Amazon bientôt premier libraire de France selon Xerfi

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Vainqueur sur un champ de ruines… Enfin, de ruines, le mot est fort, certes - sans doute trop -, mais il n’empêche. Selon le cabinet Xerfi, qui vient de publier une étude sur la distribution de livre à l’horizon 2017, Amazon devrait bien devenir le premier libraire de France, « d’ici quelques années ».

Les ventes de livres en souffrance.
Les ventes de livres en souffrance.

Mais, dans le même temps, les ventes de livres, elles, toujours selon Xerfi, devraient largement s’éroder, sur un rythme « de plus de 1% par an en moyenne entre 2013 et 2017 pour atteindre 3,8 milliards d’euros, contre 4 milliards aujourd’hui. »

Voilà pour les prévisions, guère engageantes. Lesquelles s’appuient sur des réalités, bien tangibles, elles. Les ventes de livres, après avoir une première fois décroché en 2012 (-1,7%), ont encore glissé en 2013 : -2%.

Une baisse des ventes de 8% entre 2011 et 2017

Et, selon Xerfi, cela ne va pas s’arranger… A les croire, entre 2011 et 2017, les ventes auront reculé de 8%. Inquiétant quand on sait que, jusqu’à présent, le livre constituait le socle, encore solide, sur lequel s’appuyaient tous les distributeurs de biens culturels pour traverser la crise. Une sorte de valeur sûre.

Ce n’est plus le cas. Cela le sera de moins en moins. Chapitre, déjà, après Virgin, en est mort. D’autres sont menacés. Les cartes, clairement, sont en voie d’être rebattues. Dans ce contexte, « les librairies indépendantes sont et seront incontestablement les grands perdants de la reconfiguration en cours », indique Xerfi, qui anticipe « une érosion de 3,5 points de leur part de marché à l’horizon 2017 ».

20% de croissance annuelle pour le livre numérique

Avec, donc, comme grand vainqueur… Amazon, porté par le développement des ventes de livres en ligne, et celui des ventes de livres numériques. « Les ventes au détail d’e-books ont atteint 190 millions d’euros pour représenter 4,5% du marché global du livre en 2013 », précise ainsi Xerfi, qui pronostique « une hausse des ventes de près de 20% par an en moyenne de 2013 à 2017 ».

Que peuvent faire les distributeurs historiques alors ? Prendre position, déjà, sur ce marché, porteur, du livre numérique. Carrefour l’a fait, l’année dernière, avec Nolim. La Fnac également, depuis plus longtemps encore, avec Kobo. Et puis, aussi, ne surtout pas oublier leur savoir-faire de libraires : le conseil. Pas plus qu’ils ne doivent négliger le plaisir de la découverte, livres en mains. Les Espace culturel Leclerc déploient ainsi un nouveau concept, d’abord initié à Tarbes. Gibert Joseph cherche à étendre son réseau : il vient de reprendre le site d’un ancien Virgin, à Barbès.

Concentration en marche

En somme, comme toujours, c’est dans ces périodes de crise que l’on doit faire preuve d’agilité pour, le moment de la reprise venu, s’en sortir le mieux. La concentration est de toute manière en cours. Et on ne voit pas grand-chose pour en arrêter le mouvement. Cela ne veut pas dire que les librairies indépendantes sont toutes vouées à disparaître. Cela veut juste dire que seules les meilleures s’en sortiront.

 

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