17 banques prêtes à maintenir l’activité du groupe Financière Turenne Lafayette

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Bercy a trouvé un accord avec 17 banques. Celles-ci vont débloquer 56 M€ dans un fonds dédié au maintien de l’activité de la maison mère de William Saurin. L’Etat abondera cette somme à hauteur de 10 M€ à 12 M€.

Cassoulet William Saurin
Cassoulet William Saurin© PHOTOS DR

« Tout ce qui compte dans l’immédiat, c’est que les salaires puissent être versés et l’activité des 21 sites maintenue », déclare Philippe Destouches, délégué syndical central CGC chez William Saurin. Au lendemain de la visite mardi 20 décembre 2016 à Lagny-Sur-Marne (Seine-et-Marne) de Christophe Sirugue, secrétaire d’Etat  en charge de l’industrie, et d’Eric le Gouvello, nouveau président du groupe Financière Turenne Lafayette, dans le principal site de production de plats cuisinés de William Saurin, les 280 salariés du site spécialisé dans l’emboitage des choucroutes et cassoulets reprennent doucement confiance.

Après le décès de Monique Piffaut le 2 décembre 2017, Bercy avait déclenché un audit financier du groupe Financière Turenne Lafayette, maison mère de William Saurin, Madrange, Garbit. Les premières conclusions de l’audit toujours en cours ont révélé une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années dans le but d’obtenir de nouvelles  lignes de crédit auprès des banques. « Les lignes de crédit s’élèveraient à 350 M€  ce qui est évidemment disproportionné pour un groupe de 900 M€ de chiffre d’affaires »,  avance un proche du dossier.

Pour éteindre l’incendie et surtout rassurer les 3000 salariés ainsi que les fournisseurs du groupe inquiets de pouvoir recouvrir leurs factures, le cabinet de Christophe Sirugue, avait  annoncé dès vendredi 16 décembre 2016  son intention de débloquer un prêt de 70 M€ via le Fonds de développement économique et social (FDES). Cette somme devait être versée au plus tard le 31 décembre 2016  par Natexis au nom de l’Etat dans une fiducie. Mais dans le même temps, Bercy avait entrepris la constitution d’un pool bancaire pour venir en aide au groupe fragilisé. Au cours de la visite de mardi 20 décembre 2016, Christophe Sirugue, confiant dans la signature d’un accord prévu avant la fin de l’année, a annoncé que 17 banques travaillant avec Financière Turenne Lafayette étaient prêtes à mettre sur la table 56 M€, somme abondée par l’Etat à hauteur de 10 M€ à 12 M€.

« Le répit sera de courte durée. Nous ignorons totalement la suite de l’histoire qui pourrait se traduire par la vente du groupe ou son démantèlement », déclare Philippe Destouches.  

 

 

 

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