Amazon, Wal-Mart : les stars du commerce on line

· Amazon. Com, la nouvelle star d'Internet, doit bientôt être cotée en Bourse. · Cette « start up » vend plus de un million de livres dans 95 pays sans avoir de magasin. · Un symbole de la vitalité de cette activité sur laquelle surfe aussi Wal-Mart.

La même semaine, Amazon. Com, la coqueluche des internautes, annonçait son introduction en Bourse et Wal-Mart révélait ses nouveaux plans sur le Net. Une double consécration pour le commerce sur Internet aux Etats-Unis, qui représente, selon l'organisme spécialisé Forrester Research, un marché de 518 millions de dollars (près de 3 milliards de francs).

Après deux ans de tâtonnements, le commerce on line commence à prendre ses marques. Amazon, qui se présente comme « la plus grande librairie au monde », fait incontestablement partie des réussites. Cette start up de Seattle, créée en juillet 1995 par un ex-banquier, « vaudrait » aujourd'hui 300 millions de dollars. Elle emploie 100 salariés et expédie des livres dans 95 pays.

Son fondateur, Jeffrey Bezos, âgé de 33 ans, est parti d'une idée simple : le livre, avec ses millions de titres et d'auteurs, allait être l'un des produits les plus adaptés à la vente sur le Web (avec le disque). Une intuition largement confirmée depuis.

Un succès foudroyant

Amazon, dont les vertus ont été vantées par la plupart des grands médias américains, a connu un succès foudroyant puisque le nombre de visites quotidiennes est passé de 2 200 à 50 000. A tel point que la concurrence pointe son nez : l'enseigne de livres Barnes and Noble va vendre via AOL. Le site http : //www. Amazon. com, dont la page d'accueil est sobre pour ne pas dire austère, offre plus de 1,1 million de livres. A titre de comparaison, Le Furet du Nord met 250000 références à disposition sur Internet. Amazon vend les best-sellers avec des rabais de 40%. La recherche - par auteur, titre ou sujet - est simple et rapide. En tapant simplement Moby Dick, l'ouvrage d'Herman Melville est proposé pour 35,95 dollars.

Une recherche sur Autant en emporte le vent donne 67 éditions disponibles, livres et cassettes confondus. Le serveur permet aussi de lire des interviews d'auteurs célèbres, de jouer (« Que feriez-vous si vous étiez aussi riche que Bill Gates ? »), de gagner des ouvrages et de consulter une sélection de livres (chapitres « romans noirs » ou « grands classiques »).

La liste des best-sellers du site donne une idée de la clientèle : en numéro un, Creating Killer Web Sites, de David Spiegel, ou l'art de concevoir des sites de troisième génération Comme quoi les « internautes », des hommes jeunes et experts en informatique, s'intéressent d'abord et avant tout à Internet.

Amazon propose un mode de paiement électronique sécurisé. Il suffit de rentrer son numéro de carte de crédit (Visa, Mastercard, American Express) sur le Net ou de passer par un numéro de téléphone gratuit. Il y a seulement deux ans, 50% des clients d'Amazon, craignant de dévoiler sur le Web leur code secret, recouraient à ce numéro de téléphone. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 15%. Enfin, la société donne à choisir entre l'acheminement « standard », à 3,95 dollars pour un ouvrage, ou « express », à 7 dollars. Pour 2 dollars de plus, le surfer peut s'offrir un emballage cadeau. Le lendemain, un message électronique e-mail le prévient que sa commande a été enregistrée. Le surlendemain, un autre message l'avertit que son colis est parti et qu'il devrait arriver dans les huit jours.

Amazon fait donc figure de star à Wall Street. La société prévoit de mettre sur le marché 2,5 millions d'actions au prix de 13 dollars. Le commerce électronique a la cote en dépit de son absence de rentabilité. Ainsi, l'entreprise, qui a dû investir dans des technologies sophistiquées, est toujours dans le rouge ! L'an dernier, elle a perdu 5,8 millions de dollars sur un chiffre d'affaires estimé à 15,7 millions de dollars. Et son président prévoit encore des pertes d'exploitation substantielles dans les prochaines années.

Wal-Mart s'engage à fond

Il y aurait aujourd'hui près de 100 000 distributeurs exploitant un site sur Internet aux Etats-Unis. J. C. Penney, Kmart, The Sharper Image, Toys ' R ' Us, The Home Depot, Radio Shack, Burlington Coat Factory, 1-800 Flowers, Sears Roebuck and Co la liste des compagnies présentes sur le Web est longue. La plupart ne font que présenter leurs activités. Rares sont celles, telles Amazon, The Sharper Image, 1-800 Flowers ou Wal-Mart, qui ont adopté une démarche marketing plus complète en intégrant le paiement, crypté, par carte électronique.

Côté grandes enseignes, Wal-Mart s'engage à fond. Le numéro un du discount vient d'annoncer qu'il proposerait 80 000 références à la fin de l'année. Contre 2 500 à ses débuts en juillet 1996 et 10 000 aujourd'hui (ordinateurs, logiciels, accessoires automobiles, vêtements, bijoux, livres). A l'heure actuelle, les produits commandés à Wal-Mart sur le Net sont livrés pour moitié depuis son entrepôt spécialisé de Searcy (Arkansas), le reste étant expédié directement depuis les usines des fournisseurs. Le site lui-même n'échappe pas à certaines critiques adressées généralement au shopping électronique (lenteur, complexité des manipulations ).

Si les distributeurs on line ont en effet réussi à sécuriser le paiement par carte, ils ont des progrès à faire - même Amazon - pour promouvoir leurs sites et les rendre plus attractifs. Le lèche-vitrines électronique n'est pas encore très excitant.
Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1534

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous