Alimentaire : jusqu’où ira Amazon ?

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L’e-commerçant américain Amazon est en train de multiplier son offre alimentaire et ses implantations sur le Vieux Continent. Il propose depuis peu 34 000 références en France et s’essaie à la livraison de produits frais en Angleterre. Jusqu’où ira-t-il ?

Il devient de plus en plus facile de commander de l’alimentation sur Amazon, comme ici en Angleterre.
Il devient de plus en plus facile de commander de l’alimentation sur Amazon, comme ici en Angleterre.© ©Créditphoto

L’ouverture par Amazon France de deux boutiques en ligne consacrées à l’épicerie et aux boissons fin septembre 2015 a secoué le secteur de la distribution alimentaire. Et cette arrivée est un arbre qui cache une forêt de projets. Car le site est en train de multiplier les tests en Europe, pour élargir son catalogue à toutes les gammes.

C’est ainsi que, très discrètement, Amazon commercialise depuis peu quelques dizaines de surgelés et produits frais (pizzas Chicago Town, bâtonnets de poisson Birds Eye et glaces Ben & Jerry’s) à Birmingham, la deuxième ville d’Angleterre. Ce service est accessible aux utilisateurs d’Amazon Prime Now, une application mobile qui permet de se faire livrer en une heure ses courses effectuées parmi 20.000 produits, et vient d’étendre son périmètre autour de Londres ces derniers jours. Jusqu’ici centré sur les livres, la mode, le high-tech, autrement dit le non-alimentaire, le site d’e-commerce n’a de cesse d’étendre son offre. L’épicerie en ligne disponible sur amazon.fr, n’est pas la première, puisque des boutiques similaires existent déjà dans d’autres pays (lire encadré). Et ce ne sera pas la dernière : en étudiant les conditions de vente de la marketplace d’amazon.fr, on y découvre que « la boutique aliments et boissons existe déjà où va bientôt être lancée sur les autres sites européens d’Amazon ».

Des distributeurs vigilants

Cette poussée viendrait-elle concurrencer les hypermarchés et supermarchés ? Les avis sont mitigés de la part des grandes enseignes françaises qui, après une frayeur initiale, se sont vite reprises, compte tenu d’une offre d’Amazon encore trop déconnectée des attentes du consommateur (beaucoup de produits vendus en marketplace, à des tarifs élevés et des conditions de livraison loin d’être optimales, absence de nombreux blockbusters…).

Comparant le groupe Carrefour – dont il est secrétaire général et directeur général délégué – à une « vieille compagne » face à la menace du fringant e-commerçant, Jérôme Bédier a déclaré, lors du Congrès des négociations commerciales de LSA, qu’une « Amazon qui passe peut vous émoustiller, mais la vieille compagne peut encore avoir des choses à dire ! » Régis Schultz, patron de Darty, juge, pour sa part, que le combat est loin d’être perdu d’avance : « C’est sur le service client qu’il faut lutter contre Amazon et pas seulement sur le pricing, et batailler sur le web. »

Cela n’empêche pas le commerce traditionnel de lancer un regard inquiet sur ce nouvel arrivant qui n’a qu’une envie : grossir encore et toujours. Déployé uniquement dans une poignée de villes américaines, le service Amazon Fresh, qui livre une large gamme des produits frais et même des plats issus des restaurants locaux, fait régulièrement l’objet de rumeurs de lancement en Europe, une fois en Angleterre, une fois en Allemagne. Cette implantation semble imminente, la moindre ouverture d’un nouveau centre de distribution alimentant le débat.

Les États-unis toujours pionniers

Date et pays de commercialisation des produits alimentaires par Amazon

Source : Amazon

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Article extrait
du magazine N° 2384

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