Amazon Prime Now : la riposte s'organise

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Sur le point de bouleverser le marché de la livraison à domicile, Amazon avec son service Prime Now est désormais pris entre plusieurs feux avec d'une part la Mairie de Paris soutenue par les commerçants de proximité, et d'autre part la concurrence, qui commence à s'organiser pour ne pas louper le coche.

Avec Amazon Prime Now, les Parisiens peuvent bénéficier de la livraison en une heure pour 5,90 €
Avec Amazon Prime Now, les Parisiens peuvent bénéficier de la livraison en une heure pour 5,90 €© Capture d'écran YouTube

Après un lancement qui a fait grand bruit aussi bien dans l’univers de la distribution au sens large que dans les médias, Amazon Prime Now, service de livraison en une heure à Paris et en petite couronne, doit désormais faire face à des attaques de tous bords. La première à avoir dégainé, la Mairie de Paris perçoit d’un très mauvais œil l’arrivée du géant du e-commerce sur le créneau de la livraison express de produits alimentaires et non alimentaires. Reprochant notamment à Amazon de n’avoir jugé bon de solliciter la Ville de Paris que quelques jours avant le lancement du service, la Mairie a également fait savoir que ‘Prime Now’ était « susceptible de déstabiliser gravement les équilibres commerciaux parisien ». En clair, la ville craint qu’avec le développement de Prime Now, les Parisiens désertent les petits commerces de proximité. Aussi, « elle portera auprès du législateur la nécessité de définir par la loi, des garde-fous en mesure d’éviter que de tels services ne viennent à constituer une concurrence déloyale à l’égard des commerçants et des artisans ». Contacté par LSA, Amazon n’a pas souhaité faire de commentaires sur le sujet.

Des pratiques à l'encontre de la création de lien social

Dans la foulée, la Confédération des Commerçants de France - organisation représentative des TPE des secteurs alimentaires et non alimentaires -, qualifiant de « déloyale » la concurrence d’Amazon sur ce terrain, a appelé l’Etat, le Ministère du Commerce et de l’Artisanat de Madame Pinville, « à réagir immédiatement en vue d’encadrer de telles pratiques susceptibles d’entraver les politiques écologiques telles que le dernier kilomètre et la logistique urbaine ». En outre, la Confédération estime que Prime Now vient à l’encontre de la politique de lien social, des efforts de diversité, de conseils et de savoir-faire des commerces parisiens de proximité, et considère que le service détruit les efforts d’engagements de revitalisation et de réorganisation des centres-villes. Est également montrée du doigt, le soutien plutôt consensuel d’une partie de la classe politique à « des grandes entreprises  qui ne s’acquittent pas de l’intégralité de leurs impôts en France ». Souvent critiquée pour sa politique d’optimisation fiscale – à l’instar d’autres géants du Web comme Google, Apple ou Facebook-, Amazon avait annoncé à la fin du mois de mai 2015 avoir commencé à déclarer ses revenus au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Italie, et qu’il s’apprêtait alors à le faire en France.

Vers une digitalisation accrue des commerces de proximité ?

Quoi qu’il en soit, les commerçants parisiens n’ont pas attendu l’arrivée de Prime Now pour évoluer dans le sens d’une digitalisation, encore naissante certes mai bien réelle, de leur activité. Plus de 200 d’entre eux sont réunis au travers d'un réseau, qui s'appuie sur les services et l'application mobile myWITS, permettant de proposer un catalogue de plus de 5 000 produits, Amazon en proposant pour sa part 4 000 sur la partie alimentaire. L’application myWITS géolocalise l’utilisateur et met en avant les petits commerces aux alentours, avec leurs produits. Une fois la commande effectuée, le consommateur a la possibilité de retirer ses courses en magasin, ou encore d’être livré à domicile en 1h30 pour 6,60 euros, apportant ainsi une réponse au service Prime Now d’Amazon qui livre en une heure pour 5,90 euros.

L'enjeu du dernier kilomètre

C’est en effet l’atout clé du service Prime Now, et le dernier kilomètre, un enjeu majeur sur le marché du e-commerce. La startup Stuart l’a bien compris, en proposant une plateforme Web qui connecte les commerçants ou les e-commerçants avec des livreurs professionnels indépendants. Pour son directeur général, Pingki Houang, ex-Showroomprivé, voit en l’arrivée d’Amazon Prime Now  « une très belle opportunité de dynamiser le marché de la logistique urbaine et d’accélérer la transformation des magasins physiques en points de retrait de commandes passées en ligne ». Et un éventuel coup d’accélérateur pour l’activité de la startup. Autre startup qui pourrait bien bénéficier de la démocratisation des achats de proximité sur Internet, Deliver.ee, qui propose des services de livraison rapide aux commerçants. Avec en prime un objectif clair, "On veut se battre contre Amazon et aider les retailers à gagner la bataille", a déclaré non sans un sens certain de la punchline publicitaire, le fondateur de Deliver.ee et ex-Publicis, Michaël Lévy. Ce dernier assure être en mesure de livrer en moins d'une heure et sur rendez-vous, le jour-même, le soir et le dimanche, et collabore avec des enseignes telles que Franprix ou la Fnac. Et ce ne sont pas là les seuls services à être positionnés sur ce créneau, d’autres ont également flairé le filon, comme ColisWeb, Cubyn ou Tok Tok Tok, et entendent bien accélérer le développement de la livraison rapide à Paris. Amazon a donc fort à faire d’autant qu’il pourrait bien avoir un adversaire de poids dans les prochains mois. Selon nos confrères de Linéaires, trois 'Carrefour Market' parisiens testeront en effet durant le mois d'août prochain un service de livraison à domicile en une heure, nom de code Carrefour Now. Et avec une quarantaine de point de vente Carrefour Market, l’enseigne pourrait bien être un caillou très gênant dans la chaussure du géant de l’e-commerce. Il n'y plus aucun doute à avoir, la riposte est bel et bien lancée.

Réagir

Pseudo obligatoire

Email obligatoire

Email incorrect

Commentaire obligatoire

Captcha obligatoire

2 commentaires

Paul

24/06/2016 00h14 - Paul

Comment ne pas citer la startup parisienne La belle vie, lancée il y a un an sur le créneau des courses en moins d'une heure, qui a déjà près de 50 salariés, et pèse déjà plusieurs millions d'euros ...

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Email obligatoire

Email incorrect

BHB

30/06/2016 12h05 - BHB

Rien de tel que d'aller chercher soi-même ses marchandises chez les commercants de proximité. Cela permet de créer des liens et cela permet de visualiser concrètement ce que l'on achète. J'ai une fois commandé par internet un produit alimentaire. Il me restait 3 jours pour le consommer du fait de la date de péremption.

Signaler un abus

Email obligatoire

Email incorrect

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA