15 ans de LSA.fr. Octobre 2001, Seb reprend Moulinex

|

ANNIVERSAIRE LSA.FR Si la récente reprise de FagorBrandt a tenu en haleine tous les acteurs de l'électroménager au cours de ces derniers mois, le secteur avait déjà connu en 2001 la chute de l'un de ses champions : Moulinex. Malgré des délocalisations et restructurations douloureuses, les difficultés du groupe s'accentuent à la fin du siècle dernier. Etrange clin d'oeil rétrospectif de l'histoire de l'électroménager, c'est le groupe El.Fi, alors propriétaire de... Brandt, qui reprend, début 2000, Moulinex. Un répit de courte durée : un an plus tard, Moulinex et Brandt sont mis en vente. Si Brandt est alors racheté par le groupe israélien Elco, Moulinex, lui, est repris par son concurrent de toujours, Seb. Fin de l'histoire ? Loin de là car s'engage alors une longue bataille juridico-réglementaire : en 2002, la Commission européenne autorise la reprise par Seb mais y ajoute d'importantes restrictions à l'utilisation de la marque Moulinex dans... neuf pays européens ! Pis, de recours en discussions, l'affaire Moulinex-Seb arrive en 2004 jusqu'au Conseil d'Etat qui annule, en février, la décision d'autoriser la reprise prise par Bercy dix-huit mois plus tôt ! Le 16 août 2004, c'est un jeune et sémillant ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, qui redonne le feu vert à Seb. L'imbroglio autour de Moulinex connaît également un autre volet judiciaire avec, en 2004, la mise en examen de plusieurs anciens dirigeants du groupe au moment de sa faillite dont son ex-Pdg, Pierre Blayau, parti peu avant la liquidation avec une prime de 2 millions d'euros qui avait alors défrayé la chronique. Parallèlement, plusieurs salariés saisissent les Prud'hommes pour mauvaise application du plan social. Certains obtiendront gain de cause en 2008. Au total, la chute de Moulinex aura occasionné la fermeture de quatre usines et le licenciement de 2 880 salariés. Un triste bilan que la marque, désormais pleinement exploitée par Seb, entend bien laisser derrière elle. Et avec réussite : la marque a ainsi signé de beaux succès en ventes, comme Fresh Express, et des innovations technologiques comme Cookeo ou, plus récemment, son robot-cuiseur intelligent Cuisine Companion.  

La reprise de Moulinex par Seb, en 2001, fera l'objet de nombreuses procédures juridico-légales par la suite.
La reprise de Moulinex par Seb, en 2001, fera l'objet de nombreuses procédures juridico-légales par la suite.

PAPIER ORIGINAL, publié le 15 avril 2010. Le tribunal de commerce a choisi Seb comme repreneur de l'activité petit électroménager du groupe Moulinex-Brandt en redressement judiciaire. Un tiers des emplois sont sauvés.

Véritable choc culturel, la reprise de Moulinex par son concurrent de toujours Seb signe l'acte de naissance d'un géant mondial du petit électroménager. Beaucoup de politiques et d'observateurs rêvaient de ce rapprochement. Les dirigeants de Seb soulignaient les doublons de positionnement et d'outils pour démentir toute velléité sur leur concurrent en difficulté. Le groupe lyonnais avait pourtant étudié le dossier, mais les conditions n'étaient pas réunies. La mise en redressement judiciaire de Moulinex-Brandt a changé la donne.

Seules les activités rentables sont concernées

Seb ne reprend ni les micro-ondes ni les aspirateurs lourdement déficitaires. La marque Moulinex pourrait néanmoins rester au rayon aspirateur. Si le projet de reprise de l'usine de Falaise par ses cadres aboutit, celle-ci deviendrait sous-traitante du groupe Seb. L'exclusion de l'activité friteuse du périmètre repris pour risque de position dominante ne signe pas non plus un abandon définitif. L'usine de Bayeux ferme, mais Seb a racheté les moules et une partie des machines. Si la Commission européenne donne son feu vert, les friteuses Moulinex pourraient fleurir à nouveau sur le marché mondial.

Sur le plan industriel, Seb ne reprend que quatre usines normandes. Il sauvegarde 3 600 emplois Moulinex à travers le monde sur un total de plus de 8800. En France, 3700 suppressions d'emplois interviendront. À sa sortie du tribunal, Thierry de La Tour d'Artaise, PDG de Seb, a « regretté de n'avoir pas pu proposer un emploi à chaque salarié de Moulinex » et appelé à la mobilisation « en faveur de la mise en oeuvre de notre plan ». Le repreneur, qui a lui-même mené une restructuration industrielle en 1999, connaît l'ampleur des difficultés qui l'attendent, d'autant que la préférence des syndicats allait à l'offre concurrente du financier Fidei. C'est dans ce climat tendu que les usines Moulinex « sauvées » vont redémarrer après plusieurs semaines de chômage technique.

La distribution rassurée ?

À quelques semaines des promotions de Noël, la reprise de Moulinex par Seb a de quoi rassurer les distributeurs. À moyen terme, les centrales vont faire face à un poids lourd du petit électroménager aux parts de marché écrasantes en France. Le nouvel ensemble Seb-Moulinex supplante Philips au plan mondial. Le néerlandais avait déposé une offre de reprise limitée à l'activité Krups, valorisée à environ 150 millions d'euros. S'il n'aura plus deux concurrents offensifs à surveiller, Philips devrait veiller à ne pas rester dans l'ombre de ce géant.

 

EN LIEN:

Où va Moulinex ?

Avenir brouillé pour Moulinex en Europe

Cuisine Companion, le robot high-tech made in Mayenne

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA