Alliance Carrefour-Cora : les 3 points qu’il faut retenir

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Carrefour et Cora ont annoncé le 22 décembre 2014 la signature d’une alliance à l’achat. Avec 58 hypermarchés et 3,3 % de part de marché, le poids léger de la distribution alimentaire reste un allié de choix pour Carrefour. Voici les trois points clés du rapprochement.

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POint N°1 : Un renfort de poids pour Carrefour
Cora est enfin sorti de son splendide isolement, contraint et forcé par les récents bouleversements du marché. Avec 58 hypers et 145 supers, pour un chiffre d’affaires global de 5,7 milliards d’euros, Cora reste un allié de choix avec 3,3 % de part de marché. "Ce sont de bons distributeurs et leurs magasins sont bien tenus, analyse la banque Kepler Chevreux. Mais étant donné leur relative petite taille, ils ont souffert pour suivre le rythme des baisses de prix sur le marché français (ils ont baissé leurs prix de 2 % au milieu de l’année) et leurs ventes à comparable déclinent légèrement, chaque année depuis huit ans."

POint N°2 : Il ne faut plus s’attendre à de nouvelles alliances en 2015
A huit jours du Nouvel An, le jeu des alliances est terminé pour 2014... Par manque de temps et surtout (encore) par manque d’acteurs ! Depuis septembre, la distribution française est passée de sept à quatre centrales d’achat. En juin, Carrefour a racheté Dia, en septembre, Système U et Auchan ont annoncé leur alliance, suivis de près en octobre par Intermarché et Casino, tandis que Carrefour vient fermer le ban sur son accord avec Cora. Quatre blocs de tailles équivalentes, selon Kantar Wolrdpanel : 19,9 % de part de marché pour Leclerc, 21,6 % pour "Système A", 25,2 % pour Carrefour-Cora et 25,9 % pour Intermarché-Casino. On voit mal comment l’autorité de la concurrence, déjà très attentive, pourrait laisser passer un nouveau rapprochement dans ces conditions. Sauf à voir un bloc se désagréger au profit d’un autre…

POint N°3 : La guerre des prix est devenue une guerre de position
Chez Système U, on espère ouvertement que ce nouveau jeu d’alliances va neutraliser l‘argument prix. Dans les faits, il faut plutôt s’attendre à ce qu’il devienne un incontournable, un pré-requis indispensable dans le choix des clients au moment de faire leurs courses. Mais en dehors des échappées en solitaire sur des opérations promos, il va devenir difficile de se démarquer avec ce seul argument. Une épine dans le pied de Leclerc ? Pas forcément. Il faut logiquement s’attendre à ce que la différence se fasse désormais sur l’expérience d’achat : propreté et esthétique du magasin, pertinence de l’assortiment, gestion des ruptures, diversité des services en point de vente, fraîcheur et qualité des produits, etc. C’est désormais de ces éléments que dépendront la fréquentation des magasins, le montant du panier... Ils l’ont tous bien compris puisque les accords des uns et des autres n’incluent pas la politique commerciale.

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