Alibaba peut-il dépasser Facebook pour son intronisation en bourse et écraser ses concurrents Amazon et eBay ?

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Le géant du chinois du commerce électronique va entrer en bourse. C’est désormais officiel depuis aujourd’hui et le dépôt d’un dossier préliminaire auprès des autorités du New York Stock Exchange. Selon les estimations, l’entreprise dirigée par le très discret Jack Ma, pourrait lever jusqu’à 20 milliards de dollars, soit 4 de plus que Facebook l’année dernière.

Le siège social d'Alibaba, en Chine.
Le siège social d'Alibaba, en Chine.

Les plus optimistes le voient déjà battre le record historique des levées de fond via capitalisation boursière, détenue par la banque chinoise Agbank en 2010 avec 22 milliards. Les plus pragmatiques estiment à une quinzaine de milliards de dollars, soit quasiment les 16 milliards levés par Facebook lors de son intronisation en bourse en 2013. Dans les deux cas de figure, les investisseurs semblent fascinés par la croissance très rapide du commerçant électronique qui s’appuie notamment sur l’accroissement de la classe moyenne chinoise. Dans son pays, il compte 231 millions de clients actifs et revendique 150 milliards de dollars de transactions par an, soit plus qu’Amazon et eBay réunis.

Un modèle hybride

Son modèle repose sur la mise en relation de vendeurs et d’acheteurs, comme ses deux concurrents américains avec sa place de marché, à travers un site principal Alibaba.com et d’autres comme Taobao et Tmall, un site hybride dédié au secteur du luxe. Mais sa domination sur le continent le plus peuplé du monde le distingue de ces deux concurrents qui restent discrets sur le sujet. Chez Amazon, les sommes annoncées pour la levée de fond semblent peu crédibles, comme nous l’explique un dirigeant du géant américain rencontré lors d’un événement rassemblant ses marchands tiers à Paris le mois dernier: "Les sommes évoquées sont hallucinantes. Elles ne reflètent pas la réalité économique, ce qui pourrait entrainer une bulle dommageable à l’ensemble du secteur du e-commerce." C’est effectivement la crainte des observateurs les plus avertis puisqu’Alibaba n’a enregistré que 5,6 milliards de dollars de chiffres d’affaires lors de son dernier exercice, principalement constitués des revenus publicitaires et des commissions auprès des marchands, mais avec un profit très important de 1,4 milliard.

Accélérer le développement

Quoi qu’il en soit, l’intronisation à la bourse de New York va permettre à l’entreprise fondée par Jack Ma en 1999 d’accélérer ses divers développements, comme la vente via mobile (20% de ses ventes en 2013 contre 7,4% l’année précédente), et son internationalisation. Alibaba a d’ailleurs déjà mis un pied aux Etats-Unis, sur le terrain de ses principaux concurrents, en investissant notamment dans l’e-boutique 11 Main et le service de livraison ShopRunner. Il pourrait également déployer à plus grande échelle son système de paiement Alipay, similaire à PayPal, qui a enregistré 519 milliards de dollars de transactions lors des neuf derniers mois de 2013, selon le Washington Post.

Parmi les actionnaires cités dans le document de plusieurs centaines de pages remis aux autorités boursières, Alibaba nomme Softbank, détenteur de 34,4% du capital, Yahoo (22,6%), Jack Ma (8,9%) et le co-fondateur Joe Tsai (3,6%)

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