A vendre

|

EDITORIAL

La Fnac serait à vendre. Le groupe PPR ne commente pas la rumeur. Pas plus qu'il ne fit de déclarations lorsque LSA assurait, il y a quelques mois, que le dossier du «Printemps » circulait dans les milieux financiers. Cette affaire n'a pourtant rien d'anecdotique tant l'agitateur culturel jouit d'une grande cote d'amour auprès des Français, mais également des municipalités qui rêvent d'installer le logo couleur moutarde au coeur de leur centre-ville.

Si l'hypothèse revêt une telle importance, c'est aussi parce que la Fnac aborde un tournant de son histoire avec les multiples soubresauts de ses marchés clés. La musique et la vidéo s'écroulent, le livre doute et l'électronique assume tant bien que mal ses chutes de prix : le distributeur n'échappera pas à une redéfinition de son concept. De la patience...et de l'argent seront nécessaires. D'autant plus que la concurrence - Cdiscount, Espace culturel E. Leclerc...- fourbit ses armes. Enfin, la Fnac doit confirmer son ancrage international. Car si PPR a réussi la gageure d'imposer un nom incompréhensible dans de nombreux pays, le groupe doit transformer l'essai et, là aussi, cette stratégie nécessite quelques moyens.

Finalement, il importe peu de connaître le nom du « propriétaire ». Les consommateurs, mais aussi les professionnels, ont déjà oublié qu'après Max Théret et André Essel la chaîne est passée dans les mains des Coop, qu'elle est ensuite tombée dans l'escarcelle de la GMF et qu'elle a transité par le Crédit lyonnais, avant d'atterrir dans les bras de la famille Pinault ! Alors, les rumeurs d'une vente à des fonds d'investissement, à un groupe français ou à un distributeur étranger, voire d'un rachat par quelques cadres, ne font qu'ajouter un épisode à une saga déjà bien mouvementée.

L'essentiel est ailleurs. Depuis dix ans, l'actionnaire a pleinement joué son rôle en multipliant les projets (logistique, systèmes d'informations, internationalisation, magasins de périphérie...). S'il déclare vouloir conserver la chaîne, il devra faire preuve d'un même allant, d'une même envie de croissance, d'un même appétit de développement. Autrement dit, confirmer que l'enseigne demeure stratégique dans son portefeuille de marques. S'il décide du contraire, le nouveau-futur propriétaire ne pourra compter sur un placement à court terme. Une vision à long terme s'impose.

ypuget@lsa.fr

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter