A suivre à la rentrée: Reed Hastings, l’homme qui fait peur à toute la planète média

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Reed Hastings fait peur aux producteurs de contenus médias, dont certains e-commerçants comme Amazon.
Reed Hastings fait peur aux producteurs de contenus médias, dont certains e-commerçants comme Amazon.

Bill Gates, Steve Jobs, Jeff Bezos... C’est dans cette lignée que s’inscrit Reed Hastings, 54 ans, le patron et fondateur de Netflix. Ce Californien ancien prof de math qui a fait fortune en revendant à la fin des années 90 une société de logiciel a les mêmes ambitions que les trois sus-mentionnés. Si le premier a transformé le marché de l’informatique avec ses logiciels, le second celui des smartphones et le dernier celui du e-commerce, Reed Hastings entend faire de même avec la vidéo. Netflix est en effet un site de VOD mais pas n’importe lequel,  la Rolls de la VOD. Il s’agit d’un service (disponible sur box télé, ordinateur, tablette...) qui donne accès, moyennant un abonnement mensuel de 7,99 $ (6 €), à toute sorte de contenus vidéo, comme des films, des séries ou des émissions TV. On peut voir en illimité des centaines de milliers de programmes (du dernier blockbuster de super-héros aux séries télé les plus pointues), le tout avec langues et sous-titres au choix et en haute définition... Une « killer app » qui a séduit, pour l’heure, 48 millions d’abonnés dans le monde. La société, créée en 1997, a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 4,4 Mrds $ en 2013, pour un bénéfice de 112 M $. Un mastodonte qui a eu la peau de l’enseigne américaine de vente et location de vidéos Blockbuster. Une enseigne qui avait refusé d’acheter Netflix en 2000, jugeant « excessifs » les 50 M $ réclamés par son fondateur.

Et le site devrait se lancer à la rentrée en France. Entre septembre et octobre à en croire le compte Twitter français de Netflix. Reed Hastings a levé 400 millions de dollars pour accélérer sa croissance en Europe (le site est déjà présent en Grande-Bretagne). Les grandes manoeuvres ont en tout cas déjà commencé. Sur son propre compte, le responsable réseau de la société a posté une photo des préparatifs de l’arrivée de l’américain qu’on imagine fracassante.

Sur cette photo les ingénieurs préparent en effet les serveurs à l’arrivée des programmes de l’américain. Netflix disposera en effet d’une capacité de 1 Terabit par seconde, soit l’équivalent d’un fournisseur d’accès internet qui desservirait 5 millions de clients. Bref, l’américain ne vient pas faire de la figuration

Et c’est tout l’écosystème de la vidéo qui tremble en France. Les chaines de télé comme Canal+ qui a lancé CanalPlay son « Netflix-like » en 2011 a déjà séduit 450 000 abonnés. Orange travaille sur une offre concurrente qui devrait aussi voir le jour en septembre. Bref ça s’agite dans le monde des médias. Mais aussi dans le monde politique toujours très soucieux de défendre l’exception culturelle français, soit le financement de la création par les médias. Des émissaires d’Hastings ont rencontré en début d’année Aurélie Filippetti, la ministre de la culture pour discuter des conditions d’accès.

Bilan de la discussion: Netflix est parti s’installer au Luxembourg. La législation hexagonale oblige en effet les médias à proposer 60% d’oeuvres européennes dans leur catalogue et à financer la création à hauteur de 2,5% de son chiffre d’affaires. Mais quid si la société n’est pas basée sur le territoire mais diffuse tout de même? Ce sera le feuilleton de l’été pour les juristes des deux parties. Mais celui-là ne sera pas diffusé sur Netflix.

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