100 Sites de pharmacies piratées, le piège de l'absence de contrefaçon en France

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La petite joie fut de courte durée. Quelques semaines après l’ouverture de la vente de médicaments sans prescription en ligne, le premier gros souci a pointé le bout de son nez: le piratage des sites internet.

Pharmacie croix verte

Le 7 aout dernier, le « Parisien » révélait que l’Ordre National des Pharmaciens avait déposé plainte contre 11 sites internet, qui détournaient le nom de domaine de site de pharmacie en ligne. En tapant dans son navigateur le nom du site de pharmacie, l’internaute se retrouve sur un site miroir, ressemblant comme deux gouttes d’eau au site demandé. Mais au lieu d’y trouver des conseils ou des médicaments disponibles, il se voit proposer des stimulants sexuels, ou des médicaments de contrefaçon. Au total, 100 sites auraient été victimes des pirates du web.

Parmi les 52 habilités par le gouvernement pour vendre des médicaments d’auto-prescription en ligne, seul un a été victime de ces malversations. Les autres sites étant pour la plupart des sites de conseils ou de services.  

Un nom générique

Dans la majorité des cas, le détournement se fait alors que le site de pharmacie n’est plus valable. « Si le propriétaire du site internet décide de ne plus exercer, le nom de domaine reste public, explique Isabelle Adenot, présidente de l’Ordre national des pharmaciens. Et c’est à ce moment qu’il est repris par des gens malintentionnés. La solution serait de mettre en place un nom de domaine mis à la destination des pharmacies et personnalisable », ajoute-e-elle. Une adresse du type nomdelapharmacie-pharmaciefrance.com, par exemple.

« Et pour utiliser ce nom de domaine, il faudrait être inscrit à l’Ordre national des pharmaciens », ajoute Isabelle Adenot. Une manière de s’assurer du sérieux de son propriétaire.

En revanche, lorsque que le piratage est direct et que le site de la pharmacie est encore en exercice, difficile de trouver une solution, sinon de sensibiliser la population.

Absence de contrefaçon

« La France a une spécificité, explique la présidente, il n’y a pas de contrefaçon de médicament ». Ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays d’Europe. « La chaîne du médicament : fabricant, grossiste et distributeurs (les officines) sont toutes contrôlées. Et notamment les grossistes en médicaments sont tous inscris à l’Ordre des pharmacies. » Alors que le processus est plus simple dans d’autres pays pour devenir vendeur de produits pharmaceutiques. « Il ne sont pas inscrit à un Ordre », précise la présidente.

Le verrou ainsi posé sur les acteurs de la chaîne de distribution, la contrefaçon n’a jamais réellement percé sur le marché des malades français. Et c’est pourquoi la population ne se méfie pas. « Elle n’est pas avertie », déplore Isabelle Adenot.

Sensibiliser le public

Ainsi, depuis l’ouverture du marché aux sites internet, les pirates des pilules trouvent la faille. « Ils en profitent pour se glisser dans la brèche », regrette-t-elle.

Une campagne de sensibilisation sera lancée sur internet en septembre, par le ministère de la santé, selon nos confrères du Parisien. En attendant, le logo censé garantir le sérieux des sites autorisés par le ministère et annoncé en juillet dernier, n’a toujours pas vu le jour.

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