Marchés

2-Le tri sélectif s'impose au menu des distributeurs

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Grenelle 2 obligera les magasins de plus de 2 500 m² à proposer un dispositif de tri sélectif. Mais les modalités restent floues. Zoom sur le site pilote Leclerc à Grasse.

À l'hyper Leclerc de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, les clients peuvent se débarrasser des emballages plastiques, cartons ou papier. Début octobre, le magasin a installé un Espace Tri sélectif de trois containers en sortie de caisses. L'idée : en faire un lieu où les clients se délestent du suremballage des produits, pour éviter qu'il n'encombre les poubelles domestiques. Selon une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), celles-ci se composent toujours aux deux tiers de déchets d'emballage. Ce magasin est encore l'un des rares sites pilotes en France. En effet, Grenelle 2, voté cet été, obligera les grandes surfaces alimentaires de plus de 2 500 m² à « mettre en place un point de déballage des suremballages en sorties de caisses ». Une date butoir est même fixée en juillet 2011. Sous l'égide de l'Ademe, une étude préparatoire va tenter de faire l'exégèse de cette disposition (lire encadré).



Des cartonnettes de yaourts, des packs de bière...

En attendant, Éric Pangrani, directeur de l'hyper, espère changer les habitudes des clients. L'idée lui est venue dans la foulée de la grande convention Leclerc 6.0, en septembre. Laquelle a mis le cap sur le développement durable pour les dix prochaines années, avec l'opération « 2020 : zéro prospectus » en tête de gondole. « La rénovation du magasin, il y a trois ans, a été l'occasion d'installer une dynamique pour le développement durable, explique Éric Pangrani. Nous lançons des initiatives dès que possible. » Sauf qu'il existe très peu d'expériences sur la mise en place d'un dispositif de tri sélectif. Avec la communauté d'agglomération et le Syndicat intercommunal de traitement des déchets (Sivades), il parvient à trouver des containers adéquats pour son magasin. Il dispose de six bacs en tout, d'une capacité de 660 litres chacun. Trois sont disposés en permanence dans le magasin, les trois autres servant à les remplacer une fois pleins, une fois par semaine. « Le prestataire de ramassage des ordures ménagères passe chaque mardi pour récupérer ces déchets », explique Éric Pangrani. Ce sont donc près de 2 000 litres qui partent au Sivades, où ils sont à nouveau triés pour être recyclés.

Quant au contenu de la benne, le directeur s'avoue un peu surpris : « Les gens se débarrassent beaucoup des boîtes de céréales pour n'en conserver que le sachet. Pareil pour le camembert ou les bières. » Plus classiquement, la plupart des clients se débarrassent du suremballage des yaourts.

Pour mettre au courant les 8 000 clients de ce dispositif, l'hyper a mis en place une PLV spécifique, et les hôtesses relaient le message en caisse. Le dispositif devrait bientôt faire des émules. Un autre Leclerc du sud de la France est déjà intéressé.

Nouvelle réglementation

Une étude préparatoire bientôt lancée

Pour établir les modalités pra-tiques de mise en oeuvre du dispositif de collecte de suremballages en magasins, une étude va être lancée ces prochaines semaines, sous l'égide de l'Ademe et de la filière emballages ménagers, dont Éco-Emballages fait partie. Les enseignements seront connus début 2011. Dans l'ensemble, ce dispositif reste contesté par la distribution. Ainsi, la FCD est hostile à son caractère obligatoire. « Cela va créer un nouveau flux de déchets à gérer pour les magasins, qui traitent déjà les leurs, note un membre d'association professionnelle. Cela générera un surcoût sans rapport avec le service rendu : les consommateurs devraient être peu nombreux à utiliser ce dispositif en magasin. Ils en bénéficient déjà à domicile. »

Les chiffres

3 containers de déballages pour les clients

1 980 litres d'emballages récupérés en moyenne chaque semaine

Source : Leclerc

Les deux tiers des poubelles domestiques se composent d'emballages

Source : Ademe

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