3 Suisses procède à son aggiornamento

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En cinq ans, 3 Suisses a cumulé 300 millions d’euros de pertes. Il est temps que l’hémorragie s’arrête, et c’est toute l’ambition du plan présenté par le directeur général, Éric Dubois, le 4 septembre dernier.

DUBOIS ERIC 2.psd
DUBOIS ERIC 2.psd© dr


Les mêmes maux conduisent aux mêmes remèdes, c’est bien connu. Cinq mois après La Redoute (LSA n° 2316), Éric Dubois, directeur général de 3 Suisses, en poste depuis février, présentait le 4 septembre son plan de reconquête, destiné à sortir la marque du rouge en 2016. Un plan qu’on pourrait croire calqué directement sur celui de son concurrent.

Le bon vieux gros catalogue ? Relégué aux oubliettes. En même temps, à l’heure d’une souplesse et d’une réactivité d’action sans cesse plus poussées, quelle logique accorder à ce gros bloc monolithique qui venait figer, pour six mois, et les collections et les prix ? Un non-sens.

  • 400 Millions d’euros Le chiffre d’affaires réalisé en 2013
  • 300 M € Les pertes cumulées depuis cinq ans
  • 150 M € Le montant de l’investissement apporté, sur deux ans
    Source : 3 Suisses
  • 4,1 millions Le nombre de visiteurs uniques, en moyenne, chaque mois, sur le site 3 Suisses
    Source : Fevad

Pas d’autres solutions, donc, que de se plier aux exigences d’un renouvellement plus fréquent des collections. Même chose avec les livraisons, qui se doivent d’être plus rapides, et les retours, gratuits… Cela suppose, en interne, une ­complète révolution des organisations et des esprits, ne serait-ce que dans le sourcing, les bureaux de style ou la logistique. « Nous disposons d’une enveloppe de 150 millions d’euros pour mener à bien cette transformation et faire de 3 Suisses le grand magasin leader de la mode et de la déco en ligne », insiste Éric Dubois.

S’il y parvient, on ne pourra être qu’admiratif, tant 3 Suisses est tombé bien bas. Au tout début des années 2000, le groupe trônait en effet encore au-delà du milliard d’euros de chiffre d’affaires. L’année dernière, le même n’affichait plus guère que 400 petits millions d’euros. Et ce en cumulant 300 millions d’euros de pertes depuis cinq ans, dont 65 millions rien qu’en 2013.

Nous sommes dans une phase de redémarrage, avec un plan d’action qui doit entraîner un retour à la profitabilité dès 2016, et faire de 3 Suisses le grand magasin leader de la mode et de la déco en ligne demain.

Éric Dubois, directeur général

« Ambiance Titanic »

En clair, « ambiance Titanic » avec, dans le rôle de l’iceberg, la révolution de l’e-commerce, menée par Amazon ou Rue du Commerce. Tous, à leur manière, ont contribué à tuer les bons vieux « véadistes ». Enfin « les tuer », disons pas encore. C’est ici, pour 3 Suisses comme pour La Redoute, l’opération de la dernière chance. Et ce, même si des bases solides existent. « Nous sommes le numéro deux de l’habillement et le numéro un de la maison et de la déco sur le web », insiste le directeur général. La Fevad, de son côté, classe 3 Suisses au 14e rang des sites d’e-commerce les plus visités en France en 2013, avec un peu plus de 4 millions de visiteurs uniques chaque mois. C’est juste un peu mieux que Zalando, pour donner un ordre d’idée, quand La Redoute, elle, pointe à 7 millions.

Et puisqu’on évoque la concurrence… Si 3 Suisses veut réussir, il lui faudra bien aller batailler La Redoute. Et, visiblement, c’est en frontal qu’il entend le faire. On assiste en effet au même recentrage de l’offre sur la mode et la déco. La seule différenciation aurait trait à l’assortiment. Sans se départir des grands noms, comme Adidas, Levis ou Dim, l’idée serait ainsi, à terme, de voir la moitié de l’assortiment réservée aux marques maison ou exclusives – pour cela, 3 Suisses bénéficie de la force du groupe Otto et de ses 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans l’e-commerce.

Reste que, comme tout pari, celui-là est osé. Mais, se recentrer sur l’essentiel, c’est maximiser ses chances de bien faire, plutôt que de s’éparpiller. Pour le reste, 3 Suisses compte sur ses bases et son histoire – « la marque est connue de neuf Français sur dix », se réjouit Éric Dubois – pour qu’une spirale positive s’amorce à nouveau.

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Article extrait
du magazine N° 2332

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