est schizophrène. Et en bout de chaîne, il y a un consommateur, un pouvoir d’achat, un citoyen et des impôts….

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