À qui reviendra le pôle frais de Doux ?

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Le 1er août, le pôle frais du volailler a été placé en liquidation judiciaire. Cinq offres de reprise partielles ont été déposées au tribunal de commerce de Quimper, qui rendra sa décision début septembre.

Qui s'offrira les activités pôle frais de Doux ? Après un été marqué par ce feuilleton politique et économique, le sort des neuf sites reste à ce jour incertain. La décision sera rendue au début du mois de septembre, date à laquelle le tribunal de commerce de Quimper validera, ou non, les offres de reprise émises à la suite de la liquidation judiciaire du frais annoncée le 1er août. Cinq offres ont été déposées. Dans tous les cas, les candidats ont proposé la reprise d'un site, tout au plus. Les syndicats CGT du groupe Doux, les unions départementales et la Fédération nationale agroalimentaire ont déploré vendredi 17 aout « le processus de dépeçage du groupe ».

Dans le détail, le groupe Duc, important fabricant de MDD, s'est révélé intéressé par le site de fabrication d'aliments pour volailles à Clémont, dans le Cher, non loin de son fief en Bourgogne. Le poids lourd de la volaille française, LDC, mise lui sur l'abattoir de Boynes (Loiret). Les deux acteurs pourraient ainsi rafler de nouvelles parts de marché, Doux étant présent en grandes surfaces à marque Père Dodu, mais aussi sous marques de distributeurs.

 

Deux tiers des salariés sur la touche ?

Toujours dans le Loiret, la société Tallec a fait une offre de reprise sur le couvoir d'Amilly, sans plus de précisions pour le moment. Glon-Sanders, société détenue à 60% par Sofial, filiale de Sofiprotéol spécialisée dans l'agroalimentaire et la nutrition animale (1,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2011), lorgne, elle, le site de Sérent (Morbihan) pour accroître son parc de 49 implantations. Enfin, Axéréal, groupe coopératif dont la production de volailles en vif s'élève à 45 000 tonnes par an (3,4 Mrds € de chiffre d'affaires en 2011), aimerait s'offrir le site de Laval, en Mayenne. Au total, l'éventuelle reprise de ces sites « pourrait concerner entre 450 et 500 emplois », a détaillé Sophie Gautier, administrateur judiciaire du groupe Doux. Ce qui laisserait sur la touche plus des deux tiers des salariés.

 

Rendez-vous le 10 septembre

Le sort des deux principaux sites du pôle frais de Doux reste aussi en suspens : celui de Blancafort (Cher) concerne 244 emplois dédiés au frais et, à Graincourt (Pas-de-Calais), 253 salariés sont sur la sellette, sur les 1 704 emplois que compte ce département déficitaire depuis de nombreuses années. À noter la candidature d'un iranien pour le site de Graincourt, dont l'offre a été déclarée irrecevable en l'état. Pour l'ensemble des implantations sans repreneur, la fin de la période d'activités a été fixée par le tribunal au 10 septembre. Les autres usines de Doux bénéficient d'une plus longue période d'observation, jusqu'au 30 novembre.

LES CINQ REPRENEURS POTENTIELS DU PÔLE FRAIS

  •  LDC, le leader français aimerait s'emparer de l'abattoir de Boynes (Loiret) (ci-contre, en photo)
  •  Duc vise la reprise du site de Clémont (Cher) pour la fabrication d'aliments pour volailles
  •  La société Tallec, spécialisée dans les salaisons, a déposé une offre pour le couvoir d'Amilly (Loiret)
  •  Glon-Sanders s'intéresse à l'abattoir du pôle frais de Sérent (Morbihan)
  •  Le groupe coopératif Axéréal s'est montré candidat pour le site de Laval (Mayenne)

 

L'élaboré et le surgelé en suspens

La cession imminente du pôle frais de Doux, mis en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Quimper, concerne les usines, mais pas les marques Doux et Père Dodu, ni les produits dits élaborés (escalopes de dinde, produits précuits), ni l'activité volailles surgelées destinées pour l'essentiel au Moyen-Orient. En effet, en juillet, l'offre de reprise globale menée par le géant céréalier Sofiprotéol et des coopératives de Coop de France (Terrena, Axéréal), a été rejetée par le tribunal. Ce dernier a préféré la vente à la découpe des usines du pôle frais tout en acceptant un plan de continuation de l'activité présentée par la direction de Doux pour l'élaboré et le surgelé, la fin de la période d'observation étant fixée au 9 octobre. Le plan présenté par Charles Doux prévoit l'entrée au capital du groupe de la banque Barclays, qui détient 150 des 450 M € de créances, ainsi qu'un plan de relance appuyé par un groupe saoudien. S'il ne convient pas au tribunal, ces branches pourraient être à nouveau mises en vente.

 

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Article extrait
du magazine N° 2238

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