4 % D'ÉCONOMIES !

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Bien sûr, ces premiers chiffres demandent confirmation. Bien évidemment, ils nécessitent des explications. Mais les résultats de MarketingScan, dévoilés par LSA, méritent surtout attention. Le panéliste dévoile, en effet, que sur les quinze premiers jours de septembre, les prix moyens dans les hypers et les supermarchés ont reculé de 4 %. Un résultat dont Nicolas Sarkozy ne peut, seul, s'enorgueillir, puisque cette baisse s'inscrit dans un périmètre beaucoup plus large que celui de l'accord signé en juin. L'étude (lire p. 30) porte en effet sur l'ensemble des produits : de l'alimentaire comme du non-alimentaire, des marques nationales comme des premiers prix. Or, chacun sait que les étiquettes du textile (- 7 % au premier semestre) chutent plus aisément que celles de l'hygiène-beauté... Et personne n'ignore que la déflation des marques de distributeurs est une réalité. Résultat, ces ménages - qui ne jargonnent pas en MN, MDD et autres premiers prix, mais qui agissent selon leurs budgets et pensent en coût du panier moyen - ont dépensé en deux semaines 7 E de moins que l'année précédente.

Savoir ce qu'ils ont fait de ces « folles » économies reste un mystère. Car si le nombre de produits achetés croît très légèrement (+ 1 %), le panier moyen recule de 3 %. L'incidence sur les volumes est donc, dans l'immédiat, quasi nulle. Pire, pour les distributeurs, le chiffre d'affaires est à la baisse, et, pour les politiques, la consommation n'est pas relancée. Certes, il ne s'agit là que d'un premier indicateur et les professionnels espèrent toujours que les consommateurs redeviendront « cigales ». Que les grandes surfaces alimentaires, de nouveau compétitives, attireront les « clients-fourmis » égarés dans le hard-discount.

Ces premiers chiffres sont pourtant sans surprise. Tout simplement parce que la baisse de prix est souvent passée inaperçue, voire jugée non crédible aux yeux des consommateurs, mais aussi parce que l'élasticité de la demande aux prix des PGC affiche ses limites et que la part d'estomac n'est pas extensible. Dans ces conditions, il est légitime de s'interroger sur la destination des sommes économisées. Entraîneront-elles réellement un retour en grâce des « usines à vendre » ? Ou serviront-elles davantage à alimenter les « bas de laine », à lancer des projets sur le long terme (immobilier, automobile) ? À succomber aux plaisirs du moment (voyages...) ou à réaliser quelques achats dans d'autres circuits de distribution (bricolage, jardinerie...) ? La question reste posée. Et de cette réponse dépend en partie l'avenir des hypermarchés.

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Article extrait
du magazine N° 1874

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