Amazon.fr, une « vraie-fausse » start-up

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L'état-major de la filiale française du cyberlibraire américain est exclusivement composé de Français. Mais sa véritable originalité est ailleurs : en dix mois, elle est parvenue à recruter des équipes où les jeunes autodidactes passionnés d'internet côtoient des professionnels expérimentés.

Le 31 août à 1 heure 27 minutes et 17 secondes très exactement, naissait Amazon.fr. L'équipe qui a porté le site français du géant américain de la vente en ligne de produits culturels sur les fonts baptismaux comptait « plus de 100 personnes » (le chiffre exact est un secret jalousement gardé). Dix mois plus tôt, à la création de l'entreprise, l'effectif se résumait à deux personnes. En l'occurrence, Denis Terrien, son président issu de la société de conseil McKinsey, et Marie Collet, directrice des ressources humaines, qui a quitté son propre cabinet de recrutement, spécialisé dans les nouvelles technologies, pour se lancer dans l'aventure. « La difficulté, commente-t-elle, a consisté à recruter très vite alors même que la politique de confidentialité d'Amazon.com nous interdisait d'utiliser les moyens classiques : candidatures spontanées et petites annonces. » Carnets d'adresses personnels et chasseurs de tête ont cependant bien « donné », si l'on en juge par le profil de l'équipe de direction (voir organigramme) : Cécile Moulard vient de chez Vivendi, Georges Aoun de la cyberlibrairie Bol, Frédéric Donnette a piloté l'internet et le Minitel de Victoire Multimédia, Jean-Marc Folliet s'est occupé de musique à la Fnac puis de VPC et d'internet au Club Dial, Vincent Marty s'est chargé de la promotion du livre français à l'étranger après avoir été éditeur, etc. Quant aux « troupes », leur recrutement a été organisé de manière à maintenir « un équilibre entre compétence et compatibilité au sein de chaque équipe », déclare Marie Collet. En clair, les jeunes autodidactes passionnés d'internet sans expérience professionnelle côtoient des professionnels plus expérimentés et quelques seniors. Le site confesse ainsi une moyenne d'âge relativement élevée pour une entreprise de la nouvelle économie : 30 ans, « avec un écart type important ». On remarquera aussi l'absence d'Américains dans l'état-major d'Amazon.fr Mais il s'agit là d'un faux débat aux yeux de ses responsables. « L'essentiel n'est pas de savoir si notre maison mère est impérialiste ou non, mais qu'elle nous fasse confiance et que les synergies fonctionnent de manière à satisfaire un client qui, lui, est francophone. » Sur le plan hiérarchique, Amazon.fr est placée, comme toutes les filiales off-shore du site américain, sous l'autorité directe de Diego Piacentini, vice-président international d'Amazon.com. Également présent au Royaume-Uni et en Allemagne, le site ne dispose pas encore de siège européen. Seul le service clients, basé en Hollande, est commun aux pays du Vieux Continent. Mais chaque filiale nationale abrite un ou plusieurs « centres d'expertise » dans des domaines spécifiques, chacun doté d'un chef de projet et d'équipes transnationales. De quoi jeter les bases de l'organisation pluriculturelle dont Amazon aura besoin s'il veut satisfaire son ambition de devenir un distributeur « global ».

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Article extrait
du magazine N° 1688

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