Agromousquetaires veut produire 7 millions de masques par semaine

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Comme annoncé fin avril, le groupement des Mousquetaires diversifie les activités de son usine des Celluloses de Brocéliande pour répondre à la demande de l’État et participer à la lutte contre le Covid-19.

L’usine des Celluloses de Brocéliande, située à Ploërmel, dans le Morbihan.
L’usine des Celluloses de Brocéliande, située à Ploërmel, dans le Morbihan.© photos : © Les Mousquetaires

La crise du coronavirus Covid-19 a mis en lumière l’absence de production française de masques de protection. Agromousquetaires a décidé de pallier ce manque. La filiale industrielle du groupement des Mousquetaires est en train d’installer cinq lignes de production dans son usine bretonne dédiée aux produits d’hygiène, les Celluloses de Brocéliande : trois pour les masques FFP2 (en forme de bec de canard) et deux réservées aux masques chirurgicaux.

Si la décision d’investir dans cette nouvelle activité a été prise rapidement, Agromousquetaires ne part pas à l’aventure. « Au moment de l’apparition de la grippe aviaire, le groupe nous avait demandé de produire des masques pour les salariés. Nous avions investi dans une machine qui fabriquait des masques FFP2, explique Patrick Viseux, directeur de l’usine des Celluloses de Brocéliande. Elle a surtout fonctionné pendant l’épidémie de H1N1, toujours pour protéger les quelque 120 000 salariés que comptait le groupe à l’époque. Ensuite, nous ne l’avons plus utilisée et nous nous en sommes séparé mais certaines personnes qui conduisaient la ligne sont toujours là. » Le savoir-faire est en effet encore présent dans l’usine. C’est cette activité qui démarrera en premier cet été. « Contrairement à d’autres, nous avons choisi de nous fournir auprès de fabricants français de machines, Cera pour les masques FFP2 et Ose pour les masques chirurgicaux, souligne Patrick Viseux. Tout devrait être pleinement opérationnel à la rentrée. Nous prévoyons de produire 7 millions de masques par semaine à partir de septembre. » Pour cela, l’usine travaillera sept jours sur sept en 3 x 8.

Afin d’assurer cette production en continu, les Celluloses de Brocéliande sont en train de recruter une soixantaine de personnes. « 25 conducteurs de ligne, des chefs d’équipe, du personnel pour la maintenance et le conditionnement… Nous sommes en train d’étudier les quelque 400 CV que nous avons reçus », détaille le directeur.

La chasse au meltblown

L’usine a une commande de 130 millions de masques à livrer à l’État, de quoi assurer la production jusqu’à la fin de l’année. Ensuite, « nous pourrons aussi fournir nos clients habituels, voire proposer des masques dans les rayons des enseignes du groupe », annonce Patrick ­Viseux. La difficulté principale pour la montée en puissance de la production est la pénurie de meltblown, la matière filtrante qui entre dans la constitution des masques. « Il y a de telles tensions au niveau mondial que l’on voit même des acteurs chinois venir sourcer en Europe ! Nous avons de quoi commencer la production et nos services achats travaillent d’arrache-pied pour assurer notre approvisionnement en meltblown », confie le directeur.

La direction générale des entreprises (DGE) a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la réalisation d’unités de production de matériaux filtrants pour masques de protection avec un soutien financier pouvant aller jusqu’à 30 % des coûts d’investissement. De quoi inciter au retour d’une production française, de la matière première au produit fini. 

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Article extrait
du magazine N° 2607

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