Allocations familiales : l'avis des pros de la puériculture et du jouet

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Alors que la modulation des allocations familiales est en cours d'examen à l'Assemblée nationale, Michel Moggio, directeur général de la Fédération française des industries jouet et puériculture (FJP) commente pour LSA l'impact que risque d'avoir cette mesure... Un nouveau coup de canif, selon lui, au soutien de la politique familiale.

Michel Moggio est directeur général de la Fédération françaises des industries Jouet Puériculture (FJP)
Michel Moggio est directeur général de la Fédération françaises des industries Jouet Puériculture (FJP)© Perso/LinkedIn

LSA – Les députés examinent cette semaine la modulation des allocations familiales selon le revenu. Quel impact risque d’avoir cette mesure sur les acteurs de la puériculture et du jouet ?

Michel Moggio – Ce n’est pas tant cette mesure en particulier qui nous inquiète, mais l’accumulation récente de dispositions influençant le dynamisme de la natalité française qui est et reste l’un des meilleurs atouts de notre pays. Or, ce dynamisme démographique dépend de la politique familiale mise en œuvre par les pouvoirs publics. Un recul de la natalité, véritable moteur pour nos industries, n’est pas souhaitable.

LSA – La natalité pour 2014 s’annonce déjà en recul d’environ 1% avec un peu plus de 800 000 naissances prévues...


Michel Moggio – Pour le moment, nous ne savons pas si cette baisse d’environ 10 000 naissances cette année est conjoncturelle ou structurelle. La pression économique déjà exercée sur les familles met également la pression sur notre filière, notamment la puériculture de plus en plus confrontée au développement des achats de produits d’occasion. Pour nos industriels, dont les contraintes – en termes de normes de sécurité notamment – se renforcent, la situation devient délicate. Nous craignons donc l’accumulation de toutes nouvelles mesures pouvant aller à l’encontre de la confiance des familles. La France a toujours soutenu sa politique familiale mais les récentes décisions sont autant de coups de canifs à son dynamisme démographique.

LSA – Le gouvernement estime pourtant que cette mesure pourrait permettre de réaliser, en 2016, 800 millions d’euros d’économie...


Michel Moggio – Huit cent millions d’euros : c’est exactement le montant de TVA que dégagent les activités du jouet et de la puériculture ! Au-delà du seul enjeu d’économie, il y a également des enjeux industriels et de distribution. Nos activités représentent quelque 20 000 emplois, directs et indirects. Mais outre ces chiffres, nous souhaitons que les politiques prennent davantage en compte la confiance des ménages. A nos yeux, il est important de ne pas la casser. Donnons-nous les moyens de soutenir une démographie dynamique.

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