5 - Imposer aux salariés un « passage » en magasin

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Saint-Denis
Saint-Denis© © Vincent krieger/ Decathlon

C’est une caractéristique de la grande distribution, plus particulièrement au sein des enseignes de la galaxie Mulliez, mais, chez Decathlon, la promotion interne est une valeur cardinale de la culture d’entreprise. Avec ce credo: pour grimper dans l’organigramme, tâche d’avoir le sang bleu. « À l’exception de certains métiers très spécifiques et techniques (design, informatique, ingénierie et quelques secteurs de la finance), l’ensemble des postes situés après le responsable de rayon –le premier rang du statut de cadre – est pourvu par la promotion interne», confirme Nicolas Cabaret, directeur des ressources humaines chez Decathlon France depuis 2014. Il est lui-même sorti de l’ascenseur social « colored in blue ». Entré chez Decathon en 1999 comme responsable de rayon dans le magasin de Brest, il a gravi les échelons pour devenir responsable exploitation, directeur de magasin (Poitiers), merchandiser et responsable communication chez B’Twin, RH de la région Ouest, directeur de la région Bouches-du-Rhône, avant d’être patron de la DRH France (15 000 salariés).

Michel Leclercq en héritage

De fait, il est quasi impossible de diriger un établissement, un service ou encore une marque Passion sans être passé par la sacro-sainte case magasin. Sans aucun doute un héritage des treize années passées chez Auchan (entrée au rayon boucherie et sortie aux services centraux) par Michel Leclercq, le fondateur, avant de rompre le ban pour créer Decathlon sans le soutien capitalistique de l’AFM, l’association des Mulliez, jusqu’en 1987. Depuis, les profils des directeurs généraux se ressemblent. Nicolas Pelletier, à la tête de la France depuis un peu plus d’un an a, lui, commencé au rayon pêche dans un « Decat » de Poitiers.

Stratégie de crise

Quasi impossible, mais il existe évidemment de rares exceptions. Au tout début des années 2000 quand Decathlon, confronté à une crise entraînant un turnover de plus de 10% sur des postes stratégiques du siège (informatique, contrôle de gestion, marketing,etc.), a choisi de déroger à la règle. On se souvient, entre autres, du recrutement de plusieurs personnes issues de l’extérieur tels Philippe Picaud (design), Stéphane Roche (marketing), Geneviève Aerts (marketing et communication), Guillaume Antonietti (customer intelligence manager) à des postes clés du top management. Tous ont été remplacés par des profils maison. « On est, depuis, revenus aux fondamentaux bleus et c’est tant mieux. Car qui peut prétendre assumer un poste d’encadrement sans réellement connaître l’univers du magasin ? », considère un salarié de plus de trente ans d’âge.

Le chiffre

50% : la part des directeurs de magasin ayant débuté comme vendeur.

La date

1996 L’année où Nicolas Pelletier, directeur général de Decathlon France, est entré dans l’entreprise.

L'obstacle

Si la parité homme-femme est parfaite (50-50) dans les points de vente, on ne compte pour l’instant que 15 % de directrices en magasin, un axe de progrès sur lequel travaille la DRH.

"Je pense être un exemple de promotion interne: je réponds à une annonce pour le rayon pêche du magasin de Poitiers en 1996. J’évolue peu à peu et j’intègre Kalenji en 2005 comme chef de produit, puis directeur général. Et je deviens patron de Decathlon France en 2015, dix-neuf ans après mon arrivée. "

Nicolas Pelletier, directeur général de Decathlon France

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Article extrait
du magazine N° 2418

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