11 mai 1865 - 11 mai 2015 : Le Printemps fête ses 150 ans… aujourd’hui

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Jules Jaluzot, le 11 mai 1865, créait le grand magasin Le Printemps. Lequel fête donc, aujourd'hui même, en ce 11 mai 2015, son 150ème anniversaire.

Le grand magasin Le Printemps, vu ici en 1874, soit moins de dix ans après sa fondation, en 1865, par Jules Jaluzot.
Le grand magasin Le Printemps, vu ici en 1874, soit moins de dix ans après sa fondation, en 1865, par Jules Jaluzot.© Domaine public

Pas sûr que Jules Jaluzot puisse y reconnaître son grand-œuvre, aujourd’hui, s’il revenait hanter les lieux de sa jeunesse. Mais qu’importent les hommes en vérité : ils passent, quand le bâtiment, l’institution même, osons les grands mots, reste.

Le grand magasin Le Printemps fête en ce 11 mai 2015 ses… 150 ans. Oui, aujourd’hui même, bien que la campagne anniversaire, elle, ait débuté depuis des semaines déjà. C’est en effet le 11 mai 1865 que Jules Jaluzot, par acte notarié, obtient l’autorisation de créer son magasin, dans un quartier de la Chaussée-d’Antin, à Paris, qui n’a encore rien de l’aspirateur à touristes qu’il est devenu.

Plus qu'un magasin un... grand magasin

Plus qu’un magasin, en réalité : un grand magasin. Un concept encore novateur alors, même si Boucicaut a déjà créé le Bon Marché, treize ans plus tôt, en 1852. Jules Jaluzot a le même mérite que son collègue : celui d’avoir su flairer, très tôt, l’avenir d’un tel modèle de commerce : vendre de la qualité, bon marché, et à prix fixes surtout. Pas question en effet, ici, de marchander, comme c'est pourtant encore la règle à peu près partout ailleurs.

Les débuts sont d’emblée couronnés de succès. Ce qui ne veut pas dire que tout aille pour le mieux non plus. Un incendie vient mettre un arrêt au développement, en 1881. Il faudra deux ans de travaux pour rouvrir. Mais au moins cela a-t-il le mérite de permettre de refaire les bâtiments de manières plus fonctionnelles, plus commerciales.

De Prisunic dans les années 1930...

En 1896, un nouvel arrivant, pas encore le grand rival d’aujourd’hui, s’installe non loin de là. Vous l’aurez deviné, on parle bien sûr des Galeries Lafayette. Le tournant du siècle est synonyme de difficultés assez terribles pour Le Printemps. Mais à une époque où l’on investit encore pour créer de la croissance, plutôt que de chercher à tous prix à serrer les vis, les dirigeants décident de traverser la rue pour créer un second magasin : l’actuel Printemps de la mode.

La suite des événements voit Le Printemps suivre, tant bien que mal, les méandres économiques du pays. Dans les années 1930, en pleine période de crise, le groupe fonde Prisunic, « hard-discount » de l’époque, quand les Galeries Lafayette, partant du même constat, font de même avec… Monoprix.

... au virage luxe d'aujourd'hui

Une évolution profonde difficile à suivre pour ces grands magasins. Surtout quand ensuite apparaissent les hypermarchés, dans la foulée du règne de la voiture toute-puissante. S’ensuit alors un glissement vers le luxe, plus ou moins assumé, qui fait aujourd’hui, à Paris, du Printemps, comme des Galeries Lafayette, un passage obligé des touristes du monde entier.

 

Dans sa chronique historique du jour, Franck Ferrand, sur Europe 1, revenait justement sur la création du Printemps, en 1865. Une vidéio à écouter ici : 

 


11 mai 1865, l’ouverture des grands magasins du... par Europe1fr

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