À CHACUN SA DOSE

Le marché allemand semble plus mûr pour les produits santé et les alicaments. Mais le consommateur français y est également de plus en plus réceptif.





La scène est impressionnante : sur le stand du suisse Emmi, deux « simili-infirmières »proposent aux visiteurs de prélever une goutte de leur sang afin d'analyser leur taux de cholestérol. Le dispositif accompagne le lancement en Allemagne de Benecol, petite bouteille de 65 ml d'une boisson lactée qui fait inévitablement penser à Actimel. « Il suffit de boire une bouteille pour avoir la dose journalière d'ester de stanol qui fera baisser en quinze jours le taux de cholestérol de 10 % », explique-t-on sur le stand. Le produit, faible en matières grasses et sucré avec des édulcorants, est vendu en pack de six, afin que chacun ait « sa dose » pour la semaine. Bientôt disponible dans plusieurs pays européens, il illustre la réceptivité croissante à l'argument santé. « La santé ? Ce n'est plus une tendance, c'est une autoroute ! Une véritable norme qui est en train d'orienter l'industrie alimentaire en profondeur, affirme Jolanta Bak, du cabinet Intuition. Depuis cette année, la santé est devenue la principale attente du consommateur français vis-à-vis des produits alimentaires, devant le plaisir. »







Regain d'automédication




« Nous entrons dans une logique fonctionnelle : le produit doit " faire " quelque chose, poursuit Jolanta Bak. Le consommateur, même français, se reconnaît dans ces produits. Il y a un champ d'exploration énorme, quasiment vierge ». Chez Emmi, on estime que le marché européen de l'aliment fonctionnel devrait peser 24 Mrds $ en 2005 (contre 76 Mrds attendus aux États-Unis). L'Allemagne est plus avancée que la France dans cette tendance : « Il y a 10 millions de personnes intolérantes au lactose en Allemagne, et autant ont un taux de cholestérol trop élevé, et 15 % d'entre elles sont obèses », prévient Knut Börner, directeur des ventes de Lebensmittel Hartung, qui produit une crème pour le café sans cholestérol à base d'huile de palme.



L'Anuga consacrait pour la première fois un espace et plusieurs conférences au secteur des compléments alimentaires. « Ce secteur se développe fortement en Allemagne », observe Wolfgang Flohr, responsable marketing de Biolabor, qui présentait un comprimé effervescent à diluer dans l'eau pour obtenir une boisson à l'aloé vera. Le produit, vendu dans les « drugstores » et les supermarchés, contient des nutriments qui aident à la reconstruction des cellules. « Il est important pour nous de venir sur un salon comme celui-ci, car nous faisons partie de l'industrie alimentaire », affirme Wolfgang Flohr, pour qui la récente réforme de l'assurance maladie allemande devrait entraîner un regain de l'automédication.



Parmi les nouveaux produits remarqués à l'Anuga, beaucoup ont aussi une promesse santé plus diffuse et jouent plutôt la carte du « bien-être » : un miel qui prévient la fatigue et aide à protéger l«organisme, une pâte à tartiner à l«huile d'olive enrichie au calcium et aux vitamines. La marque Carpe Diem propose quant à elle trois boissons pour « améliorer la concentration et la réceptivité », « renforcer les défenses naturelles du corps » et « harmoniser le métabolisme ». La promesse « coup de fouet » séduit aussi, à voir la forte présence des boissons énergisantes sur le salon. Dans la même veine, un industriel allemand présentait une canette d'oxygène médical à inspirer afin de se « revitaliser »...











24 Mrds $ C'est ce que pourrait représenter le marché européen de l'aliment fonctionnel.








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Article extrait
du magazine N° 1833

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