Acquisitions d'entreprises : les industriels plus gourmands que les distributeurs

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Un rapport publié par PwC, lève le voile sur les grandes manoeuvres qui ont eu lieu au cours du premier semestre 2017 chez les distributeurs et les industriels français, qu'ils aient été acheteurs ou cibles d'entreprises étrangères. Si les opérations entre distributeurs ont fait grand bruit (Fnac-Darty, Conforama-Showroomprivé, Galeries Lafayette-La Redoute), c'est bien le secteur de l'agroalimentaire qui a été le plus dynamique s'agissant d'opérations de fusions acquisitions. Par ailleurs, avec plus de 30 transactions réalisées sur des pure players du e-commerce, la distribution omnicanale a toujours le vent en poupe.

S'agissant d'opérations de fusions acquisitions, le secteur de l'agroalimentaire a été le plus dynamique
S'agissant d'opérations de fusions acquisitions, le secteur de l'agroalimentaire a été le plus dynamique © ty - Fotolia.com

Alors que les premières synergies relatives au rachat de Darty par la Fnac commencent à voir le jour, que le Groupe Galeries Lafayette a mis la main sur La Redoute, que Conforama (Steinhoff) est entré au capital de Showroomprivé, et que Danone s’est offert l’américain Whitewave, qu’il s’agisse de la distribution ou du secteur des biens de consommation, la France affiche un dynamisme certain sur les opérations de fusions-acquisitions. Les équipes Transactions de PwC et Strategy&, l’activité de conseil en stratégie de PwC, a tiré un bilan du premier semestre 2017, et sur les six premiers mois de l’année, et a relevé près de 150 opérations de ce type, impliquant au moins un acteur français – acheteur ou cible. Elles ont été plus nombreuses qu’au second semestre 2016 mais en retrait par rapport au début de l’année 2016. Pour Anne-Lise Glauser, Associé Strategy& lors de fusions acquisitions sur des problématiques Stratégie et Opérations, « si de nombreux rapprochements sont attendus en cette fin d’année 2017, tout le travail reste à faire pour en assurer le succès : prendre en charge les transitions, réaliser les synergies, préserver l’ADN des marques, mobiliser les équipes et coécrire l’histoire de demain. Les investisseurs devront partager leur expertise et accompagner les équipes de management dans leurs plans de transformation ». Globalement, sur la période du premier semestre, c’est l’Agroalimentaire et les Vins & Spiritueux qui mènent la danse, comptabilisant à eux deux près de 60 opérations sur la période. Le Prêt-à-porter suit avec 26 transactions et la Beauté & Accessoires referme le podium avec 23 transactions.

Des Opérations transfrontalières plus structurantes

La nature des transactions révèle un certain « repli » sur des rapprochements franco-français au nombre de 100, qui contrastent avec l’engouement des groupes français pour des actifs étrangers, notamment dans les pays émergents, que les experts de PwC avaient déjà constaté sur la même période l’an dernier. Même si les opérations transfrontalières sont moins nombreuses, elles figurent parmi les plus significatives et souvent structurantes : les rachats par Danone et L’Oréal des acteurs Nord-Américains WhiteWave et CeraVe dépassent respectivement 11 milliards d’euros et 1 milliard d’euro.

Agroalimentaire, Vins & Spiritueux, en tête des opérations 

Le secteur agroalimentaire connaît l’activité la plus soutenue. Au-delà de schémas classiques de consolidation, le choix des cibles reflète les tendances du marché : manger organique et sain, monter en gamme, ou encore accommoder un mode de vie moderne avec plats préparés et livraison à domicile. « L’agribusiness longtemps focalisé sur la production de masse et les négociations de prix entre producteurs, marques et distributeurs, se transforme pour prendre en compte les nouveaux besoins des consommateurs, et se tourne vers des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment bio, responsables, labels régionaux, healthy snacking, avec prise en compte des nouveaux lieux de distribution et modes de consommation ». Sabine Durand-Hayes, associée Transaction, responsable du secteur Biens de consommation chez PwC .

Vins et spiritueux, un segment en regain d’activité M&A, suit les mêmes tendances (organique, premium..) à ceci près que les grands groupes se tournent également vers des « micro-productions », recherchant des marques authentiques, locales et évocatrices pour les consommateurs.

Dans l’équipement de la personne, le prêt-à-porter est marqué par une série de transactions dans des contextes ou les entreprises, marques et enseignes sont en difficulté. Plusieurs acteurs étrangers ont fait le choix de reprendre ces actifs avec des plans de transformation à la clé (conversion des concepts Mim en Tally Weijl ou montée en gamme de la fabrique de souliers vosgienne par exemple). « La ‘création destructrice’ est à l’oeuvre dans le prêt-à-porter. Alors que Tati et Mim sont en difficulté et sont repris par Gifi et Tally Weijl, nous voyons émerger de futures étoiles, de nouvelles marques telles que Kujten (cachemire), Sessun (mode), Compressport (vêtements techniques) ou Klokers (montres) trouvent des financeurs avisés pour se développer », analyse Anne-Lise Glauser, associée Strategy&.

Beauté et accessoires est le secteur le plus « cross border ». Les acteurs vont loin pour dénicher les actifs les plus prisés sur le segment dynamique des cosmétiques actives. Côté nature, le brésilien Natura met la main sur Bodyshop, Yves Rocher investit à l’étranger dans des marques telles que Sabon en Israël et reprend également certains de ses distributeurs (en Roumanie et à Hong-Kong).

L’équipement de la maison est quant à lui un secteur qui reste actif mais sur des thématiques plus diffuses : grossistes et autres acteurs BtoB visant les professionnels bénéficient d’investissements, à l’instar de LDLC qui met la main sur BIMP (revendeur Apple notamment), mais aussi Findis ou Sideme.

La distribution omnicanale séduit toujours

Chez les spécialistes, c’est le segment du « petcare » qui poursuit sa montée en puissance, de la nutrition aux accessoires dédiés aux animaux de compagnie. Enfin, certains thèmes transverses séduisent toujours, que ce soit dans l’alimentaire, les spiritueux, la beauté ou les produits électroniques : la distribution omnicanale avec plus de 30 transactions réalisées sur des pure players du e-commerce, et les nouveaux business models (formules d’abonnement, ventes de produits d’occasion ou reconditionnés, livraison directe à domicile). Tous les niveaux de maturité des entreprises sont représentés dans ces opérations, de la start-up à la « .com » établie.

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