Amazon, bientôt distributeur N°1 sur le non-alimentaire en France ?

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L’e-commerçant vend désormais plus de produits non-alimentaires en Allemagne et au Royaume-Uni que tout autre distributeur, selon un rapport du département recherche de Morgan Stanley. Et la France pourrait bien connaitre le même sort.

Le volume d’affaires d’Amazon sur le non-alimentaire atteindra 22,4 milliards d’euros en Allemagne et 12,2 milliards de livres sterling au UK
Le volume d’affaires d’Amazon sur le non-alimentaire atteindra 22,4 milliards d’euros en Allemagne et 12,2 milliards de livres sterling au UK

Pour les distributeurs qui en doutaient encore, plus qu’un simple concurrent en ligne, Amazon en Allemagne et au Royaume-Uni tient désormais la place de numéro 1 des ventes. Du moins sur le non-alimentaire. Selon un rapport publié par Morgan Stanley Research, l’e-marchand vend plus de produits non-alimentaires dans ces deux pays que tout autre distributeur. En prenant en compte les ventes réalisées via sa place de marché, Morgan Stanley estime que le volume d’affaires d’Amazon sur ces catégories de produits atteindra 22,4 milliards d’euros en Allemagne et 12,2 milliards de livres sterling au UK (13,5 milliards d’euros), fin 2016.

Cela implique que désormais, Amazon capte respectivement 8% et 7% de l’ensemble des ventes au détail de produits non-alimentaires. Il faut dire que l’e-commerçant domine ses concurrents sur le fameux triptyque 'praticité, prix et la largeur d'offre'. En effet, sur ce dernier point, Amazon revendique une offre de 200 millions de références produits en Europe (place de marché incluse), tandis qu’à titre de comparaison, un hypermarché moyen commercialise environ 60 000 références produits. Aussi, l’e-commerçant possède plus de 15 000 points de retrait - les fameux Amazon Lockers - dans ces pays, alors que par exemple le géant anglais de la distribution Tesco n’en possède que 2 600 pour le non-alimentaire et environ 350 pour les produits alimentaires. Et parallèlement, Amazon est parvenu à accroitre encore plus sa capacité à livrer rapidement ses clients, grâce à une surface totale d’entrepôts qui a progressé de 30% par rapport à l’année dernière.

La vidéo dope les ventes et la croissance d’Amazon

Aussi, Amazon n’a eu de cesse de développer ses services complémentaires notamment dans la vidéo et la musique, à destination des membres de son programme Premium (‘Prime’ dans le reste du monde). L’un de ces services en particulier, est clé pour Amazon, et il s’agit de la vidéo. Alors que la rapidité et la gratuité des livraisons restent les raisons premières des souscriptions au programme Premium, au Royaume-Uni, les vidéos en streaming (séries, films…) ainsi que celles produits par Amazon, réunis sous le nom de ‘Prime Instant Vidéo’ sont la première motivation de souscription à l’abonnement Prime.

Et Amazon a bien pris la mesure de cette réalité, dopant considérablement ses investissements en ce sens. Pour preuve, en 2013, les dépenses annuelles de l’entreprise consacrées au développement du service étaient de l’ordre d’1,2 milliard de dollars, puis de 2,7 milliards en 2015 et devraient atteindre 5,5 milliards en 2018. Or, depuis le printemps dernier, les rumeurs concernant un déploiement prochain d’offres de vidéos en streaming de la part d’Amazon pour la France, mais aussi pour l’Italie, et l’Espagne, se multiplient. Or, selon les recherches de Morgan Stanley, un abonné Prime aux Etats-Unis dépense chaque année, 4,5 fois plus sur la plateforme Amazon qu’un non-abonné, soit environ 2 500 dollars versus 550 dollars. En Allemagne et au UK, l’année suivant lancement du service ‘Instant Video’ – en 2014-, les ventes d’Amazon ont progressé respectivement de +18% (vs +13% en 2014), et +17% au UK (vs +9% en 2014). Dès lors, mis bout à bout avec l'ensemble des avantages servitiels que procure déjà le programme Premium aux membres français, il serait tout à fait logique que le déploiement en France du service de vidéos, contribue considérablement à booster encore plus le taux de croissance de l’entreprise dans l’Hexagone, et par la même, ses parts de marché dans la vente de produits non-alimentaires. Pour autant, selon les estimations LSA dans le cadre du Top 100 annuel des enseignes, Amazon génèrerait un peu plus de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires - et non pas de volume d'affaires - , Leroy Merlin a lui seul a réalisé un chiffre d'affaires de 6 milliards d'euros en 2015. Autrement dit, le chemin vers la première place pour Amazon, sera encore long.

 

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